Deux figures majeures du paysage médiatique français, Arnaud Lagardère et Gérald-Brice Viret, ont affiché dimanche 25 mai 2026 leur soutien à Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France devenue chroniqueuse. Ce soutien intervient alors que cette dernière est au cœur d’une polémique liée à la diffusion de contenus alignés sur la propagande russe, dans plusieurs médias contrôlés par le groupe Bolloré.

Ce qu'il faut retenir

  • Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, est désormais chroniqueuse dans plusieurs médias du groupe Bolloré, où elle relaie des positions pro-Kremlin.
  • Une enquête publiée par Le Monde le 26 mai 2026 révèle les liens entre ses prises de position et la ligne éditoriale de RT, média contrôlé par Moscou.
  • Arnaud Lagardère, président du conseil de surveillance du groupe éponyme, et Gérald-Brice Viret, directeur général délégué de Vivendi, ont publiquement soutenu Fedorova dans les colonnes du Journal du Dimanche.
  • Cette affaire intervient alors que les médias français sont scrutés pour leur exposition aux contenus étrangers, notamment russes.

Selon Le Monde, cette publication met en lumière les tensions entre indépendance éditoriale et alignement sur des positions politiques controversées. Xenia Fedorova, figure médiatique d’origine russe, a occupé des fonctions clés chez RT France jusqu’à sa fermeture en 2022, avant de rejoindre des médias français comme Europe 1 et Paris Match, tous deux contrôlés par Vincent Bolloré via le groupe Vivendi.

Les deux dirigeants, Arnaud Lagardère et Gérald-Brice Viret, ont ainsi pris position dans les colonnes du Journal du Dimanche, défendant « la liberté d’expression » de la chroniqueuse. « Xenia Fedorova a le droit de s’exprimer librement, comme tout journaliste en démocratie », a déclaré Gérald-Brice Viret, avant d’ajouter : « Ce qui compte, c’est la diversité des opinions dans le débat public. »

Cette prise de position survient dans un contexte où les médias français sont régulièrement critiqués pour leur exposition aux influences étrangères. Une enquête du Monde, publiée le 26 mai 2026, révèle que plusieurs chroniques de Xenia Fedorova dans Europe 1 et Paris Match reprenaient des éléments de langage typiques de la propagande russe, notamment sur la guerre en Ukraine.

« Les contenus relayés par Xenia Fedorova dans ses chroniques s’inscrivaient systématiquement dans une narration pro-Kremlin, mettant en avant des arguments largement relayés par les médias d’État russes », peut-on lire dans l’enquête du Monde.

Et maintenant ?

Cette affaire pourrait relancer le débat sur le contrôle des contenus étrangers dans les médias français, alors que la loi sur la transparence de l’information audiovisuelle doit être révisée d’ici la fin de l’année 2026. Une réunion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) est prévue en juin pour examiner les conditions d’accès des journalistes étrangers aux plateformes françaises. Reste à voir si cette polémique entraînera des mesures concrètes ou se limitera à un débat public.

Pour l’instant, le groupe Vivendi, via son directeur général délégué, maintient sa position : « La liberté de la presse implique le respect de toutes les opinions, y compris celles qui divergent des lignes éditoriales dominantes », a rappelé Gérald-Brice Viret. Arnaud Lagardère, de son côté, n’a pas commenté directement l’enquête du Monde, mais a réaffirmé son soutien à la chroniqueuse dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Cette affaire soulève également des questions sur les liens entre les médias français et les influences étrangères. Selon des sources internes citées par Le Monde, plusieurs rédactions auraient été invitées à modérer leurs prises de position après la publication de l’enquête, sans que des sanctions ne soient pour l’instant envisagées contre Xenia Fedorova.

Selon l’enquête du Monde, ses chroniques étaient publiées dans Europe 1 et Paris Match, deux titres contrôlés par le groupe Vivendi, lui-même détenu majoritairement par Vincent Bolloré.