« On est en train de vivre une révolution ! » a déclaré le Pr Gaël Roth, oncologue digestif au CHU Grenoble-Alpes, à l’ouverture du congrès de l’Association américaine d’oncologie clinique (Asco), qui se tient à Chicago du 30 mai au 3 juin 2026. Selon Le Figaro, une étude de phase 3, présentée lors de cet événement majeur, révèle qu’un nouveau traitement ciblé, le daraxonrasib, permet de doubler la survie des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique déjà traité.

Ce qu'il faut retenir

  • 248 patients ont participé à l’essai clinique RASolute 302, testant le daraxonrasib contre 252 autres sous chimiothérapie standard.
  • La survie médiane est passée de 6,7 mois avec la chimiothérapie à 13,2 mois avec le nouveau traitement.
  • Le taux de survie à un an a été multiplié par plus de deux, selon les résultats de l’étude.
  • Le cancer du pancréas présente un taux de survie à 5 ans de seulement 11 %, et seulement 3 % en cas de métastases au diagnostic, présent dans un cas sur deux.
  • Ce traitement cible les tumeurs présentant une mutation RAS, fréquente dans les cancers du pancréas.

Un traitement ciblé pour une maladie particulièrement agressive

Le cancer du pancréas reste l’une des formes de cancer les plus redoutables, avec un pronostic souvent sombre. Jusqu’à présent, cette pathologie n’avait pas bénéficié des avancées thérapeutiques observées pour d’autres types de cancers, notamment grâce à l’immunothérapie ou aux médicaments ciblés. Selon les données de l’étude RASolute 302, le daraxonrasib, une thérapie ciblée développée pour agir spécifiquement sur les mutations RAS, marque un tournant dans la prise en charge de cette maladie.

Les résultats présentés lors de l’Asco 2026 montrent que les patients traités par ce médicament voient leur espérance de vie significativement augmentée. « Après un an de traitement, mes métastases ont régressé, et je vais bien ! » témoigne Véronique, 56 ans, l’une des participantes à l’essai clinique. Son cas illustre l’espoir suscité par ce nouveau traitement, même si les chercheurs rappellent que ces résultats doivent encore être confirmés à plus grande échelle.

Des résultats qui pourraient transformer la prise en charge

Les spécialistes s’attendaient à un « grand moment » lors de la présentation de cette étude, et les résultats ont dépassé les attentes. Le daraxonrasib a été testé chez des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique, déjà traités par chimiothérapie, une situation clinique souvent associée à un pronostic très réservé. Avec une médiane de survie doublée, ce traitement pourrait rapidement s’imposer comme une nouvelle option thérapeutique, aux côtés des protocoles existants.

Le Pr Gaël Roth, qui suit de près ces avancées, souligne l’importance de ces résultats : « Ce n’est pas seulement une amélioration marginale, mais une réelle révolution dans la façon dont on peut traiter ces patients. » Le daraxonrasib agit en bloquant une voie de signalisation cellulaire essentielle à la croissance tumorale, offrant ainsi une approche plus précise que la chimiothérapie conventionnelle.

« Ce n’est pas seulement une amélioration marginale, mais une réelle révolution dans la façon dont on peut traiter ces patients. » — Pr Gaël Roth, oncologue digestif au CHU Grenoble-Alpes

Un espoir pour des milliers de patients

Chaque année, plus de 14 000 nouveaux cas de cancer du pancréas sont diagnostiqués en France, selon les dernières données disponibles. Avec un taux de survie à cinq ans inférieur à 10 %, cette maladie représente un défi majeur pour les oncologues. L’espoir suscité par le daraxonrasib pourrait donc avoir un impact significatif sur la prise en charge de ces patients, en leur offrant des mois supplémentaires de qualité de vie.

Les chercheurs insistent cependant sur la nécessité de poursuivre les études pour valider ces résultats à plus long terme. « Les données actuelles sont encourageantes, mais il reste à confirmer que ces bénéfices se maintiennent sur plusieurs années » a précisé le Pr Roth. Par ailleurs, le coût et l’accessibilité de ce traitement seront des critères déterminants pour son adoption à grande échelle.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à soumettre ces résultats à l’évaluation des autorités sanitaires, notamment l’Agence européenne du médicament (EMA) et la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. Si le daraxonrasib obtient une autorisation de mise sur le marché, il pourrait être disponible pour les patients d’ici 2027. En parallèle, d’autres essais cliniques sont en cours pour évaluer l’efficacité de cette thérapie dans des stades moins avancés de la maladie, ou en combinaison avec d’autres traitements.

Les associations de patients, qui militent depuis des années pour une meilleure reconnaissance de cette maladie, saluent ces avancées. « Chaque mois gagné compte pour ces patients et leurs familles » rappelle une porte-parole de l’association Patients en Réseau. Reste à voir si cette révolution thérapeutique se confirmera dans la pratique clinique quotidienne.

En attendant, le congrès de l’Asco 2026 s’annonce comme un tournant dans la lutte contre le cancer du pancréas, avec l’espoir d’offrir enfin aux patients une lueur d’espoir face à cette maladie dévastatrice.

Une thérapie ciblée, comme le daraxonrasib, agit spécifiquement sur des anomalies moléculaires présentes dans les cellules cancéreuses, limitant ainsi les effets secondaires par rapport à la chimiothérapie, qui détruit aussi les cellules saines. Cette approche permet souvent une meilleure efficacité et une tolérance accrue pour le patient.

Si les autorités sanitaires valident ces résultats, le daraxonrasib pourrait être commercialisé d’ici 2027. Les délais d’évaluation et de remboursement par l’Assurance maladie dépendront des procédures en vigueur.