Comme le rapporte RFI, plusieurs centaines de rassemblements ont eu lieu vendredi 1er mai 2026 dans l’ensemble des États-Unis, à l’occasion du May Day, bien que cette date ne soit ni fériée ni chômée dans le pays. Ces mobilisations, portées par les syndicats et la société civile, avaient pour objectif principal de dénoncer les écarts de richesse, de plus en plus marqués, entre les ultra-riches et le reste de la population américaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 200 rassemblements organisés dans tout le pays le 1er mai 2026, malgré l’absence de jour férié.
  • Les manifestants ont ciblé les privilèges des millionnaires et l’insuffisance de la redistribution des richesses.
  • Les syndicats et associations de gauche ont coordonné ces mobilisations pour alerter sur les inégalités croissantes.
  • Le 1er mai, traditionnellement associé aux droits des travailleurs, a été réinvesti par ce nouveau mot d’ordre.

Un 1er mai marqué par une mobilisation syndicale et citoyenne

Malgré l’absence de statut de jour férié pour le 1er mai aux États-Unis, des centaines de rassemblements ont été organisés ce vendredi dans différentes villes du pays. Selon les estimations rapportées par RFI, plus de 200 cortèges, grèves et meetings ont été recensés, impliquant des syndicats, des associations et des citoyens engagés. Les mobilisations, souvent pacifiques, ont réuni des milliers de participants, notamment dans des métropoles comme New York, Los Angeles ou Chicago.

Côté revendications, les organisateurs ont insisté sur un constat partagé : l’enrichissement croissant des ultra-riches, dans un contexte où les mécanismes de redistribution des richesses restent insuffisants. « Les écarts de revenus n’ont jamais été aussi importants depuis un siècle », a souligné un représentant de la Fédération américaine du travail (AFL-CIO), citée par RFI.

Une gauche américaine qui recentre son combat sur les inégalités économiques

Cette année, le 1er mai a été l’occasion pour la gauche américaine de recentrer le débat public sur la question des inégalités, un thème devenu central dans le paysage politique. Les manifestants ont brandi des pancartes dénonçant les taux d’imposition des ultra-riches, jugés trop bas, ou encore l’optimisation fiscale pratiquée par certaines grandes fortunes. Des slogans comme « Tax the rich » (« Taxez les riches ») ou « Break the billionaire power » (« Brisez le pouvoir des milliardaires ») ont été largement diffusés lors des rassemblements.

Plusieurs figures politiques progressistes ont apporté leur soutien à ces mobilisations. Alexandria Ocasio-Cortez, députée démocrate de New York, a participé à un rassemblement à Manhattan, où elle a déclaré : « Ce 1er mai doit être un rappel que notre système économique est défaillant. Nous ne pouvons plus accepter que quelques centaines de personnes possèdent autant que la moitié de la population américaine », rapportent les médias locaux, repris par RFI.

Un contexte économique et social toujours tendu

Ces mobilisations interviennent dans un contexte économique marqué par une inflation persistante et une stagnation des salaires pour une grande partie de la population. Selon les dernières données du Bureau of Labor Statistics, le salaire médian aux États-Unis a progressé de seulement 2,5 % en 2025, alors que les 1 % les plus riches ont vu leur patrimoine augmenter de plus de 15 % sur la même période. Cette disparité croissante alimente le mécontentement social, d’autant que les services publics, comme la santé ou l’éducation, restent sous-financés dans de nombreux États.

Les organisateurs des manifestations ont également pointé du doigt les stratégies d’évitement fiscal utilisées par certaines grandes entreprises et fortunes. « Alors que des millions d’Américains peinent à joindre les deux bouts, les milliardaires continuent de profiter de niches fiscales qui leur permettent de payer des taux d’imposition inférieurs à ceux des classes moyennes », a expliqué un porte-parole de l’organisation Citizens for Tax Justice, interviewé par RFI.

Et maintenant ?

Les organisateurs des mobilisations du 1er mai ont annoncé leur intention de maintenir la pression sur le gouvernement fédéral et les États pour obtenir des réformes fiscales ambitieuses. Une nouvelle série de manifestations est prévue le 15 juin 2026, jour de la présentation des budgets annuels par plusieurs États clés. Par ailleurs, des auditions au Congrès sur la taxation des ultra-riches pourraient être organisées d’ici la fin de l’année, si les élus progressistes parviennent à rassembler une majorité.

Reste à voir si ces mobilisations parviendront à faire bouger les lignes politiques, dans un contexte où les divisions au Congrès rendent toute réforme fiscale complexe. Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour les revendications portées lors de ce 1er mai 2026.

Ces rassemblements rappellent enfin que le 1er mai, traditionnellement dédié aux droits des travailleurs, est aussi un moment où les questions de justice sociale et économique sont remises au cœur du débat public. Comment les responsables politiques américains réagiront-ils à cette pression citoyenne ? La réponse pourrait façonner le paysage politique du pays dans les années à venir.

Le 1er mai n’est pas un jour férié aux États-Unis en raison d’un choix historique : en 1886, une grève générale pour la journée de huit heures avait dégénéré à Chicago, entraînant des affrontements violents connus sous le nom de « Haymarket Affair ». Depuis, le gouvernement américain a préféré promouvoir le « Labor Day », célébré le premier lundi de septembre, pour éviter toute commémoration liée à ces événements.