Alors que la France subit une vague de chaleur exceptionnelle en mai 2026, Laure Lavalette, députée du Rassemblement national (RN) du Var, a défendu lors d’une intervention télévisée ce jeudi 28 mai l’idée d’un vaste plan de climatisation des lieux publics et privés. Selon Franceinfo - Politique, cette proposition s’inscrit dans une logique de protection des populations les plus vulnérables face à des températures de plus en plus élevées, y compris en dehors des périodes estivales traditionnelles.
Ce qu'il faut retenir
- Un plan de climatisation à 50 milliards d’euros proposé par le RN, incluant écoles, hôpitaux, maisons de retraite et transports
- Des températures records en mai, avec des malaises enregistrés dans des écoles du Var et de la région bordelaise dès 10 heures du matin
- Un chiffrage global à 50 milliards d’euros pour l’ensemble du dispositif, selon les déclarations de Jean-François Copé
- La climatisation présentée comme une question de santé publique, notamment pour les personnes âgées et les enfants
- Un débat sur l’opportunité économique de généraliser la climatisation, alors que les écoles ne fonctionnent pas en juillet et août
Invitée des « 4 Vérités » sur France 2 ce jeudi 28 mai, Laure Lavalette a mis en avant l’urgence d’agir face à des températures déjà difficiles à supporter dans certaines régions. « La climatisation, ça sauve des vies », a-t-elle affirmé, soulignant que « la sécurité a un prix ». Sans entrer dans le détail des calculs, la députée a renvoyé vers son collègue Jean-Philippe Tanguy, responsable des chiffrages au RN, tout en rappelant que « en hiver, on se chauffe. En été, il faut refroidir ».
Les exemples concrets ne manquent pas pour illustrer son propos. Laure Lavalette a notamment cité le cas d’écoles fermées dans le Var en raison des fortes chaleurs, où des parents ont dû venir chercher leurs enfants souffrant de malaises dès le milieu de la matinée. « On est très en retard par rapport à tous les pays du monde », a-t-elle critiqué, dénonçant un « dogmatisme » et un « sectarisme » sur la question de la climatisation. « Il ne faut pas avoir de pudeur de gazelle, il faut climatiser le pays », a-t-elle martelé, évoquant aussi la situation dans les Ehpad, où les températures peuvent atteindre 37°C à Bordeaux.
« La maire sortante [de Toulon] m’a ri au nez pour mon programme municipal qui prévoyait la climatisation des écoles maternelles et primaires. Pourtant, son bureau est bien climatisé. »
— Laure Lavalette, députée RN du Var
Face aux critiques sur l’absence de chiffrage précis de la part du RN, Laure Lavalette a rétorqué que les coûts étaient disponibles, notamment dans le « contre-budget » du parti, accessible sur son site. Elle a également rappelé que le RN proposait par ailleurs une baisse de la TVA sur les carburants, chiffrée à 12 milliards d’euros, une mesure « de première nécessité » selon elle. « Une infirmière libérale qui ne peut plus rouler n’a plus accès à ses patients. Cela a des conséquences en cascade sur toute l’économie », a-t-elle argumenté.
Interrogée sur la pertinence de climatiser l’ensemble des écoles, alors que les vacances d’été réduisent leur utilisation à quelques semaines par an, Laure Lavalette a répondu que les températures exceptionnelles observées en mai pourraient devenir la norme. « Il faut regarder en face l’urgence climatique et prendre des mesures pour protéger les Français », a-t-elle insisté, ajoutant que « les températures que nous vivons là, on va les vivre de plus en plus ».
Ce débat intervient alors que Météo-France confirme une hausse des épisodes de chaleur précoces et intenses en France. Les climatologues soulignent que les canicules en mai, autrefois rares, deviennent plus fréquentes en raison du réchauffement climatique. Les prévisions estivales pour 2026 laissent craindre des températures encore plus élevées dans les mois à venir.
Une proposition qui divise
La proposition du RN s’inscrit dans un contexte où les politiques publiques en matière de climatisation restent limitées. Selon les chiffres officiels, seuls 30 % des Ehpad seraient équipés de systèmes de climatisation en 2026, et cette proportion chute à moins de 5 % dans les écoles maternelles et primaires. Les collectivités locales, confrontées à des budgets serrés, peinent à financer de tels équipements, malgré les alertes sanitaires répétées.
À l’inverse, certains experts s’interrogent sur l’impact environnemental d’un tel plan. La climatisation est un poste énergétique lourd, et son généralisation pourrait augmenter la consommation électrique du pays, déjà sous tension en période de canicule. « Le débat ne doit pas se limiter à la question du confort ou de la santé, mais aussi à celle de la soutenabilité écologique », a réagi Clément Sénéchal, porte-parole de l’association Les Amis de la Terre. « Il faudrait privilégier des solutions passives, comme l’isolation des bâtiments ou la végétalisation des cours d’école, plutôt que de recourir massivement à la climatisation. »
Du côté de la majorité présidentielle, on rappelle que le gouvernement a déjà lancé un plan de rénovation énergétique des écoles, incluant des mesures de rafraîchissement dans les établissements les plus exposés. « Nous avons prévu 150 millions d’euros pour équiper 3 000 salles de classe d’ici 2027 », a indiqué un conseiller ministériel. « Mais il est vrai que ces mesures restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. »
Le RN face à l’urgence climatique : entre pragmatisme et radicalité
L’intervention de Laure Lavalette illustre la ligne défendue par le RN sur les questions environnementales : un mélange de pragmatisme – en répondant à des besoins immédiats – et de radicalité – en remettant en cause les politiques existantes. Le parti propose ainsi une baisse de la TVA sur les carburants, tout en refusant de taxer davantage les activités polluantes, une approche qui contraste avec les propositions des autres forces politiques.
« On promet aussi beaucoup d’économies, mais il faut bien comprendre qu’une infirmière libérale qui ne peut plus mettre d’essence dans sa voiture, cela a une incidence folle sur toute une chaîne », a justifié Laure Lavalette. « On va avoir des gens moins bien soignés, elle va moins consommer, on va rentrer en récession. Ça pose des vraies questions. » Cette rhétorique, qui lie protection sociale et soutien à l’activité économique, est au cœur de la stratégie du RN pour séduire un électorat populaire, souvent touché par la hausse du coût de la vie.
Alors que le RN prépare activement les prochaines échéances électorales, cette proposition pourrait s’inscrire dans son programme présidentiel pour 2027. D’ici là, la question de la climatisation des écoles et des Ehpad restera un sujet de tension entre les différentes forces politiques, chacune défendant des solutions divergentes face à l’urgence climatique.
Le Rassemblement national propose de cibler en priorité les bâtiments publics accueillant des personnes vulnérables : écoles maternelles et primaires, hôpitaux, maisons de retraite et transports en commun. Laure Lavalette a notamment insisté sur le cas des écoles, où des malaises ont déjà été observés en mai 2026.
Le RN évoque un coût global de 50 milliards d’euros, un chiffre avancé par Jean-François Copé lors du débat. Ce montant inclut l’équipement de l’ensemble des lieux cités, sans préciser de ventilation par type de bâtiment.