Selon RFI, les frappes israéliennes persistent dans le sud du Liban malgré l’existence d’un cessez-le-feu de façade. Depuis plusieurs jours, les villes de Tyr et de Nabatiyeh, deux pôles majeurs de la région, subissent des raids aériens intenses. L’armée israélienne a ordonné des évacuations massives dans l’ensemble du sud libanais, tout en désignant comme « zone de combat » l’intégralité du territoire situé au sud du fleuve Zahrani. Cette zone représente 20 % de la superficie totale du Liban.
Ce qu'il faut retenir
- Les bombardements israéliens se poursuivent à Tyr et Nabatiyeh malgré un cessez-le-feu non respecté.
- L’armée israélienne a ordonné l’évacuation de l’ensemble du sud du Liban et déclaré zone de combat tout le territoire au sud du fleuve Zahrani.
- Cette zone représente 20 % de la superficie du Liban.
- Des dizaines de milliers de déplacés fuient vers le nord, notamment vers Saïda, surnommée la « porte du sud ».
Des milliers de familles en fuite vers Saïda
Les populations civiles du sud libanais, déjà éprouvées par des années de tensions, se retrouvent une fois de plus contraintes à l’exode. Les bombardements israéliens, qui visent désormais des zones densément peuplées, ont poussé des dizaines de milliers de personnes à quitter leur domicile en urgence. Saïda, ville située à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière israélienne, accueille désormais des familles entières sur sa corniche, un espace public en bord de mer devenu un refuge précaire.
Les autorités locales tentent tant bien que mal d’organiser l’accueil de ces déplacés, mais les ressources disponibles restent limitées. Les déplacés, souvent sans abri stable, s’entassent dans des conditions précaires, avec un accès restreint à l’eau, à la nourriture et aux soins. Selon des témoignages recueillis par RFI, certains ont déjà fui à plusieurs reprises depuis le début du conflit, sans jamais trouver de sécurité durable.
Un cessez-le-feu de papier, des frappes qui s’intensifient
Malgré les appels répétés à la trêve de la part de la communauté internationale, les hostilités se poursuivent. Le cessez-le-feu, qualifié de « de papier » par plusieurs observateurs, n’a pas permis de mettre fin aux violences. Les frappes israéliennes ciblent désormais des infrastructures civiles et des zones résidentielles, aggravant une crise humanitaire déjà critique.
« Les ordres d’évacuation massifs imposés par l’armée israélienne ont plongé des milliers de familles dans une situation désespérée », a déclaré un responsable local cité par RFI. Les déplacés interrogés évoquent une fuite constante, sans savoir où se réfugier en toute sécurité. Le fleuve Zahrani, désormais désigné comme frontière d’une zone de combat, coupe en deux une région déjà fragilisée par des décennies de conflits.
Saïda, une ville sous pression
La ville de Saïda, troisième plus grande agglomération du Liban après Beyrouth et Tripoli, n’est pas épargnée par la crise. Les infrastructures sanitaires et les services publics sont saturés, tandis que les prix des denrées de base flambent sous l’effet de l’afflux de déplacés. Les autorités municipales tentent de mobiliser des ressources, mais les moyens manquent cruellement. Un habitant de Saïda, rencontré par RFI, a confié : « On ne sait plus où aller. Chaque fois qu’on pense trouver un endroit sûr, les bombes recommencent. C’est un cercle sans fin. » Les autorités libanaises appellent à une intervention urgente de la communauté internationale pour protéger les civils et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.
Dans un contexte régional déjà tendu, cette escalade des violences au Liban pourrait avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières, alimentant les craintes d’un embrasement plus large au Proche-Orient.