En 1983, Mathieu Haulbert, un enfant de 10 ans, disparaissait dans les Alpes-de-Haute-Provence. Trente-trois ans plus tard, alors que les pistes se sont toutes évanouies, son dossier reste l’un des plus anciens traités par le pôle « cold case » de Nanterre. Comme le rapporte Ouest France, la journaliste Laetitia Sariroglou, spécialisée dans les affaires de police et de justice, consacre désormais un livre-Enquête à ce cas emblématique, dans l’espoir de relancer les recherches.
Ce qu'il faut retenir
- 10 ans : l’âge de Mathieu Haulbert lors de sa disparition en 1983.
- Disparition au bord d’une route des Alpes-de-Haute-Provence, un dossier jamais élucidé.
- En 2026, le dossier reste l’un des plus anciens du pôle « cold case » de Nanterre.
- Laetitia Sariroglou, journaliste police-justice, publie un livre détaillé sur l’affaire.
- L’enquête a connu plusieurs rebondissements sans jamais aboutir.
Un cas parmi les plus anciens du pôle « cold case »
Depuis sa création, le pôle « cold case » de Nanterre traite les affaires non résolues les plus complexes, et celle de Mathieu Haulbert figure parmi les plus anciennes. Trente-trois ans après les faits, les enquêteurs n’ont toujours pas pu déterminer ce qu’il est advenu de l’enfant. « Le dossier est toujours ouvert, mais les pistes s’amenuisent avec le temps », explique un responsable judiciaire cité par Ouest France. Le livre de Laetitia Sariroglou pourrait apporter un nouvel éclairage, en compilant les éléments connus et en interrogeant d’anciens témoins.
Les Alpes-de-Haute-Provence, où Mathieu Haulbert a disparu, sont un territoire vaste et montagneux. Les recherches menées dans les heures et les jours suivant sa disparition n’ont permis de retrouver ni son corps ni aucun indice probant. Pourtant, les enquêteurs n’ont jamais abandonné l’affaire, comme en témoignent les classements sans suite répétés et les réouvertures successives.
Un livre pour relancer l’enquête
Intitulé « Mathieu Haulbert : 43 ans d’énigme », l’ouvrage de Laetitia Sariroglou s’appuie sur des archives judiciaires, des témoignages et des analyses inédites. L’auteure, qui a couvert des dizaines d’affaires criminelles, entend montrer comment une disparition peut rester un mystère malgré les moyens déployés. « Ce livre n’est pas une fiction, mais un travail de journaliste rigoureux », a-t-elle précisé lors d’une présentation à la presse. Elle y évoque notamment les zones d’ombre persistantes, comme l’absence de traces ADN ou de témoignages fiables.
Le livre aborde aussi les conséquences pour la famille Haulbert, toujours en quête de réponses. « Chaque famille mérite la vérité, même après des décennies », a souligné Laetitia Sariroglou. L’ouvrage pourrait relancer l’intérêt du public et des médias pour cette affaire, alors que les réseaux sociaux permettent aujourd’hui de toucher un large public.
Les pistes explorées, puis abandonnées
Au fil des années, plusieurs hypothèses ont été envisagées. Les enquêteurs ont d’abord exploré la piste d’un accident, Mathieu Haulbert ayant pu chuter dans un ravin ou être emporté par une crue. Puis, l’hypothèse d’un enlèvement a été privilégiée, sans preuve tangible. « Aucune rançon n’a jamais été demandée, et aucun corps n’a été retrouvé », rappellent les gendarmes locaux. D’autres pistes, comme celle d’un fugue ou d’une rencontre malencontreuse avec un inconnu, ont également été examinées avant d’être écartées faute d’éléments.
Le livre de Laetitia Sariroglou revient sur ces différentes hypothèses, en analysant les erreurs potentielles commises lors des premières heures de l’enquête. « Une disparition en montagne, surtout pour un enfant, nécessite une réaction immédiate », souligne un ancien enquêteur. Or, dans ce cas, les conditions météo difficiles et la configuration du terrain ont pu ralentir les recherches.
Cette affaire rappelle que certaines disparitions restent des énigmes malgré le temps. Elle interroge aussi sur l’efficacité des enquêtes « cold case », dont les moyens humains et techniques sont parfois limités. Reste à savoir si, cette fois, une réponse pourra enfin être apportée.
L’ouvrage compile des archives judiciaires, des témoignages et des analyses inédites, permettant de revisiter les pistes abandonnées. Son auteure espère que la médiatisation du livre incitera de nouveaux témoins à se manifester ou que les techniques modernes d’enquête (ADN, reconstitutions 3D) pourront être appliquées.
