Un adolescent de 15 ans a trouvé la mort vendredi 17 avril dans un accident survenu lors d’un stage d’observation dans une entreprise de matériaux de construction à Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Selon Franceinfo – Faits divers, le jeune Calvin, élève de seconde dans un lycée professionnel, conduisait un chariot élévateur lorsqu’il a perdu le contrôle de l’engin dans un virage. Le véhicule s’est renversé, écrasant immédiatement le stagiaire. Une information judiciaire pour homicide involontaire dans le cadre du travail a été ouverte jeudi 23 avril, soit six jours après le drame.

Ce qu'il faut retenir

  • Calvin, 15 ans, est décédé le 17 avril 2026 lors d’un stage d’observation à Bagnols-sur-Cèze (Gard).
  • Le drame s’est produit alors qu’il conduisait un chariot élévateur, dont il aurait perdu le contrôle dans un virage.
  • Le directeur de l’entreprise, également son tuteur de stage, était présent sur les lieux au moment de l’accident.
  • Une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte le 23 avril 2026.
  • La mère de Calvin, Stacey Simon, dénonce de « gros manquements » dans la supervision du stage.

Un stage d’observation qui tourne au drame

Calvin, scolarisé en seconde dans un lycée professionnel, effectuait un stage d’observation dans une entreprise spécialisée dans les matériaux de construction à Bagnols-sur-Cèze. Vendredi 17 avril, le jeune garçon conduisait un chariot élévateur, un engin dont il n’avait pas l’habitude de manipuler. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait perdu le contrôle du véhicule dans un virage, provoquant son renversement. Sous le poids de la machine, Calvin a été écrasé et est décédé sur le coup.

Le directeur de l’entreprise, qui assurait le rôle de tuteur de stage, était présent lors de l’accident. Les circonstances exactes de l’événement restent à éclaircir : l’enquête devra notamment déterminer pourquoi un mineur de 15 ans a été autorisé à conduire ce type d’engin, alors que les règles de sécurité prévoient normalement une stricte limitation des tâches confiées aux stagiaires de cet âge.

La mère de Calvin dénonce des « manquements graves »

Stacey Simon, la mère du jeune garçon, s’exprime avec une profonde douleur. « Je n’ai pas de mots. C’est plus que la tristesse », confie-t-elle. Elle décrit son fils comme un enfant « très sérieux », « qui faisait attention à tout » et ne touchait à rien sans en avoir reçu l’autorisation. « Il me disait : *Maman, j’ai trop peur*. Et même, il y a des entreprises qui m’ont dit : *Calvin, il ne touchera pas, si poli, gentil, serviable* », explique-t-elle. Puis elle ajoute, amère : « Si l’adulte ne lui disait pas de faire, il ne le faisait pas. Il y a eu de gros manquements, je pense. »

Ces propos reflètent le choc ressenti par la famille, confrontée à une réalité qu’elle n’imaginait pas lors de l’inscription de Calvin à ce stage. Pour Stacey Simon, les règles de sécurité n’ont pas été respectées, et le drame aurait pu être évité.

Un précédent tragique rappelle les dangers des stages en entreprise

Le cas de Calvin rappelle douloureusement celui d’Axel Darthenay, décédé en 2025 à 16 ans lors d’un stage de seconde, écrasé par une palette dans une entreprise de la Manche. Depuis, son père, Arnaud Darthenay, milite pour une remise en question des stages en milieu professionnel pour les mineurs. « Je pense que là, il faudrait déjà stopper tous les stages. Parce que le problème, c’est qu’on va continuer à envoyer des enfants en stage, sans préparation et sans suivi. Donc, il y aura d’autres drames. C’est inéluctable », alerte-t-il.

Son combat met en lumière l’absence de recensement officiel des accidents impliquant des mineurs en stage. Chaque année, des jeunes meurent ou sont gravement blessés lors d’activités professionnelles encadrées, souvent dans des circonstances similaires : tâches inadaptées à leur âge, manque de supervision, ou absence de formation préalable.

Le ministère de l’Éducation nationale défend le principe des stages

Face à ces drames répétés, le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a tenu à rappeler les règles encadrant les stages d’observation. « Un stage d’observation, c’est un stage d’observation. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de gestes professionnels à faire pour un jeune. Il est là pour observer, découvrir, regarder en quoi consiste un métier. Il ne peut pas avoir à effectuer une tâche de travail dans ce cadre-là », a-t-il précisé.

Pourtant, comme le soulignent les familles des victimes et les associations de prévention, la frontière entre observation et participation active aux tâches professionnelles reste floue. Les entreprises, souvent sous pression, peuvent être tentées de confier des missions concrètes aux stagiaires, parfois trop jeunes pour les réaliser en toute sécurité.

Et maintenant ?

L’information judiciaire ouverte pour « homicide involontaire dans le cadre du travail » devrait permettre de déterminer les responsabilités de l’entreprise et de l’Éducation nationale dans la mort de Calvin. Les conclusions de l’enquête pourraient mener à des sanctions pénales ou administratives, si des manquements aux règles de sécurité sont avérés. Par ailleurs, ce drame relance le débat sur l’encadrement des stages en milieu professionnel pour les mineurs, alors que plusieurs associations réclament un durcissement des contrôles et une meilleure formation des tuteurs. Une réunion interministérielle, prévue d’ici la fin du mois d’avril, pourrait aborder cette question.

En attendant, la famille de Calvin attend des réponses. Stacey Simon, toujours sous le choc, espère que ce drame ne restera pas sans suite : « On ne peut pas continuer comme ça. Il faut que quelque chose change. »

Non. Selon le Code du travail, les mineurs ne sont pas autorisés à manipuler des engins de levage comme les chariots élévateurs. Seuls les salariés formés et âgés de plus de 18 ans peuvent conduire ce type de matériel. Les stages d’observation doivent se limiter à une découverte passive des métiers, sans participation aux tâches à risque.