Une avalanche a frappé samedi 21 mars 2026 les pentes des Dolomites, dans la région du Haut Adige, dans le nord de l’Italie, emportant une dizaine de randonneurs à ski. Deux personnes ont péri, tandis que cinq autres, dont trois grièvement, ont été secourues, a annoncé le porte-parole des secours alpins locaux, cité par nos confrères de BMF – International.

L’accident s’est produit en fin de matinée, alors que les conditions météo, bien que stables, n’excluaient pas le risque d’avalanche, classé entre « faible » et « modéré » par les autorités régionales. Selon les premiers rapports, une vingtaine de secouristes, des pompiers et des forces de l’ordre ont été déployés sur place, tandis que six hélicoptères de secours ont survolé la zone pour localiser les victimes. Les hôpitaux de Bolzano, Merano, Bressanone et Innsbruck, en Autriche, ont été mis en alerte pour accueillir les blessés.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux morts et cinq blessés parmi une dizaine de randonneurs à ski emportés par une avalanche dans les Dolomites (Haut Adige, Italie) samedi 21 mars 2026.
  • Sur les 25 randonneurs présents sur les lieux, seuls 10 ont été touchés, la majorité ayant évité la coulée de neige.
  • Le risque d’avalanche était classé entre « faible » et « modéré » au moment des faits, selon le bulletin régional.
  • Six hélicoptères de secours et des dizaines de secouristes ont été mobilisés, avec des hôpitaux à Bolzano, Merano, Bressanone et Innsbruck en alerte.
  • Quatre jours plus tôt, un Polonais de 22 ans avait déjà péri dans une avalanche dans la même région.

Un accident évité de justesse dans un secteur réputé dangereux

L’avalanche s’est déclenchée vers midi sur les pentes des Cadini di Misurina, un massif emblématique des Dolomites, à près de 2 200 mètres d’altitude. Sur les 25 randonneurs à ski présents ce jour-là, une dizaine a été emportée par la coulée de neige, mais la majorité a réussi à se dégager ou à éviter l’écoulement principal. « Seuls les groupes les plus proches du front de neige ont été directement impactés », a précisé un responsable des secours alpins, soulignant que « sans cette séparation naturelle, le bilan aurait pu être bien plus lourd ».

Les deux victimes, dont l’identité n’a pas été révélée dans l’immédiat, étaient des adultes expérimentés, membres d’un groupe organisé de randonnée hivernale. Leurs corps ont été récupérés en fin de journée après des recherches menées dans des conditions difficiles, avec des températures proches de zéro degré et une visibilité réduite. Les cinq blessés, dont une femme de 34 ans et un homme de 42 ans hospitalisés en urgence absolue, souffrent de fractures multiples et d’hypothermie. Les trois autres, moins gravement atteints, ont pu quitter les lieux sous bonne garde.

Les Cadini di Misurina sont un spot prisé des amateurs de sports d’hiver, mais aussi un secteur régulièrement surveillé pour son exposition aux risques d’avalanche. Les autorités locales rappellent que, même en période de risque « faible », des déclenchements spontanés restent possibles, notamment sur les pentes raides et exposées au nord. « On ne badine pas avec la sécurité en montagne, surtout quand les conditions changent rapidement », a rappelé un guide de haute montagne local, joint par nos soins.

Un risque accru avec le réchauffement climatique

Les avalanches dans les Alpes italiennes ne sont pas un phénomène isolé : elles s’inscrivent dans un contexte de multiplication des accidents liés aux conditions météo changeantes. Selon l’Institut national de recherche pour la protection environnementale et la mer (ISPRA), le nombre d’avalanches enregistrées en Italie a augmenté de 23 % entre 2010 et 2020, en partie à cause de la hausse des températures et des précipitations irrégulières. « Les hivers plus doux et les épisodes de neige soudains créent des couches de neige instables, propices aux déclenchements », explique le glaciologue Massimo Frezzotti, professeur à l’Université de Rome Tre et spécialiste des risques naturels.

Les Dolomites, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, sont particulièrement vulnérables. Une étude publiée en 2024 par l’Université de Padoue indiquait que 60 % des zones skiables de la région présentaient un risque « élevé » ou « très élevé » d’avalanche d’ici 2050, en raison de la fonte accélérée des glaciers et de l’enneigement irrégulier. « Le réchauffement climatique perturbe la stabilité du manteau neigeux, rendant les prévisions plus aléatoires », ajoute Frezzotti. « Les randonneurs doivent redoubler de prudence et consulter quotidiennement les bulletins d’alerte. »

Pourtant, malgré ces alertes répétées, le nombre de pratiquants en montagne ne cesse d’augmenter. En 2025, la région du Haut Adige a enregistré une hausse de 15 % du nombre de randonneurs à ski par rapport à 2020, selon les chiffres de la Fédération italienne de randonnée alpine (FISI). Une tendance qui s’explique par la popularité croissante des sports de plein air, mais aussi par l’accessibilité accrue des sites grâce aux infrastructures touristiques.

Des précédents tragiques dans une région sous haute surveillance

Ce n’est pas la première fois que la région du Haut Adige est frappée par une avalanche meurtrière. En mars 2023, un groupe de six alpinistes allemands, dont une adolescente de 17 ans, avait péri dans une coulée de neige près de Val Gardena. L’année précédente, en janvier 2022, un skieur polonais de 25 ans avait trouvé la mort dans une avalanche à proximité de Cortina d’Ampezzo. Ces drames, bien que moins médiatisés, illustrent la dangerosité persistante de ces massifs, même en dehors des pics de risque.

Les autorités italiennes ont renforcé leurs dispositifs de prévention ces dernières années. Depuis 2021, un système d’alerte en temps réel, couplé à des applications mobiles, permet aux randonneurs de recevoir des notifications en cas de changement brutal des conditions. « On ne peut pas interdire l’accès aux montagnes, mais on peut sensibiliser », souligne Roberto Pasquali, responsable de la protection civile dans la province de Bolzano. « Chaque année, nous organisons des formations pour les guides et les pratiquants, avec des exercices de simulation. »

Pourtant, malgré ces efforts, les accidents persistent. En février 2026, un mois avant la tragédie de samedi, un randonneur français de 52 ans avait été retrouvé mort après une avalanche dans le massif du Gran Sasso, à plus de 1 500 km de distance. « La montagne reste un environnement imprévisible, où le respect des consignes est la seule garantie de sécurité », rappelle Pasquali.

Quelles conséquences pour les activités en montagne ?

L’accident de samedi pourrait relancer le débat sur la régulation des activités en montagne, surtout en période de risque accru. Plusieurs associations de protection de l’environnement, comme Legambiente, demandent depuis des années un renforcement des contrôles et une limitation de l’accès aux zones les plus exposées. « Les Dolomites ne sont pas un parc d’attractions, mais un écosystème fragile où chaque imprudence peut avoir des conséquences dramatiques », déclare Vanda Bonardo, responsable du secteur montagne pour l’association.

De leur côté, les professionnels du tourisme appellent à ne pas dramatiser. « Les avalanches font partie de l’histoire des Alpes, mais elles ne doivent pas servir de prétexte pour décourager les visiteurs », tempère Giovanni Giuriati, président de l’association des hôteliers du Haut Adige. « L’économie locale dépend en grande partie de ces activités, et les mesures restrictives pourraient avoir un impact désastreux. » Il cite l’exemple de la station de ski de Cervinia, où les recettes touristiques ont chuté de 12 % en 2023 après la fermeture temporaire de certains itinéraires.

Les autorités locales, quant à elles, misent sur la prévention plutôt que sur l’interdiction. « Notre objectif n’est pas de fermer les montagnes, mais de former les pratiquants », explique Pasquali. « Nous allons renforcer les contrôles aléatoires sur le terrain et multiplier les campagnes d’information. » Une réunion d’urgence est prévue ce lundi 23 mars avec les représentants des secours, des guides et des collectivités locales pour ajuster les dispositifs en place.

Et maintenant ?

Les prochaines 48 heures seront cruciales pour évaluer l’impact de cet accident sur les pratiques en montagne. Les autorités du Haut Adige pourraient annoncer dès lundi des mesures supplémentaires, comme l’obligation pour les groupes de randonnée de s’enregistrer avant de partir ou l’interdiction d’accès aux zones les plus exposées en cas de risque « modéré ». Par ailleurs, une enquête technique sera menée pour déterminer les causes exactes de l’avalanche, notamment l’influence possible des conditions météo récentes. Enfin, les associations de secouristes appellent à une meilleure coordination entre les pays alpins, alors que les accidents frontaliers (comme celui d’Innsbruck, en Autriche) se multiplient.

En attendant, les services de secours maintiennent une surveillance accrue dans les Dolomites, tandis que les hôpitaux de Bolzano et Merano se préparent à d’éventuels nouveaux transferts de blessés. Une chose est sûre : l’incident de samedi rappelle, une fois encore, que la montagne, même sous surveillance, reste un milieu où la prudence doit primer sur l’audace.

Les avalanches dans les Dolomites sont principalement causées par des couches de neige instables, souvent liées à des chutes de neige récentes ou à des variations brutales de température. Selon l’ISPRA, 70 % des accidents surviennent sur des pentes raides (supérieures à 30°) et exposées au nord, où la neige s’accumule sans fondre. Le réchauffement climatique aggrave ce phénomène en créant des contrastes thermiques entre les couches de neige.

Oui, plusieurs outils sont disponibles, comme ARPAV (Agence régionale pour la protection de l’environnement du Vénétie) ou MeteoMont, une application officielle du ministère italien de l’Environnement. Ces plateformes fournissent des bulletins quotidiens, des cartes de risque et des alertes en cas de changement brutal. En Autriche, l’application Lawinenwarndienst est également très utilisée par les randonneurs.