Avec 48 % des suffrages exprimés lors des élections législatives du 17 mai, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), dirigé par Francisco Carvalho, a remporté la majorité absolue au Parlement, selon les résultats définitifs publiés ce vendredi 30 mai par la Commission électorale nationale (CNE). Cette victoire marque le retour au pouvoir du parti dans cet État insulaire d’Afrique de l’Ouest, où le régime parlementaire est en vigueur.
Comme le rapporte RFI, l’archipel capverdien, souvent cité comme un modèle de stabilité démocratique sur le continent africain, enregistre toutefois une participation électorale jugée insuffisante par la CNE. Cette dernière a souligné, dans son communiqué officiel, son « inquiétude face à la faible mobilisation des électeurs », sans pour autant remettre en cause la légitimité des résultats.
Ce qu'il faut retenir
- 48 % des voix pour le PAICV, lui assurant une majorité absolue au Parlement capverdien
- Francisco Carvalho à la tête du parti victorieux, qui retrouve ainsi le pouvoir dans un régime parlementaire
- Majorité absolue obtenue aux législatives du 17 mai, selon les résultats définitifs publiés le 30 mai par la CNE
- La Commission électorale nationale s’inquiète de la faible participation malgré ce cadre démocratique reconnu
Un scrutin marqué par le retour du PAICV au pouvoir
Le scrutin législatif du 17 mai a donc consacré la victoire du PAICV, parti historique du Cap-Vert, après une campagne électorale tendue. Avec près de la moitié des suffrages, le parti dirigé par Francisco Carvalho dépasse largement le seuil des 50 % des sièges à l’Assemblée nationale, lui garantissant une gouvernance sans alliance parlementaire. Ce résultat met fin à plusieurs années d’alternance politique dans le pays, où les élections sont généralement suivies de près pour leur régularité.
Le Cap-Vert, archipel de quelque 550 000 habitants, est régulièrement salué par les observateurs internationaux pour la transparence de ses scrutins. Pourtant, la CNE a tenu à rappeler, dans son bilan provisoire, que seulement 54 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes, un chiffre inférieur à celui des dernières élections. Cette abstention record interroge sur l’engagement citoyen dans un pays pourtant perçu comme un îlot de démocratie en Afrique.
La démocratie capverdienne sous le feu des projecteurs
Depuis son indépendance en 1975, le Cap-Vert a bâti sa réputation sur des transitions politiques pacifiques et des institutions stables. Le PAICV, issu du mouvement de libération nationale, a dirigé le pays pendant trois décennies avant de perdre le pouvoir en 2016 au profit du Mouvement pour la démocratie (MPD). Le retour du parti au gouvernement pourrait donc marquer un tournant dans la politique intérieure, notamment sur les questions économiques et sociales.
Les observateurs notent que cette alternance politique, bien que démocratique, intervient dans un contexte économique difficile. Le pays, dépendant en grande partie du tourisme et des transferts de fonds de la diaspora, subit de plein fouet les effets des crises internationales successives. Le nouveau gouvernement devra donc composer avec des défis structurels, tout en maintenant la crédibilité d’un système politique souvent cité en exemple.
Cette victoire électorale confirme par ailleurs l’ancrage du PAICV dans le paysage politique capverdien, où il reste un acteur majeur depuis l’indépendance. Les prochaines échéances électorales, notamment la présidentielle de 2026, s’annoncent déjà comme un enjeu crucial pour l’avenir du parti et du pays.