L’émission BFM Bourse, diffusée chaque vendredi sur BFM Business entre 16h et 18h, a consacré sa dernière édition du 24 avril 2026 à une analyse approfondie des tendances boursières, des secteurs porteurs et des indicateurs macroéconomiques. Présentée par Guillaume Sommerer, l’émission a réuni un panel d’experts, de journalistes et de gérants pour décrypter les mouvements des marchés, des valeurs phares aux niches sectorielles, en passant par les enjeux géopolitiques et technologiques. Selon BFM Business, cette séance a mis en lumière la résilience de certains titres face aux tensions internationales, l’emballement du secteur des semi-conducteurs, ou encore les opportunités émergentes dans les énergies renouvelables.
Ce qu'il faut retenir
- Le titre Accor a enregistré une hausse malgré le conflit en cours dans le Golfe, suscitant l’intérêt des analystes.
- Le secteur des semi-conducteurs enchaîne 17 hausses consécutives, un record qui reflète l’engouement pour l’intelligence artificielle et les infrastructures technologiques.
- La confiance des ménages français a connu en avril sa plus forte baisse depuis mars 2022, marquée par le début de la guerre en Ukraine.
- Les investissements dans la biomasse sont présentés comme un levier aussi prometteur que le solaire ou l’éolien pour la transition énergétique.
- Intel montre des signes de redressement sur le marché, tandis que le Nasdaq bat des records historiques.
- L’émission a également abordé l’impact environnemental de l’intelligence artificielle, avec une consommation d’eau douce estimée à 50 cl pour 30 questions posées à un modèle IA.
Les valeurs phares en séance : Accor résiste aux tensions géopolitiques
Thierry Gautier, directeur général de GSD Gestion, a souligné la performance du groupe Accor lors de cette séance. Malgré le conflit persistant dans le Golfe et les incertitudes économiques, le titre a affiché une progression significative, rassurant les investisseurs. Selon lui, cette résistance s’explique par la diversification géographique du groupe et sa capacité à capter une demande touristique résiliente, même en période de crise. BFM Business a détaillé cette analyse dans son segment dédié aux publications des valeurs à suivre, confirmant l’intérêt des marchés pour les acteurs capables de naviguer dans un environnement incertain.
Le secteur tech en pleine effervescence : 17 hausses pour les semi-conducteurs
Dans son édition « Le Club », BFM Business a révélé un phénomène remarquable : le secteur des semi-conducteurs a enchaîné 17 séances de hausse consécutives, un record historique qui reflète l’engouement des investisseurs pour les entreprises liées à l’intelligence artificielle, aux data centers et aux infrastructures numériques. Vincent Chaigneau, directeur de la recherche chez Generali Investments, et Alexandre Attal, directeur de la gestion chez Russell Investments France, ont expliqué cette dynamique par la demande croissante en puces électroniques, dopée par l’adoption massive des modèles d’IA et des outils cloud. « C’est un mouvement structurel, pas une bulle spéculative », a précisé Chaigneau. L’analyse a également évoqué les seuils techniques à surveiller sur le Nasdaq, qui a battu des records, ainsi que les opportunités offertes par les nouvelles pépites technologiques.
Intel et le Nasdaq : entre redressement et records historiques
L’émission « Tech Stocks » a consacré une partie de son analyse au redressement d’Intel, dont le titre a regagné des points de marché après des années de difficultés concurrentielles face à NVIDIA et AMD. Laurent Daure, analyste chez Kepler Cheuvreux, et David Rainville, responsable stratégie Tech chez Sycomore AM, ont discuté des facteurs sous-jacents à cette reprise : investissements massifs dans les fonderies, partenariats stratégiques avec les géants du cloud, et relance des activités de conception de puces. Par ailleurs, le Nasdaq a atteint des sommets, porté par les géants de la tech américaine, tandis que les modèles d’IA en Chine ont également été passés au crible, révélant des dynamiques locales contrastées.
Confiance des ménages : un plongeon historique en avril
Frederik Ducrozet, en charge de la stratégie macro chez Pictet Wealth Management, a tiré la sonnette d’alarme sur la baisse de la confiance des ménages français, enregistrée en avril comme la plus forte depuis mars 2022, date du début de l’invasion russe en Ukraine. Cette dégradation, mesurée par les enquêtes de conjoncture, s’explique par l’inflation persistante, les incertitudes géopolitiques et les tensions sur le pouvoir d’achat. Ducrozet a également évoqué les conséquences potentielles d’un éventuel abandon de la poursuite de Jerome Powell en justice par l’administration Trump, un scénario qui pourrait peser sur les anticipations de politique monétaire de la Fed. Il a rappelé l’importance du discours de Karen Warsh, membre du Conseil des gouverneurs de la Fed, dans ce contexte.
Biomasse : un nouveau front pour la transition énergétique
Charlotte Virally, directrice d’investissement chez Swen Capital Partners, a défendu le potentiel de la biomasse comme alternative aux énergies fossiles et renouvelables traditionnelles. Dans son intervention, elle a comparé ce secteur à l’éolien ou au solaire, soulignant son rôle clé dans la stratégie de souveraineté énergétique de l’Europe. Virally a expliqué que les molécules renouvelables issues de la biomasse pourraient remplacer progressivement le gaz naturel dans certains usages industriels, réduisant ainsi la dépendance aux importations. « La biomasse offre une solution complémentaire, avec un bilan carbone neutre et une disponibilité locale », a-t-elle souligné. Son analyse a mis en avant des projets concrets en Europe et en Amérique du Nord, portés par des acteurs spécialisés dans les infrastructures vertes.
Impact environnemental de l’IA : le paradoxe de la consommation d’eau
Dans un segment intitulé « La Data Room », BFM Business a révélé un chiffre surprenant : la consommation d’eau douce nécessaire à l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle. Selon les estimations, 50 cl d’eau sont nécessaires pour répondre à une trentaine de questions posées à un modèle IA. Ce constat, partagé par Vincent Chaigneau et Alexandre Attal, illustre l’empreinte environnementale croissante des technologies numériques. Les deux experts ont appelé à une meilleure régulation des data centers et à l’adoption de pratiques plus sobres, notamment via l’optimisation des algorithmes et l’utilisation de sources d’énergie renouvelables pour alimenter les infrastructures.
Cette édition de BFM Bourse a ainsi offert un panorama complet des défis et opportunités qui animent les marchés en ce printemps 2026, entre résilience sectorielle, enjeux géopolitiques et transition écologique. Les investisseurs, les entreprises et les décideurs publics devront désormais composer avec ces dynamiques, dans un contexte marqué par des incertitudes persistantes mais aussi par des innovations prometteuses.
Cette dynamique s’explique principalement par la demande croissante en puces électroniques, liée à l’adoption massive de l’intelligence artificielle, des data centers et des outils cloud. Les analystes soulignent également l’impact des investissements massifs dans les infrastructures technologiques, ainsi que la relocalisation partielle de la production en Occident pour réduire la dépendance à l’Asie.