Selon Libération, l’association Trebatu propose aux jeunes exploitants agricoles du Pays basque une installation provisoire. Ce dispositif leur permet de se familiariser avec le métier tout en limitant les risques financiers, dans un contexte où le nombre d’agriculteurs continue de diminuer.

Ce qu'il faut retenir

  • Trebatu accompagne les nouveaux agriculteurs via une installation temporaire pour réduire les erreurs coûteuses.
  • Le Pays basque compte parmi les régions où le déclin du nombre d’exploitants agricoles est marqué.
  • Cette approche permet aux jeunes de tester leur projet avant une installation définitive.
  • L’association mise sur l’apprentissage par l’expérience pour renforcer la résilience des nouveaux venus.

Une formule innovante pour contrer la baisse des vocations

Au Pays basque, où le métier d’agriculteur peine à attirer les nouvelles générations, l’association Trebatu innove en proposant un parcours en deux temps. D’abord, une phase de test sur une exploitation temporaire, puis une installation définitive si le projet se révèle viable. Selon les données recueillies par Libération, cette méthode permet aux jeunes agriculteurs de se former sans subir immédiatement le poids des investissements lourds et des risques financiers inhérents au secteur.

« La phase de test permet de faire des erreurs sans conséquences dramatiques », explique un porte-parole de l’association. Cette approche pragmatique vise à rendre le métier plus accessible, alors que les exploitations disparaissent au rythme d’environ 2 % par an dans la région, selon les dernières statistiques du ministère de l’Agriculture.

Un accompagnement sur mesure pour des profils variés

Trebatu ne se contente pas de mettre à disposition des terres. L’association propose un suivi personnalisé, mêlant mentorat et formations techniques. Les candidats, souvent issus de milieux non agricoles, bénéficient ainsi d’un encadrement adapté à leurs besoins. « On ne naît pas agriculteur, on le devient », souligne un responsable de l’association. « Notre rôle est de leur donner les clés pour réussir, en évitant les pièges classiques. »

Parmi les bénéficiaires, on trouve aussi bien des jeunes diplômés en agriculture que des reconvertis en quête d’un nouveau souffle professionnel. La durée de la phase de test varie généralement entre un et trois ans, le temps nécessaire pour valider la viabilité économique et humaine du projet. À ce jour, Trebatu a accompagné plus de 50 porteurs de projets depuis sa création il y a cinq ans, avec un taux de pérennisation des installations supérieur à 70 %.

Des défis structurels qui persistent

Malgré ces initiatives, le secteur agricole du Pays basque reste confronté à des défis structurels majeurs. La pression foncière, les coûts de production élevés et la concurrence des importations pèsent sur la rentabilité des exploitations. Selon Libération, près de 40 % des agriculteurs basques ont plus de 55 ans, ce qui laisse présager un renouvellement massif des générations dans les années à venir. Dans ce contexte, les dispositifs comme celui de Trebatu apparaissent comme une solution partielle, mais nécessaire.

« L’enjeu n’est pas seulement de former de nouveaux agriculteurs, mais de leur offrir les conditions pour s’installer durablement », précise un économiste spécialisé dans les filières agricoles. La région mise aussi sur des aides régionales et européennes pour soutenir ces transitions, comme les subventions du FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural).

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Trebatu consisteront à élargir son réseau de terres disponibles, en partenariat avec des propriétaires fonciers locaux. Une réflexion est également en cours pour intégrer davantage de modules sur la transition écologique, un sujet de plus en plus central pour les nouvelles générations d’agriculteurs. Les responsables de l’association tablent sur une augmentation de 30 % des accompagnements d’ici 2028, sous réserve de securing les financements nécessaires.

Si cette initiative ne résoudra pas à elle seule la crise des vocations agricoles, elle offre une bouffée d’oxygène pour un secteur en mutation. Alors que la France compte encore plus de 400 000 exploitations agricoles, selon les dernières données de l’INSEE, des solutions comme celle de Trebatu pourraient bien inspirer d’autres régions confrontées aux mêmes défis.

L’association propose des conventions de mise à disposition de terres à tarif réduit, souvent complétées par des aides publiques (régionales, FEADER) ou des partenariats avec des acteurs locaux. Chaque porteur de projet bénéficie d’un accompagnement personnalisé pour monter son dossier financier.