Le géant chinois de l'automobile électrique BYD s'apprête à officialiser le choix du site pour sa deuxième usine en Europe. Après des mois de spéculations, la direction du constructeur devrait trancher sous peu entre deux pays européens : la France et l'Espagne. Cette information, longtemps évoquée par des sources proches du dossier, est désormais confirmée par plusieurs médias spécialisés, dont Frandroid.
Ce qu'il faut retenir
- BYD doit choisir entre la France et l'Espagne pour implanter sa deuxième usine européenne.
- Cette décision, attendue « très prochainement », marque une étape clé dans la stratégie d'expansion du constructeur chinois en Europe.
- L'Espagne et la France figuraient déjà parmi les favoris pour accueillir ce projet industriel.
- Cette usine s'ajouterait à celle déjà annoncée au Royaume-Uni, prévue pour une production à partir de 2027.
Côté français, l'hypothèse d'une implantation dans le Grand Est, notamment près de Strasbourg, a souvent été citée par les observateurs. Du côté espagnol, les régions de Valence ou de Catalogne sont régulièrement mentionnées. Rien n'a encore été confirmé officiellement, mais les deux pays ont multiplié les gestes ces derniers mois pour séduire le constructeur. En Espagne, le gouvernement a ainsi évoqué des aides publiques substantielles, tandis qu'en France, des discussions sont en cours pour faciliter l'obtention des permis et l'accès aux infrastructures nécessaires.
Ce choix s'inscrit dans une dynamique plus large pour l'Europe, où la Chine renforce sa présence industrielle face aux constructeurs locaux. BYD, déjà bien implanté en Europe avec des ventes en forte croissance, cherche à sécuriser sa production sur le continent pour éviter les barrières douanières et répondre à la demande locale. L'usine européenne devrait permettre de produire jusqu'à 200 000 véhicules par an, selon les premières estimations communiquées par le groupe chinois.
Un projet industriel sous haute tension
Les enjeux économiques sont colossaux pour les deux pays en lice. Une implantation de BYD en France ou en Espagne représenterait des milliers d'emplois directs et indirects, ainsi qu'un coup d'accélérateur pour la transition énergétique locale. Le ministre de l'Économie français, Bruno Le Maire, a déjà exprimé à plusieurs reprises l'intérêt de Paris pour ce projet, soulignant que « la France offre un écosystème industriel complet et une main-d'œuvre qualifiée ».
De son côté, l'Espagne met en avant ses coûts de production compétitifs et sa proximité géographique avec le reste de l'Europe. Madrid a également rappelé que le pays dispose déjà d'une filière automobile solide, avec des usines de constructeurs européens et américains. Un atout non négligeable pour BYD, qui pourrait ainsi bénéficier d'un tissu industriel déjà rodé.
Reste à savoir si les aides publiques accordées par les deux États joueront un rôle décisif dans le choix final. En Europe, les règles en matière d'aides d'État sont strictes, mais des dérogations peuvent être accordées pour des projets stratégiques comme celui-ci. La Commission européenne devra donc valider le dispositif proposé par le pays retenu, une étape qui pourrait retarder l'annonce définitive.
Un calendrier serré pour un projet stratégique
Selon Frandroid, la décision de BYD devrait tomber « très prochainement », probablement d'ici la fin de l'été. Le constructeur chinois a jusqu'à présent évité de communiquer officiellement sur le sujet, préférant laisser planer le suspense. Une stratégie délibérée pour maximiser l'effet d'annonce et négocier en position de force avec les autorités locales.
Une chose est sûre : l'usine sélectionnée deviendra le cœur de la production européenne de BYD. Le site sera chargé de fabriquer des modèles électriques adaptés aux attentes du marché continental, avec une capacité initiale de 150 000 à 200 000 unités par an. Cette capacité pourrait être doublée dans un second temps, en fonction de la demande.
D'autres acteurs chinois de l'automobile, comme NIO ou XPeng, pourraient suivre l'exemple de BYD et implanter des sites de production en Europe. Une tendance qui s'inscrit dans la volonté de Pékin de réduire sa dépendance aux exportations vers le Vieux Continent et d'éviter les droits de douane punitifs.
En attendant, les régions candidates en France et en Espagne continuent de peaufiner leurs offres respectives. En France, l'Alsace et la Lorraine restent en lice, tandis qu'en Espagne, Valence et Barcelone misent sur leurs atouts respectifs. Quelle que soit l'issue, ce projet marquera un tournant pour l'industrie automobile européenne.
BYD souhaite sécuriser sa production en Europe pour éviter les barrières douanières et répondre à la demande croissante de véhicules électriques sur le continent. Une usine locale permet également de réduire les coûts logistiques et de mieux adapter les modèles aux attentes des consommateurs européens.