Invité dans l’émission Base Camp sur RMC Sport, Arnaud Démare, retraité depuis seulement quelques semaines après quatorze ans de carrière professionnelle et quatre-vingt-dix-sept victoires, a livré une analyse tranchante sur la suprématie de Tadej Pogačar. Selon RMC Sport, le quadruple vainqueur du Tour de France incarne désormais une forme de perfection cycliste qui pousse le Slovène à se chercher de nouveaux terrains de jeu, quitte à s’aventurer dans des épreuves où la victoire n’est pas garantie.

Ce qu'il faut retenir

  • Pogačar est désormais perçu comme le meilleur cycliste de l’histoire par l’ancien sprinteur français, selon RMC Sport.
  • Sa domination sans partage le pousse à se challenger sur des courses atypiques, comme Paris-Roubaix, où il a terminé deuxième en 2024 et 2025.
  • Démare souligne que Pogačar s’ennuie dans l’absolu de sa supériorité, cherchant à repousser les limites du cyclisme plutôt qu’à simplement gagner.
  • L’ancien sprinteur décrit une aisance insolente du Slovène, capable de dominer dans toutes les disciplines, même si un manque de « punch » au sprint lui est reconnu.
  • Cette suprématie crée une frustration chez les concurrents, notamment les puncheurs et les grimpeurs, condamnés à courir pour la deuxième place.

Une domination qui pousse à l’ennui… et à l’audace

Arnaud Démare n’a pas mâché ses mots pour décrire l’état d’esprit de Tadej Pogačar. « Oui, je pense que Pogačar est le meilleur cycliste de l’histoire », a-t-il affirmé lors de son passage dans Base Camp. Selon RMC Sport, l’ancien coureur explique que le Slovène, conscient de sa supériorité, cherche désormais des défis là où il est vulnérable. « Le mec s’ennuie tellement qu’il se dit : "Tiens, je vais aller faire Roubaix parce que j’ai envie de challenges" », a-t-il détaillé. Cette logique explique notamment sa présence sur Paris-Roubaix, une course réputée pour sa difficulté et son imprévisibilité, où Pogačar a déjà décroché deux deuxièmes places en deux participations.

Cette quête de nouveaux défis s’inscrit dans une volonté affichée de repousser les limites du cyclisme. Démare a souligné que Pogačar « vient sur Roubaix en sachant qu’il ne peut pas gagner ». Pourtant, c’est précisément cette incertitude qui rend l’événement attractif pour les spectateurs. « Tout le monde voulait voir ce qu’il allait se passer. Est-ce qu’il allait gagner ? », s’interroge l’ancien sprinteur. Une audace qui, selon lui, redonne un peu de saveur à un Tour de France devenu monotone sous sa domination.

Pogačar, un coureur polyvalent et d’une aisance déconcertante

Ce qui impressionne le plus Arnaud Démare, c’est la polyvalence extrême de Tadej Pogačar. « Il est tellement fort qu’il est fort dans tout », a-t-il résumé. L’ancien sprinteur a rappelé que le Slovène, malgré ses deux deuxièmes places sur Paris-Roubaix, a déjà prouvé qu’il maîtrisait toutes les disciplines du cyclisme. « Après, au sprint, il s’est fait taper par Van Aert [sur Paris-Roubaix]. Il lui manque le punch du sprinteur, si on peut dire qu’il lui manque ça… », a-t-il nuancé. Une faiblesse relative qui n’entame en rien sa domination globale.

Mais c’est surtout l’aisance presque insolente de Pogačar qui marque les esprits. Démare a illustré ce propos en évoquant le Tour de France : « Sur le Tour de France, il laisse même partir l’échappée et on ne va pas revenir dessus. Du coup, tu te dis que tu vas te placer pour le col pour dégringoler dedans, t’es à bloc et le mec, il discute, il est facile. Et là, tu te dis que tu ne vas pas faire long feu. Il est tellement fort. » Une facilité qui, selon l’ancien coureur, confine à la résignation pour ses adversaires.

« Si j’étais à la place des puncheurs et des grimpeurs, ça serait frustrant. Moi, je gagnais sur d’autres courses mais c’est sûr que tu cours pour la deuxième place quand il est là. » — Arnaud Démare, sur RMC Sport

Une légende en construction qui veut marquer l’histoire

Pour Arnaud Démare, il ne fait aucun doute que Tadej Pogačar est en train d’écrire sa légende. « Pogačar, c’est une légende et il veut continuer à écrire la légende. Il veut écrire une histoire que personne n’a faite », a-t-il affirmé. Selon RMC Sport, l’ancien sprinteur voit en lui un coureur qui ne se contente plus de gagner, mais qui cherche à repousser les limites d’un sport qu’il domine déjà « de la tête et des épaules ». Une ambition qui interroge : jusqu’où ira-t-il ?

Démare a rappelé que même les défis que Pogačar se lance aujourd’hui, comme Paris-Roubaix, pourraient, à terme, devenir des victoires certaines. « Ce qu’il fait, c’est déjà énorme, et un moment donné, il va finir par la cocher », a-t-il prédit. Une certitude qui, pour l’instant, reste suspendue à la capacité du Slovène à maintenir sa forme sur la durée. Car si Pogačar semble intouchable, le cyclisme a déjà vu des champions s’essouffler après des années de domination.

Et maintenant ?

La question qui se pose désormais est celle de l’avenir immédiat de Tadej Pogačar. Avec le Tour de France 2026 en ligne de mire, le Slovène pourrait-il ajouter un cinquième titre à son palmarès ? Sa participation à Paris-Roubaix en avril 2026, où il sera attendu au tournant, donnera un premier indice. Reste à voir si ses adversaires parviendront à exploiter ses rares faiblesses ou si, au contraire, sa quête de défis continuera de redéfinir les standards du cyclisme moderne.

Arnaud Démare, lui, ne doute pas : Pogačar est en train de redéfinir l’histoire du cyclisme. Qu’il gagne ou non Paris-Roubaix, le Slovène a déjà changé la donne. Et pour ses concurrents, la tâche s’annonce plus ardue que jamais.

Selon Arnaud Démare, Pogačar cherche avant tout à se challenger dans des épreuves où il n’est pas favori. « Le mec s’ennuie tellement qu’il se dit : "Tiens, je vais aller faire Roubaix parce que j’ai envie de challenges" », a-t-il expliqué. Sa participation relève donc d’une volonté de repousser les limites de sa discipline, plutôt que d’une stratégie de victoire immédiate.

Tadej Pogačar a remporté quatre Tours de France (2020, 2021, 2022, 2024) et compte également des victoires sur des courses majeures comme le Tour de Lombardie, Liège-Bastogne-Liège ou le Tour de Slovénie. Son palmarès, encore en construction, pourrait s’étoffer dans les années à venir.