Une vaste affaire de soumission chimique et de violences sexuelles, impliquant des victimes d’origine chinoise et des agresseurs présumés chinois, a été démantelée en Allemagne. Huit membres d’un groupe Telegram, parmi lesquels un doctorant en médecine, sont actuellement jugés à Berlin. Selon Courrier International, cette enquête, qui s’étend sur plusieurs années et plusieurs pays, révèle une organisation méthodique et des actes d’une extrême gravité.
Ce qu'il faut retenir
- Un réseau de huit membres, dont Shao Zhiting, doctorant en médecine à Berlin, a été démantelé en Allemagne et aux États-Unis.
- Entre 2020 et 2024, les accusés ont drogué et violé des femmes chinoises avant de diffuser les vidéos sur des groupes cryptés.
- Quatre victimes, âgées de 19 à 33 ans, ont porté plainte en 2024, déclenchant une enquête policière à Francfort.
- Les procédures judiciaires se poursuivent à Berlin, Hambourg, Francfort, Munich et Los Angeles.
- L’affaire rappelle l’affaire Pelicot en France, par son caractère systématique et organisé.
Le procès de Shao Zhiting, doctorant chinois de 28 ans à la faculté de médecine de Berlin, s’est ouvert le 20 mai 2026 devant le tribunal de grande instance de la capitale allemande. Comme le rapporte Courrier International, les audiences attirent une foule de témoins et de proches des victimes. Shao Zhiting est l’un des membres clés d’un groupe Telegram baptisé « Auto-école allemande des vieux conducteurs ». Ce réseau, actif entre 2020 et 2024, a pour cible des femmes d’origine chinoise, droguées puis violées avant que les actes ne soient filmés et partagés sur des plateformes cryptées.
L’enquête a débuté à l’automne 2024 à Francfort, après que quatre victimes chinoises, âgées de 19 à 33 ans, ont porté plainte contre un certain Zhang Dapeng. Ce dernier, identifié comme l’un des cerveaux du réseau, a été arrêté en novembre 2024. Les investigations ont rapidement révélé l’ampleur du dispositif, conduisant à l’arrestation de huit personnes, dont Shao Zhiting. Les autorités judiciaires allemandes et américaines ont engagé des procédures simultanées à Berlin, Hambourg, Francfort, Munich et Los Angeles, où des victimes ont également signalé des agressions.
Les méthodes employées par ce réseau laissent peu de place au doute. Les victimes étaient systématiquement droguées avant d’être victimes de violences sexuelles. Les vidéos des agressions étaient ensuite diffusées dans des groupes privés, créant un cercle vicieux de violences et d’exploitation. Courrier International souligne que cette affaire présente des similitudes troublantes avec l’affaire Pelicot en France, où un réseau avait également utilisé la soumission chimique pour commettre des agressions sexuelles.
« Les personnes venues assister à l’audience montaient en file indienne dans l’escalier en colimaçon menant au troisième étage » — Zhongguo Xinwen Zhoukan, cité par Courrier International
L’affaire a également révélé l’existence de complicités et de réseaux de diffusion en ligne, permettant aux agresseurs de partager leurs vidéos sans crainte de se faire repérer. Les enquêteurs allemands, épaulés par leurs homologues américains, ont dû contourner les protections des plateformes cryptées pour remonter jusqu’aux auteurs. Les perquisitions menées dans plusieurs villes ont permis de saisir des équipements électroniques et des preuves accablantes.
Les victimes, toutes d’origine chinoise, ont témoigné des traumatismes subis. Leur nombre exact reste difficile à établir, mais les enquêteurs estiment que plusieurs dizaines de femmes pourraient avoir été victimes de ce réseau. Les autorités chinoises, alertées par les familles, ont collaboré avec les services allemands pour identifier les victimes et recueillir leur témoignage. Cette coopération transnationale a été déterminante pour faire avancer l’enquête.
Cette affaire soulève des questions sur la protection des victimes de violences sexuelles dans un contexte international, ainsi que sur la lutte contre les réseaux criminels exploitant les failles des nouvelles technologies. Les autorités allemandes et chinoises ont d’ores et déjà annoncé leur intention de renforcer leur coopération judiciaire, notamment pour faciliter l’extradition des suspects se trouvant à l’étranger. Bref, cette affaire pourrait bien marquer un tournant dans la lutte contre les violences sexuelles organisées à l’échelle mondiale.
Les quatre victimes initiales ont porté plainte en 2024 à Francfort, ce qui a déclenché l’enquête. Les autorités chinoises ont ensuite collaboré avec l’Allemagne pour identifier d’autres victimes, notamment en contactant les familles des personnes disparues ou en situation de vulnérabilité.