À Béziers, la société Instadrone, spécialiste des drones professionnels, a présenté son premier robot humanoïde intégré à ses solutions de sécurité et de secours. L’entreprise mise sur un modèle chinois, l’Unitree G1, pour élargir son catalogue et répondre à des besoins industriels et opérationnels. Une initiative qui illustre, selon Futura Sciences, l’avancée des technologies robotiques en France, mais aussi les limites de l’autonomie stratégique dans ce domaine.
Ce qu'il faut retenir
- Instadrone, basé à Béziers, a intégré l’Unitree G1, un robot humanoïde chinois, à son écosystème de drones professionnels
- Le robot, commercialisé depuis deux ans, est utilisé pour des missions de secours, d’inspection industrielle et de sécurité
- L’Unitree G1 mesure 1,32 mètre pour 35 kg, avec une autonomie d’une heure et un prix inférieur à 16 000 euros
- Instadrone propose un support local et des formations, mais le robot reste dépendant des serveurs chinois pour ses données
- Cette initiative soulève des questions sur la souveraineté technologique en matière de robotique
Un robot chinois au service des missions professionnelles
Instadrone, premier réseau français d’opérateurs de drones, a récemment dévoilé une innovation surprenante : un robot humanoïde intégré à ses solutions existantes. Comme le rapporte Futura Sciences, l’entreprise a choisi de s’appuyer sur l’Unitree G1, un modèle développé par le fabricant chinois Unitree Robotics. Ce robot, déjà répandu dans les laboratoires et les universités, est désormais présenté comme un outil complémentaire aux drones DJI Dock automatisés d’Instadrone.
Sur une vidéo diffusée par Midi Libre, le robot exécute des mouvements de danse et des enchaînements de self-défense, démontrant une certaine agilité. Mais au-delà des démonstrations spectaculaires, Instadrone mise sur ses capacités pratiques : détection d’incendies, inspection de sites industriels ou encore participation à des missions de secours. « Le G1 est un best-seller grâce à sa souplesse d’utilisation et son coût abordable », explique un porte-parole de l’entreprise. Avec un tarif inférieur à 16 000 euros, il se positionne comme une solution accessible pour les professionnels.
Des fonctionnalités adaptées aux besoins industriels et de sécurité
L’Unitree G1 est équipé d’un LiDAR 3D et d’une caméra de profondeur, lui permettant de naviguer dans des environnements complexes. Selon les annonces d’Instadrone, il pourrait être déployé pour des tournées d’inspection dans des zones industrielles à risque, ou encore pour porter des capteurs spécialisés lors d’opérations de secours. « Nous voulons offrir une solution clé en main, avec un support technique et des formations pour les utilisateurs », a indiqué Cédric Botella, PDG d’Instadrone, lors de la présentation du projet.
Cependant, cette intégration soulève une question centrale : celle de la souveraineté technologique. Comme le souligne Futura Sciences, l’Unitree G1, comme les drones DJI, envoie en continu un flux de données chiffré vers des serveurs situés en Chine. Une dépendance qui pourrait limiter l’autonomie stratégique de la France dans des secteurs sensibles. « Nous fournissons un accès à cette technologie, mais le contrôle des données reste du ressort du fabricant », précise un responsable d’Instadrone.
Une robotique en pleine expansion, mais des limites persistantes
L’initiative d’Instadrone s’inscrit dans un contexte où les robots humanoïdes gagnent en popularité. Selon Futura Sciences, la Chine produit à elle seule jusqu’à 100 000 robots humanoïdes par an, un rythme que l’Occident peine à égaler. En France, des expérimentations similaires sont menées dans les universités et les industries, mais l’adoption massive reste freinée par des coûts élevés et des questions éthiques.
Pour Instadrone, l’enjeu est double : d’une part, répondre à une demande croissante pour des outils robotisés dans les secteurs industriels et de secours ; d’autre part, contribuer à démocratiser ces technologies auprès des entreprises françaises. « Nous ne prétendons pas avoir développé un robot made in France, mais nous offrons une solution clé en main, avec un accompagnement local », explique Cédric Botella. Une approche pragmatique, mais qui ne résout pas les défis liés à la souveraineté des données.
Pour les prochaines années, le débat sur la souveraineté robotique devrait s’intensifier. La Commission européenne a déjà commencé à travailler sur des réglementations pour encadrer l’utilisation des robots et la protection des données. Les entreprises comme Instadrone, qui misent sur des solutions hybrides, pourraient jouer un rôle clé dans cette transition. À suivre, notamment lors des prochaines éditions du salon Global Industrie, prévu en octobre 2026.
L’autonomie d’une heure et le poids de 35 kg peuvent limiter son utilisation dans des environnements très exigeants. De plus, la dépendance aux serveurs chinois pour le traitement des données pose un problème de souveraineté, notamment pour des opérations sensibles.
Pour l’instant, non. L’entreprise mise sur l’Unitree G1 pour des raisons de coût et de disponibilité, mais elle n’exclut pas de développer des solutions locales à long terme, en fonction de l’évolution du marché.