Selon Euronews FR, les ayants droit du chanteur canadien Leonard Cohen ont vivement réagi à l'annonce de l'interprétation de « Hallelujah » lors d'un rassemblement politique organisé par Donald Trump le 24 juin 2026. Cet événement, prévu dans le cadre de la Great American State Fair, marque le coup d'envoi des célébrations controversées du 250e anniversaire des États-Unis à Washington, D.C.

Ce qu'il faut retenir

  • Les ayants droit de Leonard Cohen ont explicitement interdit l'utilisation de « Hallelujah » lors du meeting de Donald Trump, qualifiant cette utilisation d'illégale et de non autorisée.
  • Le ténor Christopher Macchio, déjà connu pour ses interprétations de la chanson, a maintenu sa prestation aux côtés de l'orchestre des Marines des États-Unis, malgré l'opposition des ayants droit.
  • La soirée d'ouverture a également été marquée par la présence d'Alexis Wilkins, compagne du directeur du FBI Kash Patel, qui a interprété l'hymne national américain en dernière minute.
  • Plusieurs États américains ont refusé de participer à la Great American State Fair en raison de son caractère jugé trop partisan.
  • Cette polémique s'inscrit dans une longue liste de conflits entre Donald Trump et les ayants droit de musiciens dont les œuvres sont utilisées sans autorisation lors de ses meetings.

Une chanson au cœur d'une bataille juridique et politique

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux du chanteur défunt, les ayants droit de Leonard Cohen ont dénoncé avec fermeté l'utilisation prévue de « Hallelujah » lors du rassemblement trumpiste. « Cette utilisation n'est pas autorisée et les ayants droit ne soutiennent ni n'approuvent celle-ci ni aucune utilisation similaire », a indiqué le communiqué, concluant par la formule « Thank you for your attention to this matter », un clin d'œil à la signature habituelle de Donald Trump sur Truth Social.

L'annonce de cette interprétation avait été faite trois semaines plus tôt par Donald Trump lui-même, qui avait également évoqué la présence d'autres airs classiques comme Nessun Dorma ou Ave Maria, ainsi que l'hymne patriotique God Bless America lors du même événement.

Un ténor récidiviste face à l'opposition des ayants droit

Malgré l'avertissement formel des ayants droit, le ténor Christopher Macchio a maintenu sa prestation, accompagné du Master Gunnery Sgt. Kevin Bennear de l'orchestre des Marines des États-Unis. Leur interprétation de « Hallelujah », dépourvue de la subtilité habituelle des reprises, a marqué les esprits par son approche directe. Donald Trump avait d'ailleurs salué cette performance sur Truth Social début juin, déclarant : « On n'a pas entendu une telle voix depuis le légendaire Luciano Pavarotti ! »

Cependant, cette notoriété n'a pas épargné Macchio de critiques. Déjà connu pour avoir interprété ce titre lors de la convention nationale républicaine de 2020, il incarne pour certains une forme de récupération politique de l'œuvre de Cohen. Une position que partage une grande partie des musiciens dont les œuvres ont été utilisées sans autorisation par la campagne de Donald Trump, malgré leurs demandes répétées.

Une soirée d'ouverture chargée de polémiques

La Great American State Fair, dont la soirée d'ouverture s'est tenue le 24 juin 2026 sur le National Mall à Washington, D.C., a rapidement été entachée par plusieurs controverses. En amont, le projet initial de concert Freedom 250 avait déjà été abandonné après le retrait de plusieurs artistes en raison de leurs liens avec le mouvement MAGA. Donald Trump avait finalement renoncé à organiser ce concert, mais le rassemblement de remplacement n'a pas échappé aux critiques, notamment sur le choix de ses intervenants.

Parmi eux, Alexis Wilkins, une chanteuse country peu connue comptant 5 620 auditeurs mensuels sur Spotify, a interprété l'hymne national américain en dernière minute. Son nom est rapidement devenu un sujet de discussion, car elle n'est autre que la compagne du directeur du FBI Kash Patel. Une coïncidence qui a suscité des accusations de favoritisme, d'autant que sa participation n'avait pas été annoncée à l'avance. Wilkins a réagi sur X (ex-Twitter) en affirmant : « Je suis artiste de country depuis des années. J’ai eu une carrière réussie à la fois dans la musique et dans le commentaire/la stratégie. On m’a invitée à chanter cet hymne en mon nom propre, comme cela a été le cas dans de nombreux autres endroits au cours de ma carrière. »

Un événement contesté dès son lancement

Dès ses débuts, la Great American State Fair a été le théâtre de tensions. Plusieurs États américains ont décidé de ne pas participer à l'événement, invoquant des préoccupations liées à son caractère partisan. Les célébrations organisées par Donald Trump pour marquer le 250e anniversaire des États-Unis, depuis un combat de MMA organisé par l'UFC sur les pelouses de la Maison-Blanche jusqu'aux algues de l'étang du Lincoln Memorial, se distinguent par un mélange de choix discutables et de polémiques récurrentes.

Le conflit autour de l'utilisation de « Hallelujah » s'inscrit dans une stratégie plus large de Donald Trump, qui a maintes fois utilisé des œuvres musicales lors de ses meetings sans l'accord des ayants droit. En octobre 2024, les ayants droit de Leonard Cohen étaient même allés jusqu'à demander à Sony Music d'adresser une lettre de mise en demeure à l'équipe de campagne du président américain.

Et maintenant ?

Alors que la Great American State Fair se poursuit sur 16 jours, les ayants droit de Leonard Cohen pourraient envisager des recours juridiques pour faire cesser l'utilisation non autorisée de « Hallelujah ». Parallèlement, d'autres artistes pourraient suivre leur exemple et exiger le respect de leurs droits d'auteur. Reste à voir si les organisateurs de l'événement parviendront à apaiser les tensions ou si d'autres controverses viendront émailler ces célébrations déjà marquées par la polémique.

Pour l'instant, Donald Trump continue d'utiliser « Hallelujah » lors de ses meetings, malgré l'opposition des ayants droit, illustrant une fois de plus les tensions persistantes entre politique et propriété intellectuelle.

Les ayants droit estiment que l'utilisation de la chanson lors d'un meeting politique de Donald Trump est une violation de leurs droits d'auteur. Ils ont explicitement interdit cette utilisation, soulignant qu'ils ne la soutiennent ni ne l'approuvent. Cette opposition s'inscrit dans une longue liste de conflits entre les ayants droit de musiciens et l'équipe de campagne de Donald Trump, qui utilise régulièrement des œuvres musicales sans autorisation.

Plusieurs musiciens, dont les ayants droit de Leonard Cohen, ont demandé à leurs labels ou maisons de disques d'adresser des lettres de mise en demeure à l'équipe de campagne de Donald Trump. Certains artistes se sont également retirés de projets liés au mouvement MAGA, comme ce fut le cas pour le concert Freedom 250 prévu initialement sur le National Mall.