La start-up française C12, basée à Paris, entend bouleverser le secteur de l’informatique quantique en misant sur la fiabilité et l’exploitabilité à grande échelle plutôt que sur une course effrénée aux qubits. Selon Journal du Geek, l’entreprise a publié une feuille de route ambitieuse prévoyant le développement de quatre générations d’ordinateurs quantiques d’ici 2033, avec pour objectif de rendre ces machines réellement utilisables dans des environnements industriels ou académiques.

Ce qu'il faut retenir

  • C12, une start-up parisienne, présente une feuille de route pour quatre générations d’ordinateurs quantiques d’ici 2033.
  • L’approche se concentre sur la qualité et l’organisation des qubits plutôt que sur leur nombre.
  • L’objectif est de rendre les ordinateurs quantiques fiables et exploitables à grande échelle.
  • Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’informatique quantique reste encore largement expérimentale.

Une stratégie centrée sur la qualité plutôt que sur la quantité

Contrairement à d’autres acteurs du secteur qui cherchent à augmenter le nombre de qubits pour atteindre une suprématie quantique, C12 adopte une approche radicalement différente. « Nous ne visons pas à battre des records de qubits, mais à construire des machines stables et exploitables », a déclaré le cofondateur de C12, lors de la présentation de la feuille de route. Autant dire que la start-up mise sur l’optimisation des performances plutôt que sur une compétition quantitative. Selon Journal du Geek, cette stratégie pourrait permettre de contourner certains des principaux défis techniques auxquels sont confrontés les ordinateurs quantiques actuels, comme la décohérence ou les erreurs de calcul.

Quatre générations pour un objectif clair : la démocratisation

Le calendrier de C12 s’étale sur sept ans, avec des étapes précises pour chaque génération de machines. La première génération, prévue pour 2027, devrait déjà offrir des performances supérieures à celles des ordinateurs quantiques actuels, tandis que la quatrième génération, attendue en 2033, vise à rendre ces machines accessibles à un public plus large. « Notre ambition est de passer d’un outil de laboratoire à un outil industriel », a expliqué le dirigeant. Pour y parvenir, C12 collabore avec plusieurs partenaires académiques et industriels, dont certains sont basés en France et en Europe.

Parmi les défis à relever, la start-up cite notamment la gestion de la chaleur et la réduction des coûts de production, deux obstacles majeurs pour une adoption massive. « Aujourd’hui, les ordinateurs quantiques nécessitent des conditions extrêmes, comme des températures proches du zéro absolu », a rappelé le cofondateur. « Nous travaillons sur des architectures qui pourraient fonctionner à des températures plus élevées, ce qui réduirait considérablement les coûts. »

Un écosystème en pleine effervescence

L’annonce de C12 s’inscrit dans un paysage français et européen où l’informatique quantique suscite un intérêt croissant. Plusieurs pays, dont la France, ont lancé des programmes nationaux pour soutenir cette technologie, comme le Plan quantique annoncé par l’État en 2021. Selon Journal du Geek, des acteurs comme Atos, Thales ou encore le CEA participent activement à ces initiatives. « La France a les atouts pour devenir un leader dans ce domaine », a souligné un expert du secteur, qui n’est pas directement lié à C12.

Cependant, le chemin reste semé d’embûches. Les ordinateurs quantiques, bien que prometteurs pour des applications comme la cryptographie, la chimie quantique ou l’optimisation logistique, peinent encore à prouver leur utilité concrète en dehors des laboratoires. Bref, si les annonces de C12 sont encourageantes, leur succès dépendra largement de leur capacité à convaincre les industriels de l’intérêt de ces machines.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année, C12 devrait lever des fonds supplémentaires pour accélérer le développement de sa première génération de machines. Une levée de fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros est évoquée, selon Journal du Geek. Par ailleurs, l’entreprise prévoit de recruter une cinquantaine d’ingénieurs d’ici 2027 pour renforcer ses équipes. Reste à voir si cette feuille de route sera tenue et si les promesses de C12 se concrétiseront, notamment face à une concurrence internationale déjà bien établie.

Une question se pose alors : ces ordinateurs quantiques, une fois opérationnels, trouveront-ils preneur en dehors du cercle restreint des chercheurs et des industriels les plus audacieux ?

Selon la feuille de route publiée par C12, les applications prioritaires incluent la chimie quantique pour la découverte de nouveaux médicaments, l’optimisation logistique pour les chaînes d’approvisionnement, et la cryptographie post-quantique pour sécuriser les communications. La start-up évoque également des usages en intelligence artificielle et en modélisation financière.