La direction de BP a annoncé, mardi 27 mai 2026, le licenciement immédiat de son président, mettant fin à un conflit ouvert avec la directrice générale de l’entreprise. Cette décision intervient dans un contexte de renforcement de la stratégie pro-hydrocarbures adoptée par le géant pétrolier britannique en 2025, selon une analyse publiée par Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Licenciement immédiat du président de BP pour désaccord stratégique avec la directrice générale.
- 2025 marque un tournant pour BP, avec une orientation claire en faveur des hydrocarbures.
- Conflit interne révélé au grand jour après des tensions prolongées entre la direction et la direction générale.
- Analyse du Monde soulignant l’abandon progressif des engagements climatiques de BP.
Le limogeage du président de BP, annoncé sans préavis, s’inscrit dans une logique de rupture avec les orientations passées de l’entreprise. Selon des sources internes, les divergences portaient sur la priorité à donner aux investissements dans les énergies fossiles au détriment des projets de transition énergétique. La directrice générale, Bernard Looney — en poste depuis 2020 — aurait imposé une feuille de route axée sur l’extraction et la commercialisation d’hydrocarbures, malgré les engagements climatiques historiques de BP.
Cette affaire éclaire d’un jour nouveau la stratégie globale du groupe. Dès 2025, BP avait fait le choix de réduire ses budgets dédiés aux énergies renouvelables pour se concentrer sur l’optimisation de ses actifs pétroliers et gaziers. « Ce virage antitransition climatique est désormais acté », a souligné Eric Albert, chroniqueur au service Économie du Monde, dans son analyse publiée ce jour. Le groupe a ainsi recentré ses activités sur l’exploitation de ses gisements existants, notamment en mer du Nord et aux États-Unis, au mépris des objectifs de neutralité carbone fixés par l’Accord de Paris.
Les conséquences de cette décision pourraient s’étendre bien au-delà des murs de BP. Le secteur pétrolier, déjà sous pression pour son impact environnemental, voit son image se dégrader davantage. Les investisseurs ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) pourraient accélérer leur retrait des actifs liés aux énergies fossiles, tandis que les régulateurs pourraient durcir les contraintes sur les majors du secteur. En Europe, où les normes environnementales sont parmi les plus strictes au monde, BP risque de se retrouver en porte-à-faux avec les législations en vigueur.
Cette affaire rappelle que les tensions internes peuvent parfois refléter des fractures plus larges au sein des grandes entreprises. BP, autrefois perçue comme un leader de la transition énergétique, semble désormais alignée sur les stratégies des autres majors du pétrole. Reste à voir si cette inflexion stratégique portera ses fruits à moyen terme, alors que le monde accélère sa transition vers les énergies décarbonées.
Selon les informations publiées par Le Monde, le président de BP était critiqué pour son opposition à la stratégie pro-hydrocarbures imposée par la directrice générale, Bernard Looney. Ses détracteurs au sein du conseil d’administration lui reprochaient notamment de freiner les investissements dans les énergies fossiles et de privilégier des projets de transition climatique jugés trop coûteux.