Depuis plusieurs années, les bonbons sans sucre séduisent les consommateurs en quête de friandises moins caloriques. Mais ces produits, souvent présentés comme une solution miracle pour réduire sa consommation de sucre, cachent-ils des inconvénients ? Franceinfo - Santé s’est penché sur la question, révélant les secrets de fabrication, les avantages et les précautions d’usage de ces confiseries alternatives.
Ce qu'il faut retenir
- Les bonbons sans sucre séduisent par leur goût proche des versions classiques, mais leur composition varie selon les marques.
- Depuis 2021, certaines usines en France se spécialisent dans leur production, comme celle de l’entreprise « Rebelle », qui a remplacé le maltitol par des fibres de fruits.
- Les édulcorants comme le maltitol ou le sucralose peuvent avoir des effets indésirables en cas de consommation excessive, notamment des troubles digestifs.
- Le prix des bonbons sans sucre, environ 35 euros au kilo, reste similaire à celui des confiseries traditionnelles.
- Les nutritionnistes recommandent une consommation modérée, qu’il s’agisse de bonbons avec ou sans sucre.
Des friandises qui ressemblent à s’y méprendre aux classiques
Avec leurs couleurs vives et leurs formes familières – oursons, crocodiles ou bonbons au cola –, les bonbons sans sucre imitent à la perfection leurs homologues sucrés. Leur principal atout ? Une promesse alléchante : le plaisir du bonbon, sans les calories ni la culpabilité. Céline Dirani, fondatrice de la marque « Rebelle », explique que cette alternative s’adresse aussi bien aux personnes diabétiques qu’à celles souhaitant limiter leur apport en sucre. « On se rend compte que dans toutes les villes où on est implanté, il y a une demande de sans sucre tout simplement pour de la consommation régulière », précise-t-elle.
Chez « Q&K Confiserie », Lauren Tait, cofondatrice et gérante, confirme cette tendance. Dans son magasin, une gamme de huit bonbons sans sucre rencontre un succès croissant. « Ici, c’est principalement de la gomme tendre sans sucre, comme de la cerise, de la poire ou du cola. Il y a aussi des bonbons emballés, comme du caramel ou de la réglisse », détaille-t-elle. Ces produits, vendus environ 35 euros le kilo, sont commercialisés au même prix que les confiseries classiques.
Un goût bluffant, mais des ingrédients parfois trompeurs
Pour tester l’efficacité de ces bonbons, Franceinfo - Santé a organisé une dégustation à l’aveugle. Résultat : les participants ont souvent été surpris par la saveur intense des versions sans sucre. « Le goût est peut-être un peu plus marqué au niveau du cola », note une riveraine. Un jeune homme ajoute : « Je trouve qu’il a plus de goût, celui-là. Il est un peu plus fort. » Une autre testeur reconnaît : « Le goût est différent, ça fait moins chimique. » Ces retours soulignent l’évolution des recettes, désormais plus naturelles que par le passé.
Pourtant, derrière cette apparente simplicité se cachent des ingrédients moins anodins. Dans certains bonbons, les édulcorants comme le maltitol ou le sucralose remplacent le sucre. Laurent Dufait, nutritionniste, met en garde : « Les polyols, comme le maltitol, peuvent avoir un effet laxatif si consommés en excès. Et le piège, c’est de se dire que, comme c’est sans sucre, on peut en manger plus. Pourtant, ces produits ne sont pas anodins pour la santé. »
Une recette en constante évolution
L’histoire des bonbons sans sucre est marquée par des ajustements réguliers. En 2021, l’entreprise « Rebelle » a lancé une première formule à base de maltitol, un édulcorant connu pour ses effets secondaires digestifs en cas de surconsommation. « On a changé de recette il y a quelques mois, après plus d’un an de recherche », explique Céline Dirani. « On a réduit au maximum les édulcorants et remplacé le maltitol par des fibres de fruits, ce qui sucrent plus naturellement le bonbon. » Cette innovation répond à une attente croissante des consommateurs pour des produits plus sains.
Pourtant, toutes les marques n’ont pas encore adopté cette approche. Certaines continuent d’utiliser des édulcorants artificiels, dont les effets à long terme sur la santé restent débattus. Le débat porte notamment sur les risques liés à une consommation excessive de sucralose ou d’aspartame, bien que ces substances soient autorisées par les autorités sanitaires.
Les consommateurs, entre enthousiasme et méfiance
Si certains consommateurs, comme Claire Bonnerue, y voient une solution pour équilibrer leur alimentation, d’autres restent sceptiques. « Je me dis que c’est peut-être moins calorique, mais qu’est-ce qu’il y a à la place ? » s’interroge une passante. Un autre consommateur, interrogé par Franceinfo - Santé, avoue : « Après, je serais peut-être aussi à me dire que je peux en manger plus parce que c’est sans sucre. » Ce raisonnement illustre le principal écueil des bonbons sans sucre : leur capacité à berner le cerveau en supprimant la culpabilité, sans pour autant limiter la quantité consommée.
Les nutritionnistes rappellent que, quel que soit le produit, la modération reste de mise. « Les bonbons, qu’ils soient avec ou sans sucre, doivent s’intégrer dans une alimentation équilibrée », souligne Laurent Dufait. « L’important est de ne pas remplacer une addiction par une autre. »
En conclusion, les bonbons sans sucre représentent une alternative intéressante pour réduire sa consommation de sucre, à condition de bien choisir ses produits et de ne pas en abuser. Leur succès reflète une tendance de fond vers une alimentation plus saine, même si le chemin vers des recettes 100 % naturelles et sans risque reste encore long.
Oui, les bonbons sans sucre contiennent généralement moins de calories que leurs équivalents sucrés, car les édulcorants artificiels apportent peu ou pas de calories. Cependant, certains édulcorants comme le maltitol peuvent avoir un léger effet calorique et des effets secondaires digestifs en cas de consommation excessive.
Les nutritionnistes recommandent une consommation modérée, même pour les bonbons sans sucre. Les édulcorants comme le maltitol ou le sucralose peuvent provoquer des troubles digestifs s’ils sont ingérés en grande quantité. Il est donc préférable de limiter leur consommation à quelques portions par semaine.