La Banque de France envisage désormais la possibilité d’un « scénario positif » pour la croissance économique française, après avoir révisé à la baisse ses prévisions pour 2026. Selon Le Figaro, cette révision s’accompagne d’une amélioration du contexte géopolitique et économique, notamment grâce à un cessez-le-feu au Moyen-Orient et à la baisse des prix du pétrole. Emmanuel Moulin, gouverneur de l’institution, a souligné que ces éléments « nous orientent plutôt vers un scénario positif que sur un scénario dégradé ».
Ce qu'il faut retenir
- La Banque de France a revu à la baisse sa prévision de croissance annuelle à 0,5 % pour 2026, contre 0,9 % auparavant.
- Le deuxième trimestre 2026 pourrait afficher une croissance proche de zéro, après un premier trimestre déjà en contraction de 0,1 %.
- Un cessez-le-feu au Moyen-Orient et la chute des prix du pétrole sont présentés comme des facteurs encourageants.
- L’institution a publié quatre scénarios alternatifs, dont un plus favorable avec un rebond en 2027.
- Les cours du pétrole ont chuté à 72,64 dollars le baril de Brent, un niveau inédit depuis le début du conflit.
Cette annonce intervient après que l’institution a abaissé, le 16 juin dernier, sa prévision de croissance annuelle pour la France à 0,5 %, soit une révision à la baisse de 0,4 point par rapport à ses estimations précédentes. « Notre prévision, c’est une croissance proche de zéro » pour le deuxième trimestre 2026, a rappelé Emmanuel Moulin lors d’une intervention à Paris. Le premier trimestre a déjà enregistré un recul de 0,1 %, confirmant une tendance à la stagnation.
La Banque de France a publié, en parallèle de son scénario central, trois autres projections : un scénario défavorable, un scénario très défavorable, et un scénario plus favorable. Ce dernier, proche du scénario central, table sur un rebond plus rapide en 2027. Il repose sur une baisse plus marquée et plus rapide des prix des hydrocarbures. « On était sur un prix du pétrole moyen sur l’année à peu près de 97 dollars, ce qui est au-dessus de ce qu’on vit aujourd’hui », a expliqué le gouverneur.
Cette révision intervient dans un contexte où les cours du pétrole ont fortement diminué. Jeudi 25 juin, le baril de Brent, référence européenne, s’échangeait à 72,64 dollars pour livraison en août, un niveau qui n’avait plus été observé depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, valait quant à lui 69,49 dollars au même moment. Ces baisses s’expliquent notamment par l’annonce d’un cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, un accord signé le week-end précédent.
Emmanuel Moulin a salué ces évolutions lors de la grande assemblée des Entrepreneurs, rebaptisée CPME, à Paris. « On a aujourd’hui le cessez-le-feu, la baisse du prix du pétrole, donc ça, c’est plutôt des bonnes nouvelles qui nous orientent plutôt vers un scénario positif que sur un scénario dégradé », a-t-il déclaré. Il a également exprimé un espoir prudent quant aux prévisions de l’Insee, qui table sur une croissance de 0,3 % pour le deuxième trimestre et 0,7 % sur l’année. « Espérons qu’ils aient raison », a-t-il ajouté.
Des scénarios contrastés pour l’économie française
La Banque de France n’est pas la seule institution à publier des prévisions économiques. L’Insee, qui avait eu plus de temps pour intégrer les dernières évolutions géopolitiques, a revu ses estimations à la hausse. Selon ses dernières projections, la croissance du deuxième trimestre pourrait atteindre 0,3 %, avec une croissance annuelle de 0,7 %. Ces chiffres contrastent avec ceux de la Banque de France, mais reflètent une prise en compte plus rapide des changements récents.
L’institution monétaire a précisé que ses prévisions de juin reposaient sur des données arrêtées à mai. À cette époque, elle anticipait un prix moyen du pétrole à 97 dollars pour l’année 2026. Or, les cours actuels se situent bien en dessous, ce qui pourrait impacter positivement la croissance en réduisant les coûts pour les ménages et les entreprises. « La baisse des prix de l’énergie est un facteur de soutien pour l’activité », a souligné Emmanuel Moulin.
Pour autant, la Banque de France reste prudente. Elle a identifié des « signaux financiers comparables à l’avant-crise des subprimes de 2008 », comme le rapportait Le Figaro dans un article récent. Cette mise en garde rappelle que, malgré les bonnes nouvelles récentes, les risques persistent. La croissance française reste fragile, et une reprise durable dépendra de nombreux facteurs, dont la stabilité géopolitique et la santé des marchés financiers.
Un contexte géopolitique et économique en mutation
Le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, annoncé le 22 juin, marque un tournant dans un conflit qui a pesé sur les prix de l’énergie depuis des mois. La baisse des cours du pétrole qui en a découlé est l’un des principaux leviers évoqués par la Banque de France pour justifier son optimisme relatif. « C’est une bonne nouvelle pour les entreprises et les ménages, car cela réduit la pression sur les coûts », explique un économiste interrogé par Le Figaro.
Les prix de l’énergie, notamment du pétrole et du gaz, ont un impact direct sur l’inflation et le pouvoir d’achat. Leur baisse pourrait donc soutenir la consommation, pilier de la croissance française. « Si les ménages voient leurs factures d’énergie diminuer, ils pourraient consacrer une partie de leurs économies à d’autres dépenses », ajoute l’économiste. Cependant, cette dynamique reste conditionnée à la pérennité du cessez-le-feu et à la stabilité des marchés.
Autre élément clé : la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Les taux d’intérêt, encore élevés en 2026, pourraient freiner l’investissement des entreprises. « La BCE devra trouver un équilibre entre lutte contre l’inflation et soutien à la croissance », note un analyste. Dans ce contexte, la Banque de France mise sur un rebond en 2027, porté par une reprise des investissements et une amélioration du marché du travail.
Cette révision des prévisions illustre les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale en 2026. Entre espoirs de reprise et risques persistants, les institutions financières doivent naviguer dans un environnement complexe. Pour la France, la capacité à tirer parti des opportunités – comme la baisse des prix de l’énergie – tout en maîtrisant les vulnérabilités structurelles, sera déterminante. « Il faut rester vigilant », a conclu Emmanuel Moulin, rappelant que la prudence reste de mise.
La Banque de France a abaissé ses prévisions de croissance pour 2026 en raison d’un premier trimestre en contraction de 0,1 % et d’un deuxième trimestre attendu proche de zéro. Cette révision s’explique également par un contexte économique international encore incertain, malgré les récentes améliorations géopolitiques.
La Banque de France a publié quatre scénarios : un central à 0,5 % de croissance annuelle, un défavorable, un très défavorable, et un plus favorable avec un rebond en 2027. Ce dernier scénario repose sur une baisse plus rapide des prix des hydrocarbures et une reprise plus marquée.