Le tribunal fédéral de Los Angeles a rendu son verdict ce mercredi : Jasveen Sangha, 36 ans, surnommée la « reine de la kétamine », a été condamnée à quinze années de réclusion criminelle pour avoir fourni la dose mortelle de drogue ayant causé la mort de l’acteur Matthew Perry, survenue le 28 octobre 2023. Selon le Figaro, cette décision marque l’aboutissement d’une enquête judiciaire qui a révélé les circonstances troubles de la disparition prématurée de la star de la série Friends, alors âgée de 54 ans.

L’enquête menée par les autorités américaines a établi que Sangha avait directement participé à l’administration de kétamine à Matthew Perry, un anesthésique dissociatif détourné de son usage médical pour ses effets hallucinogènes. Les investigations ont mis en lumière un réseau de distribution illicite au sein duquel l’accusée occupait une place centrale, d’où son surnom médiatique. Le procès a révélé des échanges troublants entre les deux parties, confirmant que Perry avait reçu une injection mortelle dans le cadre d’un traitement non encadré.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tribunal fédéral de Los Angeles a condamné Jasveen Sangha, surnommée la « reine de la kétamine », à 15 ans de prison pour avoir fourni la dose de kétamine ayant causé la mort de Matthew Perry.
  • L’acteur star de la sitcom Friends est décédé le 28 octobre 2023 à l’âge de 54 ans.
  • L’enquête a démontré que Sangha avait directement administré ou fourni la substance à Perry dans un cadre non médical.
  • Ce procès s’inscrit dans le cadre d’une affaire plus large de trafic de kétamine aux États-Unis.
  • Une autre procédure judiciaire concernant un médecin ayant injecté de la kétamine à la star est également en cours.

Un réseau de trafic démantelé par la justice américaine

Les investigations menées par le bureau du procureur fédéral de Los Angeles ont révélé que Jasveen Sangha jouait un rôle clé au sein d’un réseau de distribution illicite de kétamine. Les procureurs ont présenté des preuves accablantes, dont des messages échangés entre l’accusée et d’autres membres du réseau, ainsi que des enregistrements vidéo montrant des transactions suspectes. Selon les éléments du dossier, Perry aurait été approché par l’intermédiaire d’un proche, avant de recevoir une injection administrée par un tiers sous la supervision de Sangha.

Le procureur chargé de l’affaire a souligné lors de l’audience que la condamnation de Sangha constituait un message fort contre le trafic de substances illicites aux États-Unis. « La kétamine, lorsqu’elle est détournée de son usage médical, peut avoir des conséquences dramatiques », a-t-il rappelé. Les autorités américaines ont saisi lors de cette enquête plus de 500 doses de kétamine non réglementées, illustrant l’ampleur du trafic dans la région de Los Angeles.

Le parcours de Matthew Perry et les zones d’ombre persistantes

Matthew Perry, icône des années 1990 grâce à son rôle de Chandler Bing dans Friends, l’une des sitcoms les plus populaires de l’histoire de la télévision, souffrait de douleurs chroniques liées à une ancienne blessure sportive. Ces souffrances l’avaient conduit à se tourner vers des traitements alternatifs, dont certains en marge des protocoles médicaux classiques. Son décès, initialement attribué à des causes non précisées par l’autopsie, avait suscité de nombreuses interrogations dans les médias internationaux.

L’enquête a révélé que l’acteur suivait un traitement expérimental à la kétamine, une substance parfois utilisée en psychiatrie pour ses effets antidépresseurs rapides, mais dont les risques en cas de surdosage ou d’usage non encadré sont bien documentés. Une seconde procédure judiciaire, concernant un médecin ayant directement injecté de la kétamine à Perry, est toujours en cours. Les résultats de l’autopsie initiale, jugés non concluants, avaient laissé planer le doute sur d’éventuelles complications liées à ce traitement.

Un procès sous haute tension et des réactions contrastées

Le procès de Jasveen Sangha s’est tenu dans une atmosphère particulièrement tendue, tant en raison de la célébrité de la victime que de la gravité des faits reprochés. Les audiences ont été marquées par des témoignages de proches de Matthew Perry, décrivant l’acteur comme une personne en quête de soulagement face à des douleurs persistantes. Sangha, qui a toujours nié avoir agi avec l’intention de tuer, a plaidé pour une peine réduite, arguant qu’elle n’avait fait qu’approvisionner Perry en substance sans connaître les risques encourus.

Les procureurs, eux, ont insisté sur la responsabilité directe de l’accusée dans le décès de l’acteur, rappelant que la kétamine administrée dépassait largement les doses thérapeutiques autorisées. « Sangha savait pertinemment que ses actes mettaient en danger la vie d’autrui », a affirmé l’un des avocats de l’accusation. La défense, de son côté, a tenté de minimiser son rôle, évoquant un simple intermédiaire dans un système bien plus vaste.

Et maintenant ?

La condamnation de Jasveen Sangha à quinze ans de prison ferme ne clôt pas définitivement l’affaire. Le procès du médecin ayant injecté directement la kétamine à Matthew Perry devrait s’ouvrir d’ici quelques semaines à Los Angeles. Par ailleurs, les autorités fédérales américaines ont annoncé qu’elles intensifiaient leurs investigations sur les réseaux de distribution de kétamine en Californie, une substance dont l’usage détourné a connu une hausse alarmante ces dernières années. Enfin, la famille de Matthew Perry a annoncé qu’elle examinerait les modalités d’un éventuel recours juridique pour obtenir réparation.

Cette affaire soulève également des questions plus larges sur la régulation des traitements à la kétamine aux États-Unis, où son usage thérapeutique commence à être encadré, mais où le trafic illicite reste un fléau persistant. Les prochains mois seront déterminants pour comprendre l’ampleur des réseaux impliqués et pour évaluer les éventuelles failles dans la surveillance des substances médicales détournées.

Reste à savoir si ce verdict servira d’exemple pour dissuader les acteurs de réseaux similaires, ou si, au contraire, il incitera à davantage de discrétion dans les pratiques illicites. Une chose est sûre : l’ombre de Matthew Perry plane désormais sur le débat public américain autour de la kétamine et de ses dérives.

Matthew Perry souffrait de douleurs chroniques liées à une ancienne blessure sportive. Selon les témoignages recueillis lors du procès, l’acteur cherchait des solutions alternatives pour soulager ses souffrances, d’où son recours à ce traitement expérimental, détourné de son usage médical classique.

Le procès du médecin ayant directement injecté de la kétamine à Matthew Perry est attendu dans les prochaines semaines à Los Angeles. Par ailleurs, les autorités fédérales ont annoncé un renforcement des contrôles sur les réseaux de distribution illicite de kétamine en Californie.