Le géant pétrolier britannique BP a procédé ce mardi à l’éviction immédiate de son président, Albert Manifold, à la suite de graves manquements en matière de gouvernance et de conduite jugés incompatibles avec les standards du groupe. Cette décision, adoptée à l’unanimité par le conseil d’administration, intervient moins d’un an après la nomination de Manifold, et provoque un repli de 9,3% du cours de l’action BP à la Bourse de Londres en milieu de journée.
Selon BFM Business, qui révèle cette information, le conseil a justifié cette mesure exceptionnelle par l’existence de « problèmes graves de gouvernance, de supervision et de conduite », sans pour autant préciser la nature exacte des faits reprochés. Le communiqué diffusé par BP souligne que ces manquements ont été jugés « inacceptables » par les administrateurs, qui se sont déclarés « surpris et déçus » par leur découverte.
Ce qu'il faut retenir
- Le conseil d’administration de BP a voté à l’unanimité la révocation immédiate d’Albert Manifold en tant que président et administrateur, pour des raisons liées à la gouvernance et à la conduite.
- Albert Manifold avait été nommé à ce poste en juillet 2025, soit moins d’un an avant son éviction.
- L’action BP a chuté de 9,3% à la Bourse de Londres peu après l’annonce, vers 13h30.
- Ian Tyler a été nommé président par intérim pour assurer la continuité de la gouvernance du groupe.
- BP précise qu’un processus de succession sera lancé pour désigner un président permanent dans les semaines à venir.
Une révocation pour des manquements jugés « inacceptables »
Dans un communiqué publié ce mardi, le conseil d’administration de BP explique avoir pris cette décision après avoir eu connaissance de « graves préoccupations » concernant des questions de gouvernance et de supervision. Bien que le communiqué ne détaille pas les manquements précis, il est précisé que ces problèmes ont été jugés « incompatibles avec les standards du groupe ».
L’administratrice indépendante principale, Amanda Blanc, a commenté cette décision en ces termes : «
Le conseil d’administration a été surpris et déçu d’apprendre l’existence de problèmes de gouvernance et de conduite qu’il juge inacceptables et a pris des mesures décisives.» Cette formulation met en lumière l’émotion ressentie au sein de l’instance dirigeante, bien que le ton reste mesuré.
Un impact immédiat sur le cours de l’action
La nouvelle de l’éviction d’Albert Manifold a provoqué une réaction immédiate sur les marchés. À 13h30, l’action BP affichait une baisse de 9,3% à la Bourse de Londres, effaçant une partie des gains accumulés ces dernières semaines. Cette chute reflète la perte de confiance des investisseurs, qui réagissent à la fois à l’instabilité managériale et à l’incertitude entourant les causes exactes de cette révocation.
Le groupe a cependant tenu à rassurer les marchés en confirmant que la stratégie définie par l’équipe dirigeante restait « pleinement pertinente ». Ian Tyler, le nouveau président par intérim, a déclaré : «
Le conseil d’administration et l’équipe dirigeante sont pleinement convaincus de la pertinence de la stratégie définie, et l’entreprise met tout en œuvre pour la concrétiser.»
Un nouveau président par intérim pour assurer la transition
Pour assurer la continuité de la gouvernance, le conseil d’administration a nommé Ian Tyler à la tête du groupe en tant que président par intérim, avec effet immédiat. Ce dernier a tenté de minimiser l’impact de cette crise en insistant sur les performances opérationnelles et financières de BP. Il a souligné que le groupe « poursuit sa trajectoire de création de valeur pour les actionnaires », tout en rappelant que les résultats concrets restaient au rendez-vous.
Tyler a également évoqué la stabilité de la stratégie du groupe, précisant que celle-ci n’était pas remise en cause par cette décision. Le groupe a par ailleurs annoncé le lancement d’un processus de succession pour désigner un président permanent dans les semaines à venir, sans pour autant communiquer de calendrier précis.
En attendant, BP reste sous surveillance accrue, avec une attention particulière portée sur la gouvernance et la transparence des décisions prises par son conseil d’administration.
BP a évincé Albert Manifold pour des « problèmes graves de gouvernance, de supervision et de conduite » jugés incompatibles avec les standards du groupe. Le conseil d’administration a qualifié ces manquements d’« inacceptables » sans en préciser la nature exacte.