Le 28 avril 2026, une centaine de salariés et riverains de la bioraffinerie TotalEnergies de La Mède, située dans les Bouches-du-Rhône, se sont rassemblés devant l’établissement pour dénoncer l’exposition chronique à un polluant cancérogène. Selon Reporterre, 180 employés ont porté plainte, estimant avoir été exposés de manière prolongée au benzène, un composé chimique présent dans les essences et classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction.
Ce qu'il faut retenir
- Un rassemblement a eu lieu le 28 avril 2026 devant la bioraffinerie TotalEnergies de La Mède pour dénoncer l’exposition au benzène.
- 180 salariés ont porté plainte contre leur employeur, accusant une exposition prolongée à ce cancérogène.
- Le benzène, coproduit de l’essence, est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique par les autorités sanitaires.
- L’établissement, situé dans les Bouches-du-Rhône, est au cœur d’une polémique environnementale et sanitaire.
Le rassemblement s’inscrit dans un contexte de tension croissante autour des risques sanitaires liés à l’activité industrielle de la raffinerie. Fabien Cros, délégué syndical présent lors de la mobilisation, a rappelé les dangers encourus : « Rien qu’en venant pour ce rassemblement, vous vous exposez potentiellement à inhaler du benzène, un coproduit de l’essence, qui est cancérogène, mutagène et reprotoxique. Alors imaginez pour les personnes qui vivent à proximité 24 heures sur 24 », a-t-il déclaré à Reporterre.
La bioraffinerie de La Mède, exploitée par TotalEnergies, est l’une des principales installations de ce type en France. Elle produit des biocarburants à partir de matières végétales, mais son activité génère également des sous-produits issus de la transformation des hydrocarbures. C’est précisément cette partie du processus qui est pointée du doigt par les salariés, qui dénoncent des manquements dans les mesures de protection et une communication insuffisante de l’entreprise sur les risques encourus.
Les plaignants, dont le nombre s’élève à 180, estiment avoir été exposés à des niveaux de benzène supérieurs aux seuils autorisés sur une période prolongée. Le benzène, reconnu comme un facteur de risque accru pour les leucémies, les lymphomes et d’autres cancers, fait l’objet de réglementations strictes en matière d’exposition professionnelle. Pourtant, selon les salariés, les contrôles et les équipements de protection individuelle auraient été insuffisants, voire défaillants.
« Rien qu’en venant pour ce rassemblement, vous vous exposez potentiellement à inhaler du benzène, un coproduit de l’essence, qui est cancérogène, mutagène et reprotoxique. Alors imaginez pour les personnes qui vivent à proximité 24 heures sur 24. »
Fabien Cros, délégué syndical
Ce rassemblement s’ajoute à une série de mobilisations menées par les salariés et les associations locales, qui dénoncent depuis plusieurs années les impacts environnementaux et sanitaires de l’industrie pétrochimique dans la région. La raffinerie de La Mède, en activité depuis 2017, est régulièrement pointée du doigt pour ses émissions de polluants atmosphériques et son empreinte carbone. Les riverains, eux, s’inquiètent des risques pour leur santé, notamment en raison de la proximité de zones résidentielles avec les installations industrielles.
Reste à savoir si ces démarches suffiront à apaiser les tensions ou si elles marqueront le début d’un nouveau conflit social et environnemental autour de la raffinerie de TotalEnergies. La santé des salariés et des riverains, de même que la crédibilité de l’entreprise, sont désormais au cœur des débats.