Lors d’une audition à l’Assemblée nationale ce mardi 26 mai 2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a maintenu que la réponse des forces de l’ordre lors de la manifestation contre la construction d’une mégabassine à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, le 25 mars 2023, était « appropriée ». Cette prise de position intervient alors que Libération avait publié des révélations mettant en cause l’usage de tirs tendus par les gendarmes, interdits dans ce contexte.
Selon Libération, les images et témoignages recueillis lors de cette manifestation avaient soulevé des questions sur la légitimité des méthodes utilisées par les forces de l’ordre. Plusieurs observateurs et associations avaient critiqué la gestion de l’événement, évoquant des tirs de LBD et de grenades à propulsion cinétique à hauteur des manifestants, des pratiques pourtant encadrées par la doctrine d’emploi des armes.
Ce qu'il faut retenir
- Le 25 mars 2023, une manifestation contre une mégabassine à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) a donné lieu à des échanges tendus entre gendarmes et manifestants.
- Libération a révélé que des tirs tendus, interdits dans ce contexte, auraient été utilisés par les forces de l’ordre.
- Interpellé le 26 mai 2026 à l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a défendu la réponse des gendarmes, la jugeant « appropriée ».
- Les révélations de Libération s’appuient sur des images et des témoignages recueillis lors de l’événement.
- Plusieurs associations et observateurs avaient critiqué l’usage des armes à feu et des grenades par les forces de l’ordre.
Une audition sous tension à l’Assemblée nationale
Lors de son audition devant les députés, Laurent Nuñez a rappelé que les forces de l’ordre avaient fait face à une situation « complexe et dangereuse » lors de la manifestation de Sainte-Soline. Il a souligné que les gendarmes avaient agi dans le respect des procédures, tout en reconnaissant que chaque intervention devait être évaluée au cas par cas. « La réponse des gendarmes était appropriée compte tenu des circonstances », a-t-il affirmé, sans pour autant entrer dans le détail des méthodes utilisées.
Cette audition s’inscrit dans un contexte où les relations entre l’État et les mouvements écologistes ou agricoles sont régulièrement tendues, notamment autour des projets de mégabassines, perçus par leurs détracteurs comme des outils favorisant l’accaparement des ressources en eau par les grandes exploitations agricoles.
Les révélations de Libération sur l’usage des armes
Selon les informations publiées par Libération, des images et des témoignages attesteraient de l’usage de tirs tendus par les gendarmes, une pratique interdite dans les manifestations. Plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux avaient déjà alimenté la controverse, montrant des impacts de projectiles à hauteur des manifestants, certains faisant état de blessures graves. Ces révélations ont relancé le débat sur la proportionnalité de la réponse policière face aux mouvements de protestation.
Des associations comme la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ou Amnesty International avaient déjà dénoncé, à l’époque, des « violations des droits humains » lors de cette manifestation. Elles avaient notamment pointé du doigt l’usage excessif de la force, ainsi que le manque de transparence dans le déroulement des opérations.
« La réponse des gendarmes était appropriée compte tenu des circonstances. »
— Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, le 26 mai 2026
Plus largement, cette affaire soulève la question de l’équilibre entre maintien de l’ordre et respect des droits fondamentaux, un enjeu récurrent en France, où les mouvements de protestation sont fréquents. Les prochaines décisions politiques et judiciaires pourraient redéfinir les règles encadrant les interventions policières lors des rassemblements, dans un contexte où les tensions sociales restent vives.
À ce stade, aucune sanction n’a été rendue publique. Plusieurs plaintes ont été déposées contre les forces de l’ordre pour violences et usage disproportionné de la force. Les conclusions des enquêtes administratives et judiciaires, notamment celle de l’IGGN, pourraient déterminer d’éventuelles poursuites ou sanctions.