Les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) s’ouvrent ce lundi 25 mai à Brazzaville, un rendez-vous placé sous le signe d’un « tournant » pour l’institution, selon RFI. Sidi Ould Tah, nommé à sa tête en 2026 dans un contexte international marqué par des tensions économiques, prendra ses fonctions lors de cet événement. Le thème central de ces rencontres portera sur la mobilisation des ressources à grande échelle sur le continent, un enjeu crucial pour accélérer les projets de développement en Afrique.
Ce qu'il faut retenir
- Les assemblées annuelles de la BAD débutent ce 25 mai 2026 à Brazzaville, au Congo.
- Elles sont présidées par Sidi Ould Tah, nommé à la tête de la BAD en 2026.
- Le thème principal est la mobilisation des ressources financières à grande échelle en Afrique.
- Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, participera aux débats et décryptera les enjeux pour RFI.
Un contexte international et une nouvelle direction pour la BAD
L’ouverture de ces assemblées intervient dans un environnement économique mondial particulièrement instable. Les tensions géopolitiques, les fluctuations des marchés et les crises énergétiques pèsent sur les économies africaines, rendant d’autant plus urgente la recherche de financements durables. Sidi Ould Tah, dont la nomination a été officialisée en début d’année, incarne une volonté de réformes et d’adaptation de l’institution aux défis actuels. « Ces assemblées seront vraiment un tournant », a-t-il souligné lors de la préparation de l’événement, selon RFI.
La BAD, créée en 1964, joue un rôle clé dans le financement des infrastructures, de l’agriculture et des secteurs sociaux sur le continent. Avec un portefeuille de projets estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars, l’institution doit désormais relever le défi de mobiliser des ressources supplémentaires, tant auprès des États membres que des investisseurs privés.
La mobilisation des ressources, enjeu majeur des débats
Le thème des assemblées annuelles, « Mobiliser les ressources pour l’Afrique : défis et opportunités », reflète l’urgence à laquelle fait face la BAD. Les besoins de financement pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) en Afrique sont estimés à plus de 1 300 milliards de dollars par an jusqu’en 2030, selon des projections de la Banque mondiale. Face à ce constat, la BAD mise sur des mécanismes innovants, comme les partenariats public-privé ou les fonds souverains, pour attirer des capitaux supplémentaires.
« La question n’est pas seulement de trouver des fonds, mais de le faire de manière stratégique et durable », a expliqué Carlos Lopes, invité à analyser ces enjeux pour RFI. L’ancien responsable de la CEA, aujourd’hui enseignant à l’Université du Cap, met en avant l’importance de l’intégration régionale et de la transparence dans la gestion des ressources. « Sans cela, les efforts resteront dispersés et inefficaces », a-t-il ajouté.
Des attentes fortes pour des décisions concrètes
Les participants à ces assemblées, incluant des ministres des Finances, des chefs d’entreprise et des représentants de la société civile, sont appelés à formuler des recommandations précises. Parmi les pistes évoquées figurent la réforme du système financier africain, l’harmonisation des politiques monétaires et le renforcement des capacités des institutions locales. Les conclusions de ces débats pourraient influencer les orientations de la BAD pour les cinq prochaines années.
« Nous devons passer des promesses aux actes », a rappelé un haut responsable de la BAD sous couvert d’anonymat. Les assemblées serviront également à évaluer les progrès réalisés depuis la précédente édition, notamment en matière de réduction de la dette et de financement des énergies renouvelables.
Carlos Lopes a indiqué que l’Afrique devra « montrer qu’elle est un continent sérieux et crédible pour attirer les capitaux ». Une déclaration qui résume l’enjeu de ces trois jours de débats : transformer les promesses en actions tangibles, pour une croissance inclusive et résiliente.
Parmi les pistes explorées figurent le recours accru aux partenariats public-privé, l’émission d’obligations vertes sur les marchés internationaux, et le renforcement des fonds souverains africains. La BAD mise aussi sur des réformes structurelles pour améliorer le climat des affaires et attirer les investissements directs étrangers.