Le distributeur Auchan a finalisé un accord avec le groupement Mousquetaires (Intermarché, Netto) pour la cession de 72 supermarchés, sur les 91 initialement annoncés en janvier 2026. Selon Le Figaro, ces 72 magasins seront repris par les adhérents du groupement, tandis que 17 autres restent en quête de repreneur. Cette opération s'inscrit dans la stratégie du groupe nordiste, dirigé par la famille Mulliez, visant à recentrer ses activités sur les hypermarchés, alors que le modèle des supermarchés est en perte de vitesse face à la concurrence des enseignes indépendantes.

Ce qu'il faut retenir

  • 72 supermarchés sur 91 initialement proposés seront repris par Intermarché ou Netto, selon les informations transmises mardi à l'AFP par Auchan.
  • 17 magasins restent sans repreneur pour l'heure, exploités par Auchan France, avec leurs collaborateurs toujours en poste.
  • Deux supermarchés supplémentaires, situés à Tourcoing (Nord) et Le Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), seront conservés par Auchan Retail France.
  • Les syndicats, notamment la CGT et la CFDT, s'inquiètent des conséquences pour les 1 000 emplois menacés si aucun repreneur n'est trouvé.
  • L'Autorité de la concurrence examine depuis janvier 2026 le projet de création d'une entreprise commune entre Auchan et les Mousquetaires pour 167 magasins en France.

Un recentrage stratégique contesté

En janvier 2026, Auchan avait annoncé vouloir vendre 91 supermarchés au groupement Mousquetaires pour se concentrer sur ses hypermarchés. Cette annonce avait suscité la colère des syndicats, qui dénonçaient une opération aux conséquences sociales lourdes. Selon Le Figaro, le groupe justifie cette restructuration par la nécessité de s'adapter à un marché en mutation, où les groupements indépendants, comme Intermarché ou Leclerc, grignotent des parts de marché grâce à des conditions sociales souvent moins contraignantes.

Côté Mousquetaires, le choix de ne pas reprendre l'intégralité des magasins proposés s'explique par leur rentabilité.

« Les 17 magasins non repris sont dans le rouge », a affirmé Mouhsine Amrani, délégué syndical central CGT d'Auchan. « On a peur de la fermeture de ces sites s'il n'y a pas de repreneur. Ça correspond à près de 1 000 emplois. »
La CFDT, de son côté, a critiqué dans un tract « l'incertitude totale » pesant sur ces établissements.

Une nouvelle entité juridique pour 164 magasins

Auchan précise que 164 supermarchés rejoindront une nouvelle entité juridique autonome, baptisée A+Super. Cette structure, détenue à parts égales par Auchan Retail France et exploitée en franchise sous enseignes Intermarché ou Netto, devrait regrouper l'essentiel des magasins transférés. Deux magasins supplémentaires seront conservés par Auchan Retail France, portant à 13 le nombre de supermarchés restés sous contrôle du groupe.

Cette opération s'inscrit dans un contexte plus large de transformation du parc français d'Auchan, qui souffre de son positionnement historique sur les hypermarchés, désormais moins plébiscités par les consommateurs. Le groupe, cinquième distributeur en France derrière Leclerc, Carrefour, Intermarché et Coopérative U, tente de se réinventer face à une concurrence accrue.

Un examen par l'Autorité de la concurrence

Lundi 1er juin 2026, l'Autorité de la concurrence a annoncé qu'elle analysait le projet de création de l'entreprise commune entre Auchan et les Mousquetaires, prévue pour regrouper 167 magasins. Cette structure devrait permettre une mutualisation des ressources tout en conservant une indépendance juridique. Intermarché, contacté par Le Figaro, n'a pas souhaité réagir à cette annonce.

Cette décision intervient à l'avant-veille du neuvième sommet Choose France, organisé lundi au château de Versailles, où le président Emmanuel Macron doit promouvoir l'attractivité économique de la France auprès d'investisseurs étrangers. L'opération d'Auchan pourrait ainsi s'inscrire dans une dynamique plus large de restructuration du secteur de la grande distribution française.

Et maintenant ?

Pour les 17 magasins toujours sans repreneur, Auchan a indiqué qu'un « nouveau projet sera posé, site par site, en fonction de son environnement et partagé avec les instances représentatives du personnel ». Les collaborateurs de ces établissements restent pour l'instant salariés du groupe. Une annonce définitive sur leur avenir pourrait intervenir d'ici la fin de l'année 2026, selon des sources proches du dossier.

Côté syndicats, la mobilisation devrait se poursuivre pour tenter d'éviter des fermetures. La CGT a déjà appelé à des réunions avec la direction d'Auchan dans les prochaines semaines. Quant à l'Autorité de la concurrence, elle devrait rendre son avis d'ici quelques mois sur la création de l'entreprise commune A+Super.

Avec cette restructuration, Auchan cherche à renforcer sa position sur le segment des hypermarchés tout en limitant les pertes sur celui des supermarchés. Reste à savoir si cette stratégie permettra au groupe de retrouver une croissance pérenne dans un secteur de plus en plus concurrentiel.

Le groupe nordiste, dirigé par la famille Mulliez, souhaite se recentrer sur ses hypermarchés, jugés plus rentables et moins exposés à la concurrence des enseignes indépendantes. Cette restructuration s'inscrit dans une stratégie de transformation de son parc français, confronté à un déclin des supermarchés.