La cour d’assises du nord de l’Allemagne a rendu son verdict ce mercredi 27 mai 2026 : Daniela Klette, sexagénaire et ex-membre de la Fraction armée rouge (RAF), a été condamnée à treize ans de prison ferme pour sa participation à plusieurs braquages commis entre 2016 et 2024. Selon Libération, ces attaques avaient pour objectif de financer sa clandestinité après la dissolution du groupe terroriste d’extrême gauche en 1998.
Le tribunal de Brunswick, en Basse-Saxe, a estimé que les faits reprochés à Klette constituaient des vols à main armée répétés, commis avec une « grande détermination » et une « préparation méthodique ». Les procureurs avaient requis une peine de quinze ans, mais la cour a retenu une condamnation légèrement inférieure, prenant en compte son âge et son absence d’antécédents judiciaires récents. « Les braquages commis par Daniela Klette visaient à maintenir un mode de vie clandestin, incompatible avec les normes légales », a souligné la présidente du tribunal lors de la lecture du jugement.
Ce qu'il faut retenir
- Daniela Klette, 64 ans, a été condamnée à treize ans de prison pour des braquages commis entre 2016 et 2024 en Allemagne.
- Ces attaques avaient pour but de financer sa clandestinité après la dissolution de la Fraction armée rouge (RAF) en 1998.
- Le tribunal de Brunswick a retenu des circonstances aggravantes, notamment la « préparation méthodique » des vols.
- La peine prononcée est inférieure à la requête du parquet, qui avait demandé quinze ans de réclusion.
- Klette n’avait pas d’antécédents judiciaires récents, mais son âge a été pris en compte pour moduler la sentence.
Une figure de la Fraction armée rouge toujours en activité après la dissolution du groupe
Daniela Klette faisait partie des derniers membres actifs de la Fraction armée rouge, un groupe terroriste d’extrême gauche responsable d’une centaine d’attentats et de meurtres en Allemagne entre 1970 et 1998. Dissous officiellement en 1998, certains de ses anciens membres ont poursuivi des activités criminelles pour survivre, notamment par le biais de braquages ciblés. Selon les enquêteurs, Klette aurait agi en solitaire ou avec un nombre très restreint de complices, évitant ainsi de reconstituer le réseau historique du groupe.
Les autorités allemandes estiment que ces derniers hold-up étaient liés à un besoin de financement pour des « structures de soutien » destinées à d’anciens membres du groupe toujours en cavale. « On ne peut exclure que d’autres anciens de la RAF aient bénéficié indirectement de ces fonds », a indiqué un porte-parole du parquet fédéral à Karlsruhe. La Fraction armée rouge, aussi connue sous le nom de « Bande à Baader », avait marqué l’histoire allemande par une série d’attentats et de meurtres, dont celui du procureur général Siegfried Buback en 1977.
Des braquages méthodiques et ciblés entre 2016 et 2024
Entre 2016 et 2024, Daniela Klette a participé à au moins quatre braquages de banques et de fourgons blindés en Allemagne, selon les éléments du dossier. Les attaques étaient caractérisées par une « grande rigueur opérationnelle » : repérage préalable des lieux, utilisation de véhicules volés et port systématique de masques pour éviter toute identification. Le dernier braquage attribué à Klette remonte à janvier 2024, dans une agence de la Commerzbank à Celle, en Basse-Saxe, où elle aurait emporté près de 100 000 euros.
Les enquêteurs ont pu établir un lien entre ces faits grâce à des analyses balistiques, des relevés d’ADN et des témoignages de complices arrêtés dans le cadre d’autres enquêtes. « Les investigations ont révélé une logique de financement clair : les sommes volées servaient à couvrir les besoins logistiques de Klette et, potentiellement, d’autres anciens membres de la RAF », a expliqué un enquêteur du Bundeskriminalamt (BKA), l’office fédéral de police criminelle allemand. Aucun blessé n’a été déploré lors de ces braquages.
Une condamnation qui soulève des questions sur le devenir des anciens de la RAF
Le procès de Daniela Klette a mis en lumière la question de la survie des anciens membres de la Fraction armée rouge, dont certains restent recherchés pour des crimes non élucidés. Selon les services de renseignement allemands, quatre anciens membres de la RAF seraient encore en cavale, bien que leur implication dans des activités criminelles récentes n’ait pas été établie. « La condamnation de Klette envoie un signal clair : l’État allemand ne tolérera plus d’activités criminelles, même si elles sont liées à un passé politique lointain », a commenté un responsable du ministère de l’Intérieur.
Bref, cette affaire pose la question de la traque des derniers fugitifs de la RAF. Les autorités ont rappelé que les enquêtes sur les crimes non résolus du groupe restaient une priorité. En 2023, le BKA avait relancé des opérations de recherche ciblées, notamment en ex-RDA, où certains anciens membres avaient trouvé refuge après la chute du Mur.
Cette condamnation marque-t-elle la fin définitive de l’héritage criminel de la Fraction armée rouge ? La question reste ouverte, alors que les autorités continuent de traquer les derniers fugitifs du groupe.
Le tribunal de Brunswick a retenu des circonstances atténuantes, notamment l’absence d’antécédents judiciaires récents de Klette et son âge (64 ans). La peine prononcée est inférieure aux quinze ans requis par le parquet, qui estimait que les braquages étaient « prémédités et exécutés avec une grande détermination ». La cour a également pris en compte le fait que Klette agissait probablement en solitaire, sans reconstituer le réseau historique de la Fraction armée rouge.