David Amiel, ministre chargé de l’Action et des Comptes publics, a confirmé à Ouest France que son ministère étudie sérieusement une alternative au système d’exploitation Windows de Microsoft. Une expérimentation à petite échelle du système libre Linux a déjà été lancée en interne, marquant une première étape concrète dans cette démarche.
Ce qu'il faut retenir
- Un test pilote du système d’exploitation Linux est en cours au ministère de l’Économie et des Finances, selon Ouest France.
- Cette initiative vise à réduire la dépendance aux solutions propriétaires comme Windows, a indiqué David Amiel.
- L’expérimentation reste pour l’instant limitée en volume et en durée, précisent les sources.
- La démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur la souveraineté numérique des administrations.
Une volonté de diversification des outils numériques
Le ministère de l’Économie et des Finances, dirigé par Bruno Le Maire, a longtemps reposé sur des solutions logicielles standardisées, souvent fournies par des acteurs majeurs du secteur privé. Pourtant, la question de la souveraineté numérique des administrations publiques s’est imposée ces dernières années comme un enjeu stratégique. « Nous devons nous interroger sur notre dépendance aux géants du numérique, a souligné David Amiel. L’objectif n’est pas de rejeter systématiquement les solutions existantes, mais d’explorer des alternatives viables et sécurisées. » Selon Ouest France, cette réflexion a conduit à un premier test concret avec Linux, un système d’exploitation open source largement utilisé dans les milieux académiques et techniques.
Linux en première ligne pour une transition progressive
L’initiative ne concerne pour l’instant qu’un nombre restreint de postes et de services, précisent les responsables. « L’objectif est d’évaluer la compatibilité des logiciels métiers, la formation des agents et l’impact sur les processus administratifs », a expliqué un cadre du ministère. Linux, réputé pour sa stabilité et sa sécurité, présente l’avantage d’être entièrement personnalisable et indépendant des licences coûteuses imposées par certains éditeurs. — Pour autant, la transition ne sera pas immédiate, car de nombreux outils internes ont été conçus pour fonctionner sous Windows. »
Selon les informations recueillies par Ouest France, le test s’appuie sur une version adaptée de Linux, intégrant les spécificités des besoins de Bercy. « Nous avons sélectionné un panel d’agents volontaires pour tester l’environnement sur une période de trois à six mois », a précisé un responsable technique. Les retours seront analysés avant toute décision d’extension.
Un contexte marqué par les débats sur la souveraineté numérique
Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large au sein de l’État, où plusieurs ministères ont exprimé leur volonté de réduire leur exposition aux risques liés aux solutions étrangères. En 2023, le gouvernement avait déjà lancé un plan pour promouvoir l’usage des logiciels libres dans les administrations, sans pour autant imposer de basculement brutal. « La question n’est pas idéologique, mais pragmatique, a rappelé David Amiel. Nous devons garantir la continuité du service public tout en maîtrisant nos coûts et en sécurisant nos données. »
Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été communiqué concernant une éventuelle généralisation. Les observateurs soulignent cependant que cette expérimentation pourrait inspirer d’autres ministères, notamment ceux en charge des données sensibles, comme l’Intérieur ou la Défense.
Reste à voir si cette volonté se concrétisera par une politique publique claire, ou si elle restera limitée à quelques expérimentations isolées. Une chose est sûre : la question de l’autonomie numérique des administrations ne disparaîtra pas des débats.
Selon Ouest France, cette initiative répond à deux enjeux majeurs : réduire la dépendance aux solutions propriétaires comme Windows et renforcer la souveraineté numérique de l’État. Linux, en tant que logiciel libre, permet une meilleure maîtrise des coûts et une personnalisation accrue des outils, tout en limitant les risques liés à des éditeurs étrangers.
