Selon BFM Business, Cuba subit de plein fouet les conséquences d’un blocus pétrolier américain renforcé, aggravant une situation économique déjà fragile. Ce durcissement des sanctions, survenu dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, menace directement l’approvisionnement en carburant du pays insulaire.

Ce qu’il faut retenir

  • Cuba subit un blocus pétrolier américain qui limite drastiquement ses importations de carburant.
  • Les petites et moyennes entreprises (PME) cubaines expriment leur inquiétude maximale face à cette crise.
  • Marco Rubio, figure influente de la politique américaine, joue un rôle central dans le maintien de ces sanctions.
  • Les ventes de voitures électriques, bien que en hausse, ne compensent pas le déficit énergétique global.

Un blocus pétrolier qui asphyxie l’économie cubaine

Le blocus pétrolier imposé par les États-Unis à Cuba prend une nouvelle dimension depuis plusieurs mois, comme le rapporte BFM Business. Les restrictions sur les importations de pétrole, combinées à une baisse des livraisons en provenance de partenaires traditionnels tels que le Venezuela, plongent l’île dans une crise énergétique sans précédent. Les raffineries locales, déjà sous-équipées, peinent à répondre aux besoins minimaux de la population et des entreprises.

Les conséquences se font sentir dans tous les secteurs. Les coupures d’électricité, plus fréquentes, perturbent les services publics, les hôpitaux et les industries. Les transports en commun, déjà précaires, deviennent encore plus aléatoires, affectant la mobilité des Cubains. Autant dire que la situation rappelle les pires moments de la « période spéciale » des années 1990, après l’effondrement de l’URSS.

Les PME cubaines en première ligne face à la pénurie

Les petites et moyennes entreprises (PME) de l’île sont les premières victimes de cette crise. Selon BFM Business, elles font face à des difficultés majeures pour se procurer du carburant, essentiel à leur fonctionnement. Les livraisons de gazole et d’essence, déjà rares, sont rationnées, forçant certaines structures à réduire leur activité ou à fermer temporairement. Les secteurs du tourisme, de la logistique et de l’agriculture sont particulièrement touchés.

« Nous n’avons plus les moyens de faire fonctionner nos générateurs. Sans électricité, nos machines restent à l’arrêt », a déclaré un entrepreneur local sous couvert d’anonymat. Les appels à l’aide des PME se multiplient, mais les solutions tardent à arriver. Les autorités cubaines tentent de compenser en relançant certaines productions locales, mais les résultats restent limités.

Marco Rubio, architecte d’un blocus renforcé

Parmi les acteurs clés de ce durcissement des sanctions figure Marco Rubio, sénateur républicain de Floride et figure de proue de la ligne dure contre Cuba. Selon BFM Business, Rubio pousse depuis des années pour un renforcement du blocus, qu’il présente comme une mesure nécessaire pour faire plier le régime cubain. Ses interventions au Congrès et ses prises de parole publiques ont contribué à maintenir une pression constante sur l’administration américaine pour qu’elle durcisse ses sanctions.

« Le régime castriste ne changera pas sans une pression maximale », a affirmé Rubio lors d’une audition en mars 2026. Ses détracteurs, en revanche, soulignent que ce blocus pénalise avant tout la population cubaine, et non le gouvernement. Les critiques pointent également le fait que ce type de sanctions unilatérales est souvent contourné par des pays tiers, limitant leur efficacité réelle.

Les voitures électriques, une lueur d’espoir limitée

Face à cette crise, Cuba mise partiellement sur les véhicules électriques pour réduire sa dépendance au pétrole. Les ventes de voitures électriques sont en hausse, comme le relève BFM Business, avec une progression de 35 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Le gouvernement a mis en place des incitations fiscales pour encourager l’achat de ces véhicules, et des bornes de recharge sont progressivement installées dans les grandes villes.

Cependant, cette transition reste insuffisante. Le parc automobile cubain reste majoritairement composé de véhicules thermiques, souvent vétustes, et les infrastructures de recharge sont encore trop rares pour permettre une adoption massive. Par ailleurs, la production locale d’électricité, toujours dépendante des centrales thermiques, limite l’impact réel de cette solution. Bref, les voitures électriques ne suffiront pas à résoudre la crise énergétique à court terme.

Et maintenant ?

La situation à Cuba devrait rester tendue dans les mois à venir, à moins d’un assouplissement des sanctions américaines ou d’une augmentation des livraisons de pétrole par d’autres partenaires. Les prochaines élections législatives cubaines, prévues pour novembre 2026, pourraient aussi influencer les orientations économiques du pays. Dans l’immédiat, les autorités cubaines misent sur des mesures d’urgence, comme l’importation de carburant via des canaux alternatifs ou le développement accéléré des énergies renouvelables.

Pour l’heure, la population et les entreprises cubaines doivent composer avec une crise qui s’aggrave. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le pays parviendra à éviter un effondrement énergétique total.

Selon BFM Business, les États-Unis justifient ce blocus par la volonté de faire pression sur le régime cubain, qu’ils accusent de violations des droits de l’homme et de soutien à des régimes autoritaires en Amérique latine. Marco Rubio, notamment, défend cette ligne en arguant que seule une pression maximale pourrait amener le gouvernement cubain à réformer son système politique.