La tension s’est encore accentuée au Moyen-Orient après l’entrée en vigueur, hier à 16 heures, d’un blocus américain sur les ports iraniens. Cette mesure intervient au lendemain de l’échec des négociations entre Washington et Téhéran, a rapporté Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Un blocus américain sur les ports iraniens est entré en vigueur hier à 16 heures.
- Donald Trump a menacé de « destruction » tout navire iranien forçant ce blocus.
- L’Iran a réaffirmé, via Téhéran, qu’aucune ingérence américaine dans le détroit d’Ormuz ne serait tolérée.
- Le Hezbollah a demandé l’annulation des négociations israélo-libanaises prévues mardi.
Washington durcit sa position après l’échec des pourparlers
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran, qui devaient permettre d’éviter une escalade militaire dans la région, se sont soldées par un échec hier, selon Le Monde. À peine 24 heures plus tard, les autorités américaines ont activé un blocus sur les principaux ports iraniens, une décision qualifiée de « mesure coercitive » par Washington. Cette annonce a immédiatement provoqué une réaction ferme de Téhéran, qui a prévenu qu’elle ne tolérerait aucune ingérence étrangère dans ses eaux territoriales.
Dans un communiqué diffusé en fin de journée, le ministère iranien des Affaires étrangères a réaffirmé que « toute tentative américaine de perturber la libre circulation dans le détroit d’Ormuz serait considérée comme une déclaration de guerre ». Cette voie maritime, stratégique pour le transport du pétrole, est depuis des années un point de friction entre les deux pays. Autant dire que le risque d’un incident naval est désormais maximal.
Trump menace de « destruction » les navires iraniens forçant le blocus
Donald Trump n’a pas tardé à réagir à l’annonce iranienne. Dans un message posté sur le réseau social X, l’ancien président américain a menacé de « destruction totale » tout navire d’attaque rapide iranien tentant de forcer le blocus américain. « Nous défendrons nos intérêts par tous les moyens nécessaires », a-t-il déclaré, sans préciser si des frappes préventives étaient envisagées.
Cette rhétorique musclée intervient alors que la marine américaine a déjà renforcé sa présence militaire dans la région. Plusieurs navires de guerre, dont des destroyers équipés de missiles de croisière, ont été déployés en mer d’Arabie et dans le golfe d’Oman. Selon des sources diplomatiques citées par Le Monde, ces mouvements visent à « dissuader toute action iranienne agressive » sans pour autant déclencher un conflit ouvert.
Le Hezbollah demande l’annulation des négociations israélo-libanaises
Côté Liban, le Hezbollah a appelé à l’annulation des discussions prévues mardi entre Israël et le Liban, sous l’égide des États-Unis. Dans un communiqué, le mouvement chiite, soutenu par l’Iran, a dénoncé une « manœuvre politique visant à isoler la résistance libanaise » et a menacé de riposter en cas de poursuite des pourparlers.
Ces négociations, relancées il y a quelques semaines sous l’impulsion de Washington, devaient aborder la question des frontières maritimes entre les deux pays, un dossier épineux depuis des années. Mais l’escalade régionale pourrait bien rendre ces discussions caduques avant même leur début. « Nous ne participerons pas à une mascarade qui affaiblit la cause palestinienne », a précisé un porte-parole du Hezbollah, cité par l’AFP.
Une chose est sûre : la région, déjà fragilisée par des années de conflits, se trouve à un tournant. La moindre erreur de calcul pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l’ensemble du Moyen-Orient.
Les prochaines négociations israélo-libanaises, initialement prévues mardi, pourraient être annulées si le Hezbollah maintient sa position. Par ailleurs, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est évoquée pour tenter de calmer les tensions, mais aucune date n’a encore été fixée.
Plusieurs pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont appelé au calme, craignant une déstabilisation de leurs approvisionnements énergétiques. L’Union européenne, de son côté, a exhorté toutes les parties à éviter toute escalade, mais son influence reste limitée dans ce dossier.
