Le ministère de la Santé a confirmé, jeudi 25 juin 2026, que vingt-cinq arrêts cardiaques avaient été recensés en une seule journée à Paris, un chiffre « habituellement inférieur à dix » selon le cabinet de la ministre Stéphanie Rist. « On commence à avoir et on s’y attendait, les premiers décès probablement liés aux températures extrêmes », a déclaré le ministère lors d’un point presse. Ces décès ne concernent pas uniquement des personnes âgées déshydratées, mais aussi « des jeunes qui font des arrêts cardiaques », a précisé le cabinet, sans indiquer si tous ces cas se sont soldés par un décès.
Ce qu'il faut retenir
- Vingt-cinq arrêts cardiaques enregistrés en vingt-quatre heures à Paris, contre moins de dix en temps normal, selon le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
- Les autorités sanitaires observent une multiplication par quatre des passages aux urgences pour causes liées à la chaleur et des appels à SOS Médecins sur les dernières vingt-quatre heures.
- Le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le déclenchement du niveau 3 du plan Orsan, le plus élevé, en réponse à la situation.
- La ministre prendra un arrêté pour mobiliser les étudiants en renfort des Samu-SAS et activera la réserve sanitaire.
- Les services de réanimation montrent des signes de tension, notamment en Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Grand-Est, avec moins d’une dizaine de plans blancs déjà activés.
Paris enregistre un pic exceptionnel d’arrêts cardiaques liés à la chaleur
Le cabinet de la ministre de la Santé a révélé que Paris avait connu une hausse brutale du nombre d’arrêts cardiaques sur une période de vingt-quatre heures, un phénomène « anormalement élevé » comparé aux moyennes habituelles. Si les autorités évoquent des « premiers décès probablement liés aux températures extrêmes », elles n’ont pas précisé dans l’immédiat le profil exact des victimes. « Ces décès ne concernent pas que des personnes âgées déshydratées, mais aussi des jeunes », a souligné le cabinet. La prudence reste de mise, le ministère n’ayant pas confirmé si chacun de ces arrêts cardiaques avait entraîné un décès.
Le seuil exceptionnel enregistré mercredi 24 juin s’inscrit dans un contexte de canicule persistante sur l’ensemble du territoire. Les températures élevées, combinées à une humidité parfois élevée, augmentent les risques pour les personnes vulnérables, mais aussi pour des populations jusqu’alors moins exposées. Les services d’urgence parisiens, déjà sous tension, doivent désormais gérer cette surcharge inédite.
Une situation sanitaire qui dépasse les prévisions initiales
À l’échelle nationale, la situation sanitaire liée à la canicule s’aggrave rapidement. Selon le ministère, le nombre de passages aux urgences pour causes directement liées à la chaleur a été multiplié par quatre, tandis que les appels à SOS Médecins ont connu la même progression sur les dernières vingt-quatre heures. Face à cette accélération, le gouvernement a décidé de passer en « gestion de crise ». « La situation passe un cap et il faut qu’on passe en gestion de crise avec tous les leviers possibles », a indiqué le cabinet de Stéphanie Rist. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a officiellement annoncé le déclenchement du niveau 3 du plan Orsan, le niveau le plus élevé de ce dispositif de gestion des crises sanitaires.
Ce niveau 3 permet de mobiliser l’ensemble des moyens disponibles pour faire face à la crise, notamment en activant la réserve sanitaire, en déprogrammant des interventions non urgentes et en renforçant les équipes médicales. Malgré cette escalade, le ministère a tenu à rassurer : « Il n’y a pas de catastrophe, mais les signaux sont suffisamment importants pour déclencher ce plan. » Une nuance importante, alors que certains hôpitaux commencent à ressentir la pression.
Les services de réanimation sous tension, des plans blancs activés
Le ministère a confirmé que l’hôpital n’était pas encore saturé, mais que des déprogrammations avaient déjà commencé dans certains services, notamment de réanimation. « On commence à voir des déprogrammations et des saturations dans certains services de réanimation », a expliqué le cabinet, tout en précisant que « tout cela est aujourd’hui maîtrisé ». Cependant, la tension devrait persister dans les prochains jours. « La baisse relative des températures attendue ce week-end ne suffira pas à relâcher la pression », a prévenu le ministère, soulignant que « les décompensations de maladies chroniques surviennent parfois cinq à dix jours après » une période de forte chaleur.
Les régions les plus touchées incluent l’Île-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et le Grand-Est, où des plans blancs ont déjà été déclenchés dans certains établissements. À ce stade, moins d’une dizaine de plans blancs ont été activés, mais leur nombre devrait augmenter dans les prochains jours, selon les autorités sanitaires. Ces plans permettent de réorganiser l’activité hospitalière pour faire face à une afflux massif de patients, notamment ceux souffrant de coups de chaleur ou de déshydratation sévère.
Mobilisation des étudiants et de la réserve sanitaire
Pour renforcer les effectifs, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé qu’elle signerait dès jeudi ou vendredi un arrêté permettant de « mobiliser les étudiants en médecine pour venir en renfort » des Samu-SAS, les services d’aide médicale urgente. « Nous allons activer la réserve sanitaire », a également indiqué le cabinet, une mesure qui vise à compléter les effectifs hospitaliers avec des professionnels de santé disponibles, retraités ou bénévoles.
Cette mobilisation exceptionnelle s’inscrit dans la volonté du gouvernement de « passer en gestion de crise avec tous les leviers possibles ». Si les autorités assurent que la situation reste maîtrisée, la multiplication des appels et des admissions aux urgences impose une vigilance accrue. Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer l’ampleur réelle des conséquences sanitaires de cette canicule.
« L’hôpital aujourd’hui n’est pas saturé », a assuré Stéphanie Rist sur Franceinfo, tout en rappelant que « les conséquences des fortes températures mettent souvent plusieurs jours à se faire sentir ».
La situation reste sous haute surveillance, alors que les autorités insistent sur la nécessité de rester vigilant, y compris après une baisse des températures. Les prochains jours seront cruciaux pour mesurer l’impact réel de cette canicule sur la santé publique et ajuster, si nécessaire, les mesures de réponse.
Le plan Orsan est un dispositif national de gestion des crises sanitaires qui permet de mobiliser l’ensemble des ressources hospitalières en cas d’afflux massif de patients. Le niveau 3, le plus élevé, déclenche des mesures exceptionnelles : activation de la réserve sanitaire, réorganisation des services, déprogrammation des interventions non urgentes, et coordination renforcée entre établissements. Ce niveau est déclenché lorsque la situation dépasse les capacités normales de réponse des hôpitaux.