Une attaque ciblée contre la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, a failli entraîner l’arrêt d’un réacteur, un scénario qualifié d’« extrêmement grave » par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’incident, survenu ce mardi 2 juin 2026, a été dénoncé par l’organisme onusien comme une menace directe à la sûreté nucléaire.
Ce qu'il faut retenir
- L’AIEA a qualifié l’attaque de « ciblée » contre la centrale de Barakah, aux Émirats arabes unis, selon Ouest France.
- L’incident aurait pu provoquer l’arrêt du réacteur, un scénario jugé « extrêmement grave » par l’agence.
- L’attaque survient alors que Barakah est la première centrale nucléaire opérationnelle du pays, mise en service en 2023.
- L’AIEA n’a pas précisé l’origine ou les auteurs de l’attaque, mais a exigé une enquête transparente.
Une centrale nucléaire stratégique pour les Émirats
La centrale de Barakah, située à environ 250 km à l’ouest d’Abu Dhabi, est un projet phare pour les Émirats arabes unis, qui misent sur l’énergie nucléaire pour diversifier leur mix énergétique. Inaugurée en 2023 après des années de construction, elle compte quatre réacteurs de type APR-1400, d’une capacité totale de 5 600 MW, selon les données officielles des autorités émiraties. C’est la première centrale nucléaire du Golfe, un symbole de la stratégie énergétique du pays, qui vise à réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
Selon les premières investigations rapportées par Ouest France, l’attaque n’a pas causé de dommages majeurs, mais a perturbé le fonctionnement d’un réacteur, nécessitant une intervention d’urgence. « Le risque d’un arrêt du réacteur aurait pu entraîner une perte de contrôle de la réaction nucléaire, avec des conséquences potentiellement désastreuses », a précisé un expert sous couvert d’anonymat.
L’AIEA alerte sur les risques et exige des réponses
Dans un communiqué publié ce 2 juin, l’AIEA a fermement condamné l’attaque, qualifiant la situation de « très préoccupante ». Le directeur général de l’agence, Rafael Mariano Grossi, a souligné que « toute attaque contre une installation nucléaire, qu’elle soit délibérée ou accidentelle, est inacceptable ». Il a appelé à une enquête « transparente et indépendante » pour identifier les responsables et éviter que la sûreté nucléaire ne soit à nouveau menacée.
L’AIEA n’a pas évoqué de responsabilité directe, mais a rappelé que les centrales nucléaires sont des infrastructures protégées par le droit international. « Les États doivent garantir la sécurité de ces sites, qui représentent un risque majeur en cas de compromission », a-t-il ajouté. L’agence a également indiqué qu’elle suivait de près la situation sur place et travaillait avec les autorités émiraties pour renforcer les mesures de protection.
Un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient
L’attaque contre Barakah survient dans un contexte régional déjà marqué par des tensions accrues. Depuis plusieurs mois, les tensions entre l’Iran et les pays du Golfe, notamment les Émirats et l’Arabie saoudite, se sont intensifiées, notamment après des incidents en mer Rouge et des cyberattaques attribuées à des groupes pro-iraniens. En 2024, une tentative d’intrusion avait déjà été signalée sur un autre site industriel saoudien, sans lien direct avec le nucléaire.
« Cette attaque pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large de déstabilisation régionale », analyse un analyste en sécurité au Moyen-Orient. Les Émirats, qui entretiennent des relations complexes avec l’Iran, ont toujours nié toute implication dans des conflits directs, mais restent vigilants face aux risques de sabotage. Aucune revendication n’a pour l’heure été formulée, et les autorités émiraties n’ont pas communiqué sur d’éventuelles pistes privilégiées.
Plus largement, cet événement relance le débat sur la protection des infrastructures critiques dans une région où les conflits hybrides – cyberattaques, sabotage, guerre par procuration – se multiplient. « La sûreté nucléaire ne peut plus être considérée comme une question purement technique », a rappelé un responsable de l’AIEA, soulignant l’urgence de renforcer la coopération internationale en matière de cybersécurité nucléaire.