À 83 ans, Chantal Goya a foulé pour la première fois depuis son départ, en 1945, le sol vietnamien où elle a passé les premières années de sa vie. Le 28 mai 2026, l’émission « Envoyé spécial » diffusée sur France 2 lui a consacré un reportage intitulé « Chantal Goya, l’enfance d’une vie ». Selon Franceinfo - Culture, ce voyage aux sources de son histoire familiale a été marqué par l’émotion et la découverte d’une maison familiale, longtemps recherchée, près de l’ancienne Saïgon, aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville.
Ce qu'il faut retenir
- Chantal Goya, 83 ans, a retrouvé la maison de son enfance au Vietnam, près de l’ancienne Saïgon, pour la première fois depuis 1945.
- La chanteuse, accompagnée de son producteur et de sa fille, a parcouru les rues de Hô Chi Minh-Ville, une métropole de 13 millions d’habitants aux gratte-ciels futuristes et aux vestiges coloniaux.
- La maison familiale, située à une heure trente de route de la ville, a été identifiée grâce à une photo et à l’aide de son frère, resté en France.
- Chantal Goya, née en juillet 1942, a été baptisée dans la cathédrale Notre-Dame de Saïgon, construite par les colons français à la fin du XIXe siècle.
- Ses parents, décédés aujourd’hui, n’étaient jamais revenus au Vietnam après avoir fui l’Indochine française en 1945, envahie par les Japonais alliés de l’Allemagne nazie.
Un retour aux sources après quatre-vingts ans d’absence
Chantal Goya, infatigable icône de la chanson française, a redécouvert les lieux qui ont façonné son enfance. Née en 1942, elle a été baptisée dans la cathédrale Notre-Dame de Saïgon, un édifice construit par les Français à la fin du XIXe siècle. « C’était une très belle cathédrale au bout du monde, loin du pays où j’habite, sur un autre continent », a-t-elle confié. L’ancienne Saïgon, aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville, a radicalement changé depuis les années 1940. La ville compte désormais 13 millions d’habitants et arbore un mélange d’architectures modernes et coloniales, comme la cathédrale ou l’opéra, vestiges d’une époque révolue.
Accompagnée de son producteur Damien Nougarède et de sa fille Clarisse, la chanteuse a arpenté les rues animées de la ville, où « tout va vite, les vélos, les motos, dans tous les sens ». Un contraste saisissant avec l’image qu’elle gardait de son enfance, alors que le Vietnam sortait tout juste de la guerre et entamait sa reconstruction. « On sent une énergie incroyable ici, celle qui m’anime depuis toujours », a-t-elle souligné lors de son passage au marché central de Ben Thanh, un lieu emblématique où Saïgonais et touristes se côtoient.
La plantation de caoutchouc et la maison familiale retrouvées
Le voyage de Chantal Goya ne se limitait pas à une simple visite touristique. Avec une photo de la maison familiale conservée sur son smartphone et l’aide téléphonique de son frère Alain, resté en France, elle a remonté le fil de son histoire. La famille a quitté l’Indochine française en 1945, après l’invasion japonaise, mettant fin à une présence coloniale qui durait depuis des décennies. Après plusieurs fausses pistes, elle a fini par reconnaître l’environnement qui « lui parlait » : une maison de taille moyenne, avec un escalier similaire à celui de ses souvenirs. « C’est exactement comme si elle nous attendait », a-t-elle déclaré, malgré l’état négligé du jardin, qui aurait « déplu à [leur] mère ».
Cette maison, « restée dans son jus », incarne pour elle bien plus qu’un simple bâtiment. Elle symbolise le lien indéfectible entre sa famille et le Vietnam, un pays qu’elle n’avait plus foulé depuis quatre-vingts ans. « Les parents ne sont jamais revenus, et aujourd’hui, c’est moi qui marche sur ces terres pour la première fois », a-t-elle confié, sans aucune trace de regret dans la voix. « Tout a été inventé d’abord par mes parents, et moi j’ai pris la suite avec mes enfants, mes petits-enfants, la famille… C’est comme si quelqu’un guidait ma vie. Donc j’ai toujours avancé. »
Une carrière de cinquante ans marquée par la famille et la musique
Chantal Goya, dont la carrière s’étend sur plus de cinq décennies, est connue pour ses chansons comme « Bécassine » ou « Le lapin qui a tué un chasseur ». Mais ce voyage au Vietnam a aussi été l’occasion de rappeler l’importance de la famille dans sa vie. Accompagnée de son mari, Jean-Jacques Debout, son compositeur depuis soixante ans, et de sa fille, elle a évoqué cette transmission générationnelle. « J’ai suivi mon étoile depuis ma naissance », a-t-elle résumé, soulignant que sa réussite artistique était indissociable de son ancrage familial.
Sur place, la chanteuse a également été reconnue par des Françaises d’Aix-en-Provence, venues la saluer au marché de Ben Thanh. Un photographe de Paris Match la suivait même pour réaliser un reportage intitulé « Bécassine au Vietnam ». Autant dire que, malgré le temps écoulé, son nom reste associé à une partie de l’histoire culturelle française, tout en étant profondément liée à ce pays d’Asie du Sud-Est.
Pour les téléspectateurs souhaitant revoir l’émission ou approfondir le sujet, les replays des magazines d’information de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo, dans la rubrique « Les émissions ». Une occasion de découvrir ou redécouvrir cette figure emblématique de la chanson française, dont l’enfance vietnamienne a joué un rôle clé dans son parcours.