Le terrorisme qui frappe le Sahel depuis plusieurs années ne se limite pas aux frontières des pays directement concernés. Selon France 24, ses répercussions touchent désormais les États voisins, comme le Bénin, où la fermeture de la réserve de la Pendjari a provoqué un effondrement de l’activité touristique dans le nord du pays. À Natitingou, dans la région de l’Atacora, guides, hôteliers et restaurateurs tentent de s’adapter pour éviter la faillite, dans un contexte où le secteur dépendait largement des visiteurs de cette aire protégée.

Ce qu'il faut retenir

  • La réserve de la Pendjari, située au nord du Bénin dans l’Atacora, est l’un des joyaux naturels du pays, connue pour sa biodiversité et ses safaris.
  • Sa fermeture a entraîné une chute brutale de la fréquentation touristique, mettant en péril les revenus de centaines de professionnels locaux.
  • Les acteurs du tourisme à Natitingou, comme les guides, hôteliers et restaurateurs, doivent désormais trouver des alternatives pour survivre.
  • La région du Sahel reste la plus touchée au monde par le terrorisme, ce qui explique en partie la fermeture de sites comme la Pendjari.

Une réserve emblématique fermée pour des raisons sécuritaires

La réserve de la Pendjari, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, a été fermée en raison de la montée des menaces terroristes dans la région. Selon France 24, cette décision s’inscrit dans un contexte où le Sahel est la zone la plus affectée par le terrorisme au monde, avec des groupes armés qui étendent leur influence vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Natitingou, ville proche de la réserve, était jusqu’alors une destination prisée pour son tourisme d’aventure et ses safaris.

Bref, la fermeture de la Pendjari n’est pas un simple incident local. Elle illustre les conséquences indirectes d’une insécurité régionale persistante, qui dépasse largement les zones de conflit direct. Pour les populations locales, l’impact est immédiat : sans touristes, c’est toute une économie qui s’effondre.

Natitingou, une ville dépendante du tourisme, en crise

Natitingou et ses alentours vivaient principalement du tourisme lié à la réserve de la Pendjari. Les guides locaux, spécialisés dans les safaris et les randonnées, ont vu leurs revenus s’évaporer du jour au lendemain. « Avant la fermeture, nous organisions en moyenne cinq excursions par semaine », explique Alidou, un guide local. « Aujourd’hui, nous faisons à peine une sortie par mois. Sans cette activité, c’est notre famille entière qui est touchée. » Les hôteliers et restaurateurs de la ville subissent le même sort, avec une fréquentation en chute libre depuis plus d’un an.

Côté hôtelier, certains établissements tentent de se reconvertir en proposant des séjours plus courts ou des activités alternatives, comme des visites culturelles. Cependant, ces initiatives restent insuffisantes pour compenser la perte liée au tourisme animalier. « Nous avons réduit nos effectifs de moitié », confie Fatoumata, gérante d’un petit hôtel à Natitingou. « Sans aide extérieure, beaucoup d’entre nous ne pourront pas tenir plus de six mois. »

Un impact économique et social difficile à absorber

La fermeture de la Pendjari a des répercussions bien au-delà des professionnels du tourisme. Dans une région déjà fragilisée par l’insécurité, cette crise aggrave la précarité des populations. Les revenus générés par le parc permettaient notamment de financer des projets locaux, comme des écoles ou des centres de santé. Leur disparition laisse un vide difficile à combler.

Autant dire que les autorités béninoises sont sous pression pour trouver des solutions. Le gouvernement a promis des aides d’urgence, mais leur mise en œuvre reste lente. « Nous travaillons avec les acteurs locaux pour mettre en place des mesures de soutien », a indiqué un responsable du ministère du Tourisme du Bénin, sans préciser de calendrier. Pour l’instant, les promesses peinent à se concrétiser sur le terrain.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes sont évoquées pour relancer l’activité à Natitingou et dans la région de l’Atacora. Les autorités pourraient accélérer la réouverture de la réserve, à condition que la situation sécuritaire s’améliore. Une autre option serait de développer le tourisme de substitution, en misant sur le patrimoine culturel ou les paysages de l’Atacora. Enfin, des discussions sont en cours avec des partenaires internationaux pour obtenir un soutien financier urgent. Rien n’est encore acté, mais la pression sur les décideurs locaux ne cesse de grandir.

D’ici la fin du premier semestre 2026, une évaluation de la situation sera présentée aux acteurs économiques de la région. Selon les observateurs, le sort de la Pendjari et de ses alentours dépendra en grande partie des avancées sécuritaires dans le Sahel. Pour l’instant, l’incertitude reste totale.

La fermeture de la réserve de la Pendjari a été décidée en raison de l’aggravation des menaces terroristes dans la région du Sahel, selon France 24. Les autorités béninoises ont estimé que le risque pour les visiteurs et les employés du parc était trop élevé.