Le secteur bancaire et les cabinets de conseil ont drastiquement réduit leurs recrutements d’alternants en 2025, avec des baisses respectives de 11 % et 17 % par rapport à l’année précédente. Selon Le Figaro, cette chute s’explique principalement par la réduction des aides publiques allouées aux entreprises, dans un contexte économique marqué par un attentisme généralisé.
Les données compilées par l’organisme spécialisé Atlas, opérateur de compétences (Opco) dédié aux branches de l’assurance, de la banque-finance, du conseil, de l’expertise comptable et du commissariat aux comptes, révèlent une baisse globale de 13,4 % du nombre d’alternants en un an. En 2024, Atlas avait enregistré 104 806 contrats d’apprentissage et de professionnalisation, contre seulement 90 719 en 2025.
Ce qu'il faut retenir
- Baisse de 11 % des alternants dans le secteur bancaire entre 2024 et 2025, selon Le Figaro.
- Recul de 17 % dans les cabinets de conseil sur la même période.
- L’assurance enregistre une baisse de 3 %, l’expertise comptable de 11 %.
- L’aide publique à l’embauche d’un apprenti est passée de 6 000 € à 5 000 € pour les PME de moins de 250 salariés, et à 2 000 € pour les grandes entreprises.
- Le nombre total d’apprentis en France était de 1 million en 2023, contre 430 000 en 2017.
- Atlas lance une campagne de communication pour tenter d’enrayer cette tendance.
Un recul paradoxal face aux besoins en compétences
Malgré des besoins accrus en recrutement dans les secteurs de la banque et du conseil, les entreprises ont drastiquement réduit leurs embauches d’alternants. « Ce recul est paradoxal », estime Atlas, qui souligne que « les entreprises font face à de forts besoins en compétences ». Cette situation s’explique avant tout par la baisse des aides publiques, jugées insuffisantes pour compenser les coûts liés à l’embauche et à la formation des alternants.
L’organisme pointe également un « fort attentisme au niveau économique », qui pousse les entreprises à adopter une stratégie plus prudente en matière de recrutement. « Les entreprises sont moins incitées à embaucher des alternants, alors que la demande en compétences ne faiblit pas », explique-t-on chez Atlas. En 2025, l’aide à l’embauche d’un apprenti a été réduite de 1 000 € pour les PME et de 4 000 € pour les grandes entreprises, rendant le dispositif moins attractif financièrement.
Les aides publiques en question
Cette baisse des recrutements d’alternants s’inscrit dans un contexte plus large de remise en cause des aides publiques à l’apprentissage. En 2022 et 2023, la Cour des comptes avait déjà épinglé la politique de financement de l’apprentissage, pointant des « montants très élevés et la dynamique de la dépense » conjuguées à des « critères trop faibles pour en bénéficier ».
Les présidents des fédérations patronales de la banque, de l’assurance ainsi que de la fédération Syntec (conseil, ingénierie, numérique, événementiel) avaient d’ailleurs alerté dès mai 2024 sur les risques de cette baisse des aides. Dans une tribune, ils avaient prédit un « coup d’arrêt » à la dynamique de l’apprentissage dans leurs secteurs. « Les entreprises ne peuvent plus se permettre de financer des contrats d’alternance à perte, surtout dans un contexte économique incertain », avait alors déclaré un représentant de la Syntec.
Selon les données d’Atlas, le nombre total d’apprentis en France avait connu une croissance spectaculaire entre 2017 et 2023, passant de 430 000 à plus d’un million. Cette progression s’explique notamment par l’extension de l’apprentissage aux étudiants du supérieur et aux secteurs des services, mais aussi par l’attractivité des aides financières proposées.
Un impact sectoriel inégal
Si la banque et le conseil subissent un recul marqué, d’autres secteurs résistent mieux. Dans l’assurance, la baisse des embauches d’alternants n’est que de 3 %, tandis que l’expertise comptable enregistre un repli de 11 %. Ces différences s’expliquent en partie par la structure des aides et les spécificités de chaque secteur.
« Certaines branches professionnelles ont su mieux négocier leurs accords avec l’État ou bénéficient de dispositifs complémentaires », précise un responsable d’Atlas. « Dans l’assurance, par exemple, les entreprises ont pu maintenir leurs recrutements grâce à des accords sectoriels plus avantageux. »
Cependant, même dans ces secteurs, les professionnels s’inquiètent de la tendance générale. « Si la baisse des aides se poursuit, l’ensemble du dispositif de l’apprentissage pourrait être fragilisé », avertit un expert en formation professionnelle.
En attendant, les entreprises et les jeunes concernés devront composer avec un environnement moins favorable à l’alternance. Une situation qui pourrait, à terme, peser sur la qualification des futurs talents et la compétitivité des secteurs concernés.
Selon les données d’Atlas, rapportées par Le Figaro, les secteurs les plus touchés sont les cabinets de conseil (-17 %), suivis de près par le secteur bancaire (-11 %). L’expertise comptable enregistre également un repli de 11 %, tandis que l’assurance affiche une baisse plus modérée de 3 %.
En 2025, l’aide à l’embauche d’un apprenti est passée de 6 000 € à 5 000 € pour les PME de moins de 250 salariés, et à 2 000 € pour les entreprises de plus grande taille. Cette réduction des aides est l’une des principales raisons évoquées pour expliquer le recul des embauches d’alternants dans les secteurs concernés.