Amélie de Montchalin, la nouvelle première présidente de la Cour des comptes, a insisté sur la nécessité de protéger l'indépendance de l'institution financière et de réduire le déficit public, lors de son premier discours officiel vendredi, selon nos confrères de BFM Business.
Ce discours, prononcé en présence du président Emmanuel Macron et de plusieurs ministres, a marqué son entrée en fonction à la tête de la Cour des comptes. Amélie de Montchalin a déclaré que sa « première priorité » était de « protéger l'indépendance de la Cour pour renforcer notre démocratie ».
Ce qu'il faut retenir
- Amélie de Montchalin met l'accent sur la réduction du déficit public pour préserver la souveraineté du pays.
- Elle souligne l'importance de protéger l'indépendance de la Cour des comptes.
- La nouvelle première présidente de la Cour des comptes a prêté serment et a remis sa déclaration d'intérêts au collège de déontologie.
Le contexte de la nomination d'Amélie de Montchalin
La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes a suscité des réactions mitigées. Certains ont dénoncé un conflit d'intérêts, soulignant que l'ancienne ministre devrait se prononcer sur le déficit public ou les choix budgétaires d'un gouvernement dont elle a fait partie. Pour tenter d'éteindre cette controverse, elle avait décidé de s'abstenir de participer aux débats sur les finances publiques 2025.
D'autres ont soulevé la question de son âge, 40 ans, alors que ce mandat est irrévocable, seulement borné par une limite d'âge théorique à 68 ans. Amélie de Montchalin a indiqué qu'elle « partirai[t] bien un jour ».
Les priorités d'Amélie de Montchalin
Amélie de Montchalin a insisté sur la nécessité de « protéger nos institutions dans un contexte de remise en cause du modèle démocratique dans le monde y compris en Europe ». Elle a également souligné que « la condition essentielle de la souveraineté d'un pays est financière et celle-ci est menacée par notre trop grand déficit ».
« Sans compte en ordre, aucune souveraineté n'est possible, sans marge de manoeuvre financière, nous ne pourrons pas assurer notre défense, financer les investissements indispensables aux transitions écologiques et numériques, soutenir nos entreprises, ou préparer l'avenir de notre jeunesse en proie aux doutes », a-t-elle déclaré.
La réduction du déficit public, un choix de justice
Amélie de Montchalin a martelé que « la réduction de déficit n'est pas un dogme de la Cour, c'est un choix de justice envers les générations futures ». Elle a également souligné que « protéger l'indépendance des juridictions financières signifie d'abord renforcer encore leur exemplarité ».
La nouvelle première présidente de la Cour des comptes a également tenu à remercier « toutes les premières » au sein de la Cour des comptes, en commençant par la première dactylographe, arrivée en 1915, en passant par la première directrice de la bibliothèque, les premières femmes à accéder à des fonctions de magistrates et enfin les premières présidentes de chambre en 2006.
En conclusion, le discours d'Amélie de Montchalin a marqué un ton ferme et déterminé pour son mandat à la tête de la Cour des comptes. Les réactions et les prises de position qui suivront seront cruciales pour évaluer la réussite de son mandat.
