« Le théâtre a besoin d’être l’enfer et le chaos » : c’est la conviction que défend Carolina Bianchi, metteuse en scène brésilienne invitée au Festival d’Avignon pour y présenter le troisième volet de sa trilogie « Uma Luz Cordial », selon Le Monde. Cette œuvre explore les rapports complexes entre l’écriture et la sexualité, une thématique au cœur de sa démarche artistique.
Pour Carolina Bianchi, le théâtre ne doit pas se contenter d’être un espace de réflexion ou de divertissement. Il doit être un lieu où les frontières se dissolvent, où les corps et les mots s’affrontent, autant dire où l’ordre cède la place au désordre créateur. C’est dans cette optique qu’elle présente, dans le cadre du Festival d’Avignon 2026, la dernière partie de sa trilogie entamée il y a trois ans. Ce festival, l’un des plus prestigieux de la scène théâtrale internationale, lui offre une tribune idéale pour exposer sa vision radicale du spectacle vivant.
Ce qu'il faut retenir
- Carolina Bianchi, metteuse en scène brésilienne, présente le troisième épisode de sa trilogie « Uma Luz Cordial » au Festival d’Avignon 2026.
- Cette œuvre interroge les liens entre l’écriture et la sexualité, une thématique centrale dans sa démarche artistique.
- Pour Bianchi, le théâtre doit incarner « l’enfer et le chaos », un espace où les normes et les conventions sont remises en cause.
- La trilogie, entamée il y a trois ans, s’inscrit dans une volonté de bousculer les codes du spectacle vivant.
- Le Festival d’Avignon, qui se tient jusqu’au 26 juillet 2026, lui offre une plateforme pour défendre cette vision avant-gardiste.
Une trilogie qui questionne les rapports entre écriture et sexualité
« Uma Luz Cordial », que Carolina Bianchi qualifie de « trilogie des corps et des mots », se compose de trois spectacles distincts, chacun abordant sous un angle différent la manière dont l’écriture et la sexualité s’entremêlent. Le troisième épisode, présenté à Avignon, clôt cette réflexion en proposant une mise en scène où les frontières entre l’intime et le public s’effacent. « On y explore comment la sexualité façonne l’écriture, et inversement, comment l’écriture peut devenir un acte sexuel », a expliqué la metteuse en scène au Monde.
Cette approche audacieuse s’inscrit dans une tradition théâtrale brésilienne où la transgression des normes est souvent de mise. Bianchi puise son inspiration dans des auteurs comme Hilda Hilst ou Décio Pignatari, figures majeures de la littérature latino-américaine, dont les textes explorent sans tabou les thèmes de la sensualité et de la violence. Pour elle, le théâtre doit être un miroir tendu vers la société, reflétant ses contradictions les plus profondes.
Le théâtre comme espace de chaos et de subversion
Carolina Bianchi ne cache pas son rejet des conventions théâtrales. Pour elle, la scène doit être un lieu de confrontation, où les spectateurs sont bousculés dans leurs certitudes. « Le théâtre a besoin d’être l’enfer et le chaos. Si ce n’est pas le cas, à quoi bon ? », a-t-elle lancé lors d’une conférence de presse. Cette déclaration, qui résume sa philosophie artistique, a marqué les esprits à Avignon, où les débats sur la fonction sociale du spectacle vivant animent traditionnellement les discussions.
Son approche s’inscrit en écho aux mouvements contemporains qui remettent en cause les hiérarchies traditionnelles entre scène et public, entre texte et performance. En cela, son travail rejoint celui d’autres artistes comme Romeo Castellucci ou Marina Abramović, dont les créations interrogent les limites du corps et de la représentation. Bianchi, cependant, insiste sur une dimension plus politique : pour elle, le chaos scénique doit servir de catalyseur pour une remise en question plus large de l’ordre établi.
Le Festival d’Avignon, qui se poursuit jusqu’au 26 juillet, accueille cette année plusieurs artistes brésiliens, reflétant l’ouverture croissante de l’événement vers l’Amérique latine. Carolina Bianchi, dont le travail a déjà été salué dans des festivals comme Santiago a Mil ou Fringe Festival de Edimbourg, pourrait bien y gagner une visibilité accrue. Une chose est sûre : son approche, qui bouscule autant qu’elle fascine, ne laissera personne indifférent.
Carolina Bianchi y aborde la relation entre écriture et sexualité sous un angle radical, en faisant de la scène un espace de confrontation où les normes sont systématiquement remises en cause. Contrairement à beaucoup de spectacles contemporains qui restent dans une démarche conceptuelle ou esthétisante, son travail insiste sur l’aspect politique et subversif du théâtre, où le corps et le texte deviennent des armes de déstabilisation.