Un procès devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine a été requis contre le tueur en série Francis Heaulme pour le meurtre de Jean-Joseph Clément, commis en août 1989 dans le Vaucluse. Selon Franceinfo – Faits divers, cette décision intervient après des années de procédures, marquée par un non-lieu initial, puis la réouverture de l’enquête grâce à de nouvelles charges.
Ce qu'il faut retenir
- Jean-Joseph Clément, 59 ans, réparateur en machines agricoles, a été retrouvé mort le 8 août 1989 à Bédarrides (Vaucluse), le visage ensanglanté.
- Francis Heaulme, déjà condamné à perpétuité pour onze meurtres, avait été soupçonné dès 1992, avant de se rétracter et de bénéficier d’un non-lieu en 2002.
- Le dossier, rouvert en 2023 pour « charges nouvelles », a été transmis en avril 2024 au pôle national des « cold cases » de Nanterre.
- Heaulme a été extrait de prison en février 2025 pour être interrogé, puis hospitalisé en avril 2026 pour raisons médicales.
- Un procès a été requis devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine, mais la décision finale revient à la juge d’instruction.
Un meurtre non élucidé pendant plus de trente ans
Le 8 août 1989, Jean-Joseph Clément, réparateur en machines agricoles, est retrouvé sans vie à Bédarrides, dans le Vaucluse, près d’Avignon. Âgé de 59 ans, il est découvert le visage ensanglanté, sans que les circonstances exactes de sa mort ne soient immédiatement établies. L’affaire, classée sans suite dans un premier temps, prend un tournant en 1992 lorsque Francis Heaulme, déjà connu pour des faits de grande criminalité, est identifié comme suspect.
Heaulme, qui purge aujourd’hui une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour onze meurtres commis entre 1984 et 1992, avait alors reconnu les faits avant de se rétracter. Un non-lieu lui est accordé en 2002, mettant fin à toute poursuite dans cette affaire. Pourtant, le dossier ne sera définitivement clos qu’en 2023, lorsque de nouvelles charges permettent la réouverture de l’instruction.
La réouverture du dossier et les nouvelles charges
Vingt-et-un ans après le non-lieu, la justice rouvre l’enquête en raison de « charges nouvelles ». Le pôle « cold cases » de Nanterre, spécialisé dans les affaires criminelles non élucidées, se saisit du dossier. En avril 2024, l’affaire est officiellement transmise au pôle national des crimes sériels ou non résolus, basé à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Francis Heaulme, incarcéré à la maison d’arrêt d’Ensisheim (Haut-Rhin), est extrait de sa cellule en février 2025 pour être entendu dans le cadre de cette nouvelle instruction. Son état de santé donne lieu à des interrogations : en avril 2026, il est hospitalisé à Nancy, dans l’unité d’hospitalisation sécurisée interrégionale du Grand Est, qui accueille des détenus nécessitant des soins sous haute surveillance. Le parquet de Nanterre n’a pas communiqué d’informations supplémentaires sur son état.
Les réactions de la famille et des avocats
Christine Clément, fille de la victime, se dit « inquiète » quant à l’état de santé de Francis Heaulme, mais reste déterminée à obtenir justice pour son père. « Ça va dans le bon sens », a-t-elle déclaré à Franceinfo. « C’est une avancée dans son long combat pour obtenir justice. Les charges impliquant Francis Heaulme sont lourdes et concordantes », a précisé son avocat, Didier Seban. Ce dernier souligne l’importance des éléments à charge, qui pourraient permettre un procès.
Du côté de la défense, l’avocate de Francis Heaulme, Liliane Glock, n’a pas réagi immédiatement au réquisitoire définitif du parquet, selon l’AFP. La décision de renvoyer ou non le tueur en série devant les assises revient désormais à la juge d’instruction en charge du dossier, après examen des observations des parties.
« Les charges impliquant Francis Heaulme sont lourdes et concordantes. »
— Didier Seban, avocat de la famille Clément
Reste à savoir si les éléments réunis par l’accusation seront suffisants pour convaincre les jurés, dans un dossier où les aveux initiaux de Heaulme avaient été suivis d’une rétractation. La justice, qui a déjà rouvert ce « cold case » une première fois, semble déterminée à aller jusqu’au bout.
Francis Heaulme avait été mis en cause en 1992 pour le meurtre de Jean-Joseph Clément. Il avait alors reconnu les faits avant de se rétracter quelques mois plus tard. L’enquête n’ayant pas permis de réunir suffisamment de preuves matérielles ou testimoniales, un non-lieu lui avait été accordé en 2002, mettant fin aux poursuites.
Le parquet du pôle « cold cases » de Nanterre n’a pas détaillé publiquement les éléments ayant conduit à la réouverture du dossier. Toutefois, dans ce type d’affaires, ces charges peuvent inclure de nouveaux témoignages, des expertises complémentaires ou des recoupements avec d’autres enquêtes en cours.