Selon BFM Business, Pascal Houdayer, directeur général du laboratoire homéopathique Boiron, était l’invité de Good Morning Business ce lundi 27 avril 2026. Il a détaillé la reprise de croissance de l’entreprise, rendue possible par un repositionnement stratégique à l’international après plusieurs années de difficultés financières. Une période compliquée que le groupe a su surmonter en recentrant ses activités sur des marchés porteurs, notamment en Europe et en Amérique latine.
Ce qu'il faut retenir
- Pascal Houdayer, DG de Boiron, a confirmé en direct sur BFM Business la reprise de la croissance du groupe, après un exercice difficile.
- La stratégie internationale a joué un rôle clé dans ce rebond, avec un ciblage renforcé sur certains marchés étrangers.
- Le repositionnement stratégique a permis de compenser les pertes subies sur le marché français, historiquement le plus important pour Boiron.
- L’intervention de Houdayer s’est déroulée dans le cadre de l’émission Good Morning Business, diffusée chaque jour de la semaine sur BFM Business.
Une reprise de croissance portée par l’international
Lors de son passage dans l’émission Good Morning Business, Pascal Houdayer a expliqué que la reprise de Boiron reposait sur une stratégie claire : moins dépendre du marché français, historiquement saturé et confronté à une baisse de la demande en homéopathie, et miser sur des zones géographiques où la médecine alternative conserve une forte attractivité. « Nous avons recentré nos efforts sur des marchés où notre offre est mieux positionnée », a-t-il déclaré. Selon lui, cette réorientation a permis de retrouver des marges plus saines et une dynamique de croissance positive.
Le DG a également souligné que la crise sanitaire avait accéléré certains changements dans les habitudes de consommation, notamment en Europe, où la demande pour les produits naturels et les thérapies alternatives a augmenté. « Cette tendance nous a aidés à accélérer notre transition », a-t-il ajouté. Boiron, qui reste un acteur historique de l’homéopathie, a ainsi diversifié son portefeuille de produits pour inclure des compléments alimentaires et des solutions bien-être, élargissant son positionnement au-delà du strict cadre homéopathique.
Boiron face à la baisse de la demande en homéopathie
Le secteur de l’homéopathie traverse une période de remise en question en France, avec une baisse de la confiance des consommateurs et des remboursements réduits par l’Assurance maladie. Boiron, leader mondial du secteur, n’a pas échappé à cette tendance. En 2024 et 2025, le groupe avait enregistré des résultats en berne, avec des pertes nettes et une chute de son chiffre d’affaires sur le marché domestique. La stratégie internationale, évoquée par Houdayer, vise précisément à compenser ces reculs. « Nous avons dû adapter notre modèle économique pour ne plus dépendre uniquement de la France », a-t-il précisé.
L’Allemagne, l’Italie et plusieurs pays d’Amérique latine restent des marchés où l’homéopathie conserve une place significative dans les pratiques médicales. Boiron y développe des partenariats avec des distributeurs locaux et adapte ses gammes aux réglementations en vigueur. Cette approche a permis de limiter l’impact de la baisse en France, où la part de marché de l’homéopathie continue de reculer sous la pression des autorités sanitaires.
Un modèle économique en mutation
Pour diversifier ses revenus, Boiron a accéléré le développement de ses activités dans le bien-être et la nutrition. Le groupe mise notamment sur des produits à base de plantes, des compléments alimentaires et des solutions pour le stress ou le sommeil, des segments en forte croissance. « Nous ne sommes plus seulement un laboratoire homéopathique, mais une entreprise de santé naturelle », a affirmé Houdayer. Cette stratégie s’accompagne d’investissements dans la recherche et développement, avec une volonté de se positionner sur des niches porteuses, comme les produits pour la santé féminine ou les solutions pour le sport.
Le DG a également évoqué les défis liés à la concurrence accrue dans le secteur des médecines alternatives, où de nouveaux acteurs émergent, notamment dans le digital. Boiron, qui reste un groupe traditionnel, tente de concilier son héritage avec les attentes d’une clientèle de plus en plus connectée. « Nous devons moderniser notre approche tout en conservant la confiance des consommateurs », a-t-il résumé.
Interrogé sur les perspectives pour 2027, Pascal Houdayer s’est montré prudent, évoquant « des signaux encourageants, mais un environnement encore incertain ». Le groupe devra aussi composer avec les évolutions réglementaires, notamment en France, où le débat sur le remboursement des produits homéopathiques n’est pas clos. Pour l’heure, Boiron mise sur sa capacité à innover et à s’adapter pour conserver sa place de leader dans un secteur en pleine mutation.
Selon Pascal Houdayer, l’Allemagne, l’Italie et plusieurs pays d’Amérique latine, comme le Brésil et le Mexique, sont les principaux moteurs de la croissance internationale de Boiron. Ces marchés restent réceptifs à l’homéopathie et aux produits de santé naturelle, contrairement à la France où la demande recule.