Un média local bisontin, Le Ch’ni Info, dénonce avoir été « blacklisté » par les Écologistes du Doubs après avoir publié une enquête sur des accusations de violences sexistes et sexuelles impliquant un membre du parti. L’article, paru le 22 mai 2026, mettait en cause un homme figurant sur la liste municipale menée par Anne Vignot, ancienne maire écologiste de Besançon, et accusé par son ex-compagne de violences physiques et sexuelles alors qu’ils militaient ensemble. Selon Reporterre, cette affaire a provoqué une réaction immédiate des responsables écologistes locaux.
Ce qu'il faut retenir
- Le média indépendant Le Ch’ni Info affirme avoir été « blacklisté » par les Écologistes du Doubs après la publication d’une enquête sur des violences sexistes.
- L’enquête, diffusée le 22 mai 2026, concernait un militant écologiste accusé de violences par son ex-compagne, alors qu’il figurait sur la liste municipale d’Anne Vignot.
- Les Écologistes bisontins auraient décidé de ne plus accorder d’interviews au média, selon ses responsables.
Une enquête qui dérange
Le 22 mai dernier, Le Ch’ni Info publiait un article détaillé sur un militant écologiste de Besançon, mis en cause par son ex-compagne pour des faits de violences physiques et sexuelles survenus alors qu’ils militaient ensemble au sein du parti. L’homme en question figurait également sur la liste municipale conduite par Anne Vignot, figure historique des Verts dans la ville, pour les élections de 2026. L’enquête du média local a révélé des témoignages et des éléments permettant d’étayer les accusations portées par l’ex-compagne.
Selon les responsables du média, la publication de cet article aurait déclenché une réaction disproportionnée de la part des dirigeants écologistes locaux. « Nous avons été surpris par la rapidité et la fermeté de leur réponse », a indiqué l’un des rédacteurs de Le Ch’ni Info, qui préfère conserver l’anonymat. Le média évoque un « blacklistage » systématique, empêchant désormais tout accès aux responsables du parti pour des interviews ou des déclarations.
Les Écologistes réagissent
Contactée par Reporterre, Anne Vignot a confirmé que l’homme en question n’occuperait plus aucune fonction officielle au sein de la liste municipale écologiste. « Dès que nous avons eu connaissance des accusations, nous avons pris les mesures nécessaires, a-t-elle déclaré. Cet homme n’a plus sa place dans notre équipe, et nous ne cautionnons en aucun cas les actes qui lui sont reprochés. »
Cependant, les responsables de Le Ch’ni Info estiment que la décision de les blacklister dépasse le cadre strict de cette affaire. « On nous reproche d’avoir publié une information d’intérêt public, a souligné un membre de la rédaction. C’est une atteinte à la liberté de la presse, et cela pose question sur la transparence des Écologistes dans leur gestion des affaires internes. »
Un précédent dans le paysage médiatique local
Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres cas où des partis politiques ont tenté d’influencer la couverture médiatique locale. À Besançon, Le Ch’ni Info est reconnu pour son indépendance et son engagement en faveur du journalisme d’investigation. Pourtant, son enquête sur les violences sexistes au sein des Écologistes semble avoir heurté des sensibilités au sein du parti. « Ce n’est pas la première fois qu’un média indépendant dérange, a rappelé un observateur politique local. Mais c’est l’une des rares fois où la réponse est venue aussi rapidement, et sous la forme d’une exclusion pure et simple. »
Pour l’heure, ni les Écologistes du Doubs ni Anne Vignot n’ont officiellement commenté la décision de blacklister Le Ch’ni Info. La pression monte cependant sur le parti, déjà fragilisé par plusieurs affaires internes ces derniers mois.
Cette situation rappelle, une fois encore, les tensions persistantes entre les partis politiques et les médias indépendants, surtout lorsque des sujets sensibles sont en jeu. Autant dire que le débat sur l’éthique et la transparence au sein des formations politiques n’est pas près de s’éteindre.
Le média a indiqué qu’il continuerait à couvrir l’actualité locale et à publier des enquêtes, y compris sur les partis politiques. Ses responsables n’excluent pas de saisir le Conseil de déontologie du journalisme si la situation ne s’améliore pas. Une réunion publique est prévue le 3 juin 2026 à Besançon pour aborder cette question.