Le festival Oh les beaux jours !, qui se tiendra du 12 au 14 juin 2026 à Marseille, se retrouve au cœur d’une polémique après l’appel au boycott lancé contre la venue de l’auteur de bande dessinée Joann Sfar. Selon Le Monde, cette initiative émane du collectif Culture en lutte 13, qui lui reproche d’être un « relais médiatique » de la politique israélienne. Une accusation qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour des questions géopolitiques et de leur représentation culturelle.
Ce qu'il faut retenir
- Un collectif marseillais, Culture en lutte 13, appelle au boycott de Joann Sfar lors du festival Oh les beaux jours !, prévu du 12 au 14 juin 2026 à Marseille.
- Le collectif accuse l’auteur de BD d’être un « relais médiatique » de la politique israélienne, sans apporter de preuves tangibles.
- Le festival, dédié aux arts de la parole et aux spectacles vivants, se retrouve ainsi pris dans une controverse politique.
- Joann Sfar, figure reconnue de la bande dessinée française, n’a pas encore réagi publiquement à cette accusation.
- Cette initiative s’ajoute à une série de débats récurrents sur l’engagement des artistes et leur neutralité supposée.
Un festival culturel sous le feu des polémiques
Oh les beaux jours !, créé en 2019, est un festival annuel qui met à l’honneur les arts de la parole, le théâtre et les performances littéraires. L’édition 2026, prévue du 12 au 14 juin dans plusieurs lieux de Marseille, devait accueillir Joann Sfar pour une rencontre ou une lecture. Mais la présence de l’auteur, déjà controversée pour ses prises de position passées sur le conflit israélo-palestinien, a déclenché une mobilisation militante. Culture en lutte 13, collectif actif dans la région, a été à l’origine de l’appel au boycott, estimant que Sfar « contribue à normaliser une vision biaisée du conflit ».
Des accusations sans preuve formelle, mais un contexte tendu
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Culture en lutte 13 affirme que Joann Sfar « relaie une propagande » en faveur de la politique israélienne, sans préciser de quelles déclarations ou œuvres il s’agirait. L’auteur, connu pour ses prises de position nuancées sur le conflit, a notamment évoqué à plusieurs reprises la nécessité d’un dialogue entre les parties, ce qui lui a valu des critiques des deux bords. Le Monde souligne que ces accusations s’inscrivent dans un climat où les artistes sont de plus en plus sommés de prendre position publiquement sur des sujets géopolitiques.
Quelles conséquences pour le festival et pour Sfar ?
Pour l’heure, Oh les beaux jours ! n’a pas annoncé de changement dans son programme. La direction du festival, contactée par Le Monde, n’a pas souhaité s’exprimer avant une réunion prévue la semaine prochaine. Côté Joann Sfar, aucune réaction officielle n’a été enregistrée, bien que plusieurs de ses proches aient indiqué qu’il « ne céderait pas à la pression ». Autant dire que la polémique pourrait bien s’amplifier d’ici l’ouverture du festival, d’autant que d’autres collectifs pourraient rejoindre l’appel au boycott.
Cette polémique rappelle celle qui avait touché en 2023 l’écrivain Mathias Énard lors d’un autre festival littéraire, où sa présence avait suscité des contestations similaires. Autant dire que la question de l’engagement des artistes et de leur réception par le public reste un sujet brûlant, surtout lorsqu’il croise des enjeux géopolitiques.
L’appel au boycott est porté par le collectif Culture en lutte 13, un groupe militant basé à Marseille qui dénonce, entre autres, les représentations culturelles perçues comme partiales dans le conflit israélo-palestinien. Ce collectif s’est fait connaître par des actions ciblées lors d’événements artistiques ou universitaires.
La direction du festival doit se réunir dans les prochains jours pour décider du maintien ou non de Joann Sfar dans le programme. Une annonce officielle est attendue avant le 5 juin 2026, date limite pour toute modification de dernière minute avant l’ouverture prévue le 12 juin.