Khamzat Chimaev, l’un des combattants les plus redoutés de l’UFC, a frôlé la limite entre la vie et la mort avant son dernier combat, selon les révélations de RMC Sport. À l’occasion d’un entretien accordé à MMA Fighting, son partenaire d’entraînement, l’ancien champion TJ Dillashaw, a détaillé l’enfer subi par le Tchétchène pour atteindre la catégorie des -84 kg avant sa défaite face à Sean Strickland lors de l’UFC 328.

Ce qu'il faut retenir

  • Khamzat Chimaev a subi un cutting extrême de 21 kg en quelques semaines pour descendre de 105 kg à 84 kg, selon les révélations de son partenaire d’entraînement, TJ Dillashaw.
  • Son métabolisme, déjà ralenti par une thyroïde à moitié développée, a failli lui être fatal lors de cette perte de poids, avec des symptômes comme des vomissements de bile verte.
  • À la pesée officielle, Chimaev est apparu en état de grande faiblesse, à bout de souffle et incapable de parler normalement.
  • Malgré ce calvaire, il a tenu cinq rounds face à Strickland avant de s’incliner par décision des juges, un combat bien plus disputé que prévu.
  • Son frère a confirmé que 1,2 kg restaient à perdre au moment où son corps a lâché, manquant d’oxygène et devant interrompre le processus pendant une heure.

Un cutting poussé à l’extrême, au risque de sa santé

Le calvaire de Khamzat Chimaev avant son combat contre Sean Strickland n’était pas connu du grand public. Pourtant, selon les confidences de TJ Dillashaw, relayées par RMC Sport, le Tchétchène a frôlé la catastrophe médicale lors de sa préparation. « La façon dont ils lui ont fait perdre du poids était horrible », a-t-il lancé lors d’un entretien pour MMA Fighting. Dillashaw, qui connaît bien les contraintes du combat de haut niveau, a souligné les dangers encourus par Chimaev, dont le métabolisme est déjà fortement ralenti par une thyroïde partiellement atrophiée. « On oublie que ce type n’a qu’une thyroïde à moitié développée. Donc son métabolisme est deux fois plus lent que celui d’un homme normal. Si on ne le soigne pas correctement, on peut le tuer. »

Les méthodes employées pour atteindre la limite des -84 kg ont été radicales. Dillashaw évoque des symptômes extrêmes, comme des vomissements de bile verte, signe d’un épuisement avancé de l’organisme. « Je n’ai jamais entendu quelque chose d’aussi extrême. Quand tu entends ce qu’il a traversé, vomissements de bile verte et autres symptômes complètement fous, il n’aurait même pas dû être capable d’aller jusqu’au combat », a-t-il précisé. Pourtant, malgré ce traitement de choc, Chimaev a réussi à se présenter sur le ring, même si son état physique en a clairement pâti.

Une pesée officielle révélatrice de l’état de santé du combattant

Les images de la pesée officielle de l’UFC 328, qui s’est tenue moins de 36 heures avant le combat, ont marqué les esprits. Chimaev, à peine descendu de la balance, apparaissait dans un état de grande faiblesse. La bouche grande ouverte, cherchant désespérément son souffle, il semblait au bord de l’évanouissement. Ces images ont donné du crédit aux témoignages ultérieurs sur l’ampleur de son sacrifice physique. « Embarqué avec une mine livide sur la balance de l’UFC, au sortir de ce cutting d’enfer, près de 36 heures avant son choc face à Sean Strickland, Chimaev se présentait chancelant et la bouche béante en quête d’oxygène devant les caméras », explique RMC Sport.

Ces révélations corroborent les déclarations faites par le frère du combattant, qui avait déjà évoqué l’ampleur de la souffrance endurée. « Il restait 1,2 kg à perdre, son corps a lâché : il manquait d’oxygène. Son organisme ne fonctionnait plus correctement. On a dû arrêter pendant une heure parce que son état de santé ne lui permettait pas de continuer… Khamzat lui-même disait qu’il ne savait pas comment il allait combattre dans cet état », avait-il confié au lendemain de la défaite.

Un combat tactique et épuisant face à un Strickland déterminé

Le combat entre Chimaev et Strickland, prévu initialement face à Jiri Prochazka en -93 kg, avait été modifié en urgence. L’UFC avait imposé un changement de catégorie et d’adversaire, poussant le Tchétchène à perdre 21 kg en un temps record. Pourtant, malgré cette préparation chaotique, Chimaev a tenu la distance. Contre toute attente, le combat s’est révélé bien plus tactique et disputé que ne le laissaient présager les pronostics. Strickland, réputé pour son endurance, a dû batailler jusqu’au dernier round pour s’imposer par décision des juges.

Dès le deuxième round, les signes de fatigue de Chimaev étaient visibles. Son manque d’oxygène et son métabolisme ralenti par le cutting ont limité sa capacité à enchaîner les efforts. Pourtant, il a continué à avancer, poussant Strickland dans ses retranchements. « Il avait toujours une meilleure endurance que Strickland, c’est lui qui avançait, alors que Strickland est censé être un monstre d’endurance… Ça me fait réaliser à quel point Khamzat est un dur à cuire, d’avoir failli mourir avant même de monter sur la balance », a souligné Dillashaw.

Et maintenant ?

Khamzat Chimaev devra désormais faire face aux conséquences de ce calvaire physique. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer son état de santé et décider de la suite de sa carrière. L’UFC pourrait revoir ses exigences en matière de cuts extrêmes, tandis que Chimaev pourrait opter pour une pause ou un changement de catégorie pour éviter de revivre une telle épreuve. Reste à voir si le Tchétchène, malgré sa défaite, conservera la confiance de l’organisation et de ses fans.

En attendant, le débat sur les limites du poids dans le MMA risque de s’intensifier, notamment après les révélations sur les méthodes employées pour atteindre les catégories de poids. TJ Dillashaw, proche du clan Chimaev, a d’ores et déjà appelé à une meilleure prise en charge des athlètes soumis à des cuts extrêmes : « Faites des recherches sur l’impact que ça a sur le métabolisme ! »

L’UFC a modifié en urgence le contrat du combat opposant Chimaev à Sean Strickland. Initialement prévu en -93 kg face à Jiri Prochazka, le combat a été déplacé en -84 kg, imposant à Chimaev une perte de 21 kg en quelques semaines.