Avec l’arrivée des beaux jours, les spécialistes de la peau en Europe multiplient les mises en garde contre les dangers du bronzage, y compris lorsque l’on utilise une crème solaire à indice élevé. Selon Top Santé, dermatologues et oncologues rappellent que le bronzage n’est jamais anodin, même avec un SPF 50.
Ce qu'il faut retenir
- Le bronzage, même avec une crème solaire à haut indice, n’est pas sans risque selon les dermatologues et oncologues européens.
- Les professionnels de santé dénoncent un dangereux sentiment de sécurité qui modifie les comportements face au soleil.
- Les cancers cutanés, dont le mélanome, restent en hausse en Europe, notamment chez les jeunes adultes.
- L’Organisation mondiale de la santé classe les cabines de bronzage UV dans les produits cancérigènes avérés.
Alors que l’été s’installe, les campagnes de prévention sur les risques liés à l’exposition solaire se multiplient. Mais selon les experts, une idée reçue persiste : le bronzage serait inoffensif à condition d’appliquer une protection solaire. « Bronzer n’est jamais anodin, même sous SPF 50 », rappelle le Dr Sophie Seité, dermatologue et membre de la Société française de dermatologie. Elle souligne que la crème solaire ne bloque pas tous les rayons ultraviolets, qui restent responsables du vieillissement cutané et du développement de cancers de la peau.
Cette position est partagée par de nombreux confrères en Europe. En 2025, l’European Academy of Dermatology and Venereology a publié une étude mettant en évidence une hausse de 30 % des cas de mélanome chez les 18-35 ans en dix ans. Les chercheurs attribuent cette progression, en partie, à l’usage répété de crèmes solaires sans modification des habitudes d’exposition. « Les gens pensent qu’en appliquant de la crème, ils peuvent s’exposer plus longtemps », explique le Dr Thierry Passeron, oncologue à l’hôpital de Nice. « C’est une erreur. La crème réduit les risques, mais ne les élimine pas. »
Les dermatologues insistent aussi sur l’illusion de la « protection totale ». Une étude récente, citée par Top Santé, révèle que près de 40 % des utilisateurs de crème solaire à SPF 50+ appliquent une quantité insuffisante, soit environ 2 mg par cm² au lieu des 2 mg recommandés. Résultat : l’indice de protection chute mécaniquement. « Avec la moitié de la dose, on obtient un SPF effectif d’à peine 20 », précise le Dr Seité. Autre point souvent négligé : la réapplication toutes les deux heures, surtout après une baignade ou une transpiration intense.
Les professionnels pointent également du doigt les cabines de bronzage, dont l’usage reste populaire dans certains pays européens. L’Organisation mondiale de la santé classe depuis 2009 les UV artificiels comme cancérigènes avérés. Pourtant, en France, près de 15 % des 18-25 ans déclarent y avoir recours au moins une fois par an, selon une enquête Santé publique France de 2024. « Le bronzage artificiel est une pratique à bannir », martèle le Dr Passeron. « Chaque séance augmente de 75 % le risque de mélanome. »
Les experts s’accordent sur un point : la protection solaire doit s’accompagner d’une modification des comportements. Cela passe par éviter les expositions aux heures les plus chaudes, privilégier les vêtements couvrants et porter des lunettes de soleil certifiées. « Le bronzage n’est pas une maladie, mais il n’est pas non plus un symbole de santé », conclut le Dr Seité. « Il est temps de changer de regard sur le soleil. »
Une crème SPF 50 bloque environ 98 % des UVB, mais ne filtre pas les UVA, responsables du vieillissement cutané et du développement de certains cancers. De plus, son efficacité dépend de la quantité appliquée (2 mg/cm²) et de la fréquence de réapplication (toutes les deux heures). Une application insuffisante réduit drastiquement son indice de protection.