On pourrait croire que les scandales sanitaires des années 2010 ont servi de leçon. Pourtant, le cadmium, ce métal lourd aux effets cancérogènes avérés, continue de se faufiler dans nos champs. Et si la France prenait enfin les devants ?

Un député écologiste monte au créneau

Benoît Biteau, député européen EELV, ne mâche pas ses mots. Ce jeudi 12 février 2026, il défend une proposition de loi qui vise ni plus ni moins à interdire les engrais contenant du cadmium. « C'est une question de santé publique », martèle-t-il. (Autant dire que ça ne rigole pas.)

Le cadmium, ce méconnu dangereux

Alors, c'est quoi le problème avec ce cadmium ? D'après nos confrères de Libération, ce métal lourd s'infiltre dans les sols et finit par contaminer nos aliments. Pires nouvelles : il est classé cancérogène avéré par le Centre international de recherche sur le cancer depuis... 2010. (Oui, ça fait 16 ans qu'on le sait.)

Le truc, c'est que ce n'est pas un poison violent. Non, le cadmium agit en sournois. Il s'accumule dans l'organisme, et les effets ne se manifestent que des années plus tard. Autant dire que la vigilance s'impose.

Des engrais contaminés ?

Comment ce métal se retrouve-t-il dans nos champs ? Principalement via les engrais phosphatés. Le phosphate naturel, utilisé pour fabriquer ces engrais, contient souvent du cadmium. Résultat : on en trouve dans les légumes, les céréales, et même dans le lait.

Difficile de dire avec certitude quels sont les seuils dangereux. Mais une chose est sûre : moins on en ingurgite, mieux on se porte. D'où l'urgence d'agir, selon les défenseurs de cette proposition de loi.

Une interdiction qui se fait attendre

Alors, pourquoi tant d'hésitation ? La réponse tient en un mot : économie. Les engrais phosphatés sont bon marché, et les alternatives existent, mais elles coûtent plus cher. (Vous voyez le dilemme ?)

Pourtant, d'autres pays ont déjà franchi le pas. La Suède, par exemple, a interdit le cadmium dans les engrais depuis 2005. Résultat des courses : les niveaux dans les sols ont diminué. Preuve que c'est possible.

Côté France, on traîne des pieds. Les seuils d'exposition sont régulièrement revus à la baisse, mais une interdiction pure et simple n'a jamais été envisagée. Jusqu'à aujourd'hui ?

Et après ?

Si la proposition de loi est adoptée, les agriculteurs auront besoin de temps pour s'adapter. Et puis, il faudra trouver des alternatives viables. Mais comme le dit souvent Benoît Biteau : « La santé n'a pas de prix. »

Reste à savoir si les lobbys agricoles et industriels laisseront faire. On pourrait se demander si cette proposition de loi ne va pas se heurter à des intérêts bien plus puissants. Affaire à suivre.

FAQ

Oui, le cadmium est classé cancérogène avéré par le Centre international de recherche sur le cancer depuis 2010. Il s'accumule dans l'organisme et peut provoquer des cancers, notamment des reins et des poumons.

Les légumes-feuilles, les céréales et les produits laitiers sont particulièrement concernés. Les niveaux de contamination varient selon les régions et les pratiques agricoles.

Les engrais organiques, comme le compost ou le fumier, sont une alternative. Les engrais à base de phosphate synthétique, moins contaminés, existent aussi. Mais ils sont souvent plus chers.

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