Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) a annoncé, ce mardi 7 juillet 2026, la suspension temporaire de ses activités dans la préfecture du Haut-Mbomou, située dans le sud-est de la République centrafricaine. Cette décision intervient en raison d’une dégradation marquée de la situation sécuritaire, caractérisée par des violences récurrentes et des attaques ciblant les travailleurs humanitaires, selon les informations rapportées par RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Haut-Mbomou, préfecture du sud-est de la Centrafrique, est concerné par la suspension des activités de l’Ocha.
  • La décision fait suite à des violences et attaques contre les humanitaires, rendant les opérations sur place trop risquées.
  • Cette suspension est temporaire, sans précision sur une durée ou une date de reprise pour l’instant.

Une décision motivée par l’aggravation des violences

La préfecture du Haut-Mbomou, frontalière avec la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud, est régulièrement le théâtre de tensions entre groupes armés et forces gouvernementales. D’après RFI, les attaques visant les travailleurs humanitaires se sont multipliées ces dernières semaines, rendant toute mission d’assistance impossible dans des conditions sécurisées. Le Haut-Mbomou, région déjà isolée et sous-équipée, dépend en grande partie de l’aide internationale pour répondre aux besoins de sa population, estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Le rôle de l’Ocha en Centrafrique

L’Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (Ocha), dépendant de l’ONU, coordonne l’action humanitaire dans les zones en crise à travers le monde. En Centrafrique, où la situation sécuritaire reste volatile depuis plusieurs années, l’Ocha intervient pour organiser l’aide alimentaire, médicale et logistique. D’après les données disponibles, la suspension actuelle concerne l’ensemble des programmes en cours dans le Haut-Mbomou, sans exception. RFI précise que cette mesure s’ajoute à des restrictions déjà en place dans d’autres zones du pays, où l’accès humanitaire est limité par l’insécurité.

Les conséquences pour la population locale

La suspension des activités de l’Ocha laisse la population du Haut-Mbomou sans soutien humanitaire immédiat. Les besoins les plus urgents concernent la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau potable et les soins médicaux. Sans intervention extérieure, la situation pourrait se dégrader rapidement, notamment pour les groupes les plus vulnérables comme les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées. Les autorités locales, contactées par RFI, n’ont pas encore réagi officiellement à cette annonce, mais les ONG présentes sur place expriment leur inquiétude quant à l’absence de solution de remplacement.

« Les attaques contre nos équipes et nos infrastructures nous obligent à suspendre nos activités pour protéger nos collaborateurs. Nous espérons une amélioration rapide de la situation pour reprendre nos missions. »
— Un porte-parole de l’Ocha, cité par RFI

Et maintenant ?

La reprise des activités de l’Ocha dans le Haut-Mbomou dépendra de l’évolution de la situation sécuritaire. Les prochaines semaines seront déterminantes, avec des négociations en cours entre les autorités centrafricaines, les groupes armés et les acteurs humanitaires pour sécuriser les corridors d’accès. Une réunion d’urgence est prévue à Bangui dans les prochains jours, mais aucun calendrier précis n’a été communiqué pour l’instant.

Pour l’instant, les autres préfectures de Centrafrique continuent de bénéficier de l’aide de l’Ocha, bien que certaines zones restent sous haute surveillance. La communauté internationale suit de près la situation, alors que la crise humanitaire en Centrafrique s’aggrave depuis le début de l’année 2026.

En attendant une reprise des activités de l’Ocha, la population pourrait bénéficier d’un soutien limité d’autres ONG présentes dans la région, comme la Croix-Rouge ou Médecins Sans Frontières. Cependant, ces organisations dépendent elles aussi de conditions sécuritaires acceptables pour opérer pleinement. Certaines initiatives locales, soutenues par des acteurs communautaires, pourraient également prendre le relais pour les besoins les plus urgents, mais leur portée reste limitée.