Les habitants d’Europe de l’Ouest s’apprêtent à affronter ce mardi 26 mai 2026 une nouvelle journée marquée par des températures exceptionnelles pour un mois de mai, selon RFI. De l’Angleterre à l’Italie en passant par la France, les services météorologiques anticipent des records de chaleur, confirmant une tendance au réchauffement plus rapide que dans d’autres régions du continent.

Ce qu'il faut retenir

  • Records de chaleur attendus en Angleterre, France, Belgique et Italie pour un mois de mai.
  • Températures dépassant localement les 30°C, soit 5 à 10°C au-dessus des normales saisonnières.
  • Un phénomène qui illustre le réchauffement accéléré de l’Europe de l’Ouest, plus rapide que la moyenne mondiale.

Une vague de chaleur précoce et marquée

Les prévisions établies par les météorologues britanniques et français s’annoncent particulièrement sévères. En Angleterre, le mercure pourrait frôler les 32°C dans le sud-est, des niveaux habituellement observés en juillet. En France, Météo-France a placé plusieurs départements en alerte orange, avec des pointes attendues entre 30°C et 34°C dans le centre et le sud-ouest. « Les maximales dépasseront de 5 à 10°C les normales de saison », a précisé un porte-parole de Météo-France à RFI.

Côté italien, l’Agence nationale pour la protection de l’environnement (ISPRA) a alerté sur des températures pouvant atteindre 33°C dans la vallée du Pô, une région déjà touchée par des épisodes de sécheresse récurrents. Les autorités locales recommandent d’éviter les activités physiques en extérieur aux heures les plus chaudes et d’hydrater régulièrement la population, notamment les personnes âgées et les nourrissons.

Un phénomène symptomatique du réchauffement climatique

Ces températures exceptionnelles s’inscrivent dans une tendance plus large. « L’Europe de l’Ouest se réchauffe à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale », rappelle RFI. Selon le service Copernicus de l’Union européenne, les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur le continent. Les vagues de chaleur précoces, comme celle-ci, deviennent ainsi plus fréquentes et plus intenses.

Les scientifiques soulignent que ces épisodes ne sont plus des exceptions, mais des indicateurs du dérèglement climatique. « On observe une augmentation des nuits tropicales, où la température ne descend pas sous les 20°C, ce qui aggrave les risques pour la santé », explique le climatologue Jean Jouzel, interrogé par RFI. Les canicules précoces posent également des défis pour l’agriculture, déjà fragilisée par les sécheresses répétées.

« Ces records de mai sont un signe avant-coureur de ce que nous réserve l’avenir si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites. »
— Jean Jouzel, climatologue

Mesures d’urgence et adaptations locales

Face à cette situation, les pouvoirs publics multiplient les dispositifs d’urgence. En France, le ministère de la Santé a activé son plan canicule, avec des centres de rafraîchissement ouverts dans les grandes villes. Les écoles pourraient être fermées dès demain en cas de dépassement des seuils critiques, une mesure déjà appliquée dans certaines communes du sud.

En Angleterre, le Met Office a émis des alertes pour risques sanitaires, invitant les Britanniques à limiter leur exposition au soleil entre 11h et 16h. Les autorités sanitaires britanniques rappellent que les canicules ont causé plus de 2 500 décès lors de l’été 2022, un bilan qui avait conduit à des ajustements des politiques publiques.

Et maintenant ?

Les météorologues s’attendent à une persistance de la chaleur au moins jusqu’à jeudi, avec un pic d’intensité mercredi. À plus long terme, les modèles climatiques indiquent que ce type d’épisode pourrait devenir la norme dès les mois de mai à l’horizon 2030. Les appels à l’adaptation des infrastructures et des modes de vie se multiplient, notamment pour protéger les populations les plus vulnérables.

Cette vague de chaleur précoce rappelle également l’urgence d’accélérer la transition écologique. Plusieurs associations environnementales, comme Greenpeace Europe, appellent à renforcer les mesures de réduction des émissions et à investir dans des plans d’adaptation urbaine, comme la végétalisation des villes ou la rénovation thermique des bâtiments.

Selon les experts climatiques, l’Europe de l’Ouest est particulièrement exposée en raison de sa position géographique, de la circulation des courants atmosphériques et de la modification des courants-jets. Le réchauffement des océans adjacents, comme l’Atlantique Nord, amplifie également cette tendance.