Alors que les combats s’intensifient entre l’armée israélienne et le Hezbollah dans le sud du Liban, la ville de Nabatiyé — située à seulement 6 kilomètres au nord de la forteresse de Beaufort, prise dimanche par Tsahal — est devenue un théâtre d’affrontements directs. Selon Le Monde, l’hôpital Al-Najda, dernier établissement médical encore opérationnel dans la zone, s’est transformé en îlot de survie pour les blessés et les civils déplacés, dans une ville désormais largement désertée par sa population.
Ce qu'il faut retenir
- L’hôpital Al-Najda de Nabatiyé reste le seul centre médical fonctionnel dans une zone ravagée par les combats entre Israël et le Hezbollah.
- La forteresse de Beaufort, reprise par l’armée israélienne dimanche, a déclenché une escalade des violences à 6 km de Nabatiyé.
- Le personnel soignant et les équipes de la défense civile prennent en charge les blessés et les déplacés dans une ville en cours de vidange.
- Les affrontements ont poussé une majorité des habitants à fuir, laissant derrière eux une ville en ruines.
Une ville transformée en champ de bataille
La prise de la forteresse de Beaufort par les forces israéliennes dimanche a marqué un tournant dans l’escalade militaire qui oppose depuis des semaines l’État hébreu au mouvement chiite libanais. Nabatiyé, ville stratégique du sud du Liban, se retrouve désormais au cœur des combats, ses rues transformées en lignes de front entre les deux belligérants. Les tirs d’artillerie et les affrontements directs ont rendu la zone inaccessible pour la plupart des civils, contraints de se réfugier dans les sous-sols ou de fuir vers des régions plus sûres.
Selon des observateurs locaux cités par Le Monde, les infrastructures civiles — routes, ponts, réseaux électriques — ont subi d’importants dommages, aggravant l’isolement de la ville. Les communications avec l’extérieur sont intermittentes, et les livraisons de nourriture ou de médicaments se font rares, rendant la situation humanitaire d’autant plus critique.
L’hôpital Al-Najda, dernier rempart face à la crise
Dans ce contexte, l’hôpital Al-Najda de Nabatiyé incarne un symbole de résistance et de solidarité. Le personnel médical, débordé, doit gérer un afflux constant de blessés, tandis que les équipes de la défense civile organisent l’accueil des déplacés dans les couloirs et les salles disponibles. « Nous faisons face à une situation sans précédent », a déclaré un médecin sous couvert d’anonymat. « Les blessés arrivent en permanence, et nos ressources s’épuisent. Nous manquons de tout : médicaments, personnel, matériel chirurgical. »
Les locaux de l’hôpital, initialement conçu pour 150 lits, accueillent désormais près de 300 personnes, dont une majorité de civils fuyant les zones les plus exposées. Les équipes soignantes, composées de médecins, d’infirmiers et de bénévoles, travaillent sans relâche, malgré les coupures de courant et les pénuries d’eau. Selon des sources hospitalières, au moins cinq interventions chirurgicales d’urgence ont été réalisées au cours des 48 dernières heures.
Un exode massif des populations civiles
L’intensification des combats a provoqué un exode massif des habitants de Nabatiyé et des villages environnants. Les autorités locales estiment que près de 70 % de la population a quitté la zone depuis le début de l’escalade, emportant avec elle seulement l’essentiel. Les routes menant vers le nord, notamment vers Saïda ou Beyrouth, sont saturées de voitures et de camions remplis de meubles et de vêtements.
« Nous n’avons plus rien à perdre », confie un père de famille rencontré par Le Monde sur la route de l’exode. « Nos maisons sont détruites, nos enfants n’ont plus d’école. Ici, c’est devenu impossible de survivre. » Les Nations unies ont lancé un appel urgent pour faciliter l’évacuation des civils, mais les accès sécurisés restent rares en raison des combats persistants.
La communauté internationale, notamment l’Union européenne et l’ONU, a appelé à un accès humanitaire sans entrave pour Nabatiyé. Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour une trêve durable, laissant planer le risque d’un enlisement du conflit dans le sud du Liban.
La forteresse de Beaufort, située à proximité de la frontière israélienne, est un symbole stratégique depuis des décennies. Contrôlée par le Hezbollah, elle surplombe la vallée de la Litani et offre un point de vue idéal pour observer les mouvements militaires israéliens. Sa prise par Tsahal dimanche marque un tournant dans la tentative israélienne de neutraliser les capacités offensives du Hezbollah dans le sud du Liban.