Selon BFM - Politique, le député Charles Alloncle (Union des droites) se retrouve au cœur d’une polémique après la publication, dans Paris Match, de photos le montrant en compagnie de sa collaboratrice parlementaire. Une situation qui pourrait enfreindre la loi pour la confiance dans la vie politique de 2017, interdisant à un parlementaire d’employer son conjoint, partenaire lié par un PACS ou concubin.

Ce qu'il faut retenir

  • Le député Charles Alloncle est accusé d’employer sa conjointe comme collaboratrice parlementaire, ce qui est interdit par la loi depuis 2017.
  • Des photos publiées par Paris Match le montrent en couple avec sa collaboratrice lors d’un « moment de détente » à Paris.
  • La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a saisi le déontologue de l’Assemblée pour vérifier la situation.
  • Alloncle affirme ne pas être « du tout en tort », précisant que sa collaboratrice n’est ni sa conjointe, ni sa partenaire de PACS ou concubine.
  • Si la relation est confirmée, le déontologue pourrait ordonner la cessation de cette situation, voire le licenciement de la collaboratrice.
  • Alloncle, pressenti pour prendre la présidence du groupe UDR, pourrait voir son ascension politique affectée par cette affaire.

Une révélation embarrassante pour un député en pleine ascension

Paris Match a publié, le 22 mai 2026, des clichés du député Charles Alloncle accompagné d’une femme présentée comme sa compagne. Les images, prises lors d’une promenade dans les rues de Paris, révèlent une proximité évidente entre les deux personnes. Pourtant, selon l’hebdomadaire, cette femme apparaît sur le site de l’Assemblée nationale comme étant sa collaboratrice parlementaire. Une situation qui soulève une question délicate : celle du respect de la loi pour la confiance dans la vie politique, adoptée en 2017.

Cette loi interdit explicitement à un député d’employer son conjoint, partenaire de PACS ou concubin. Or, le code civil précise que le concubinage se caractérise par une « union de fait entre deux personnes, caractérisée par une vie commune stable et continue ». Le statut de conjoint renvoie, lui, à une « personne mariée ». Une nuance que Charles Alloncle a immédiatement mise en avant pour se défendre.

Yaël Braun-Pivet ordonne une enquête déontologique

Dès la publication de l’article, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a réagi en saisissant le déontologue de l’institution. Selon BFM - Politique, cette décision vise à « procéder à des vérifications ». Plusieurs pistes pourraient être explorées : la vérification de l’adresse du député et de celle de sa collaboratrice, ou encore des auditions avec d’autres assistants parlementaires. Le déontologue dispose d’un pouvoir d’injonction pour faire cesser une situation jugée irrégulière. Dans ce cas, Alloncle pourrait se voir contraint de licencier sa collaboratrice, sans pour autant l’empêcher de travailler pour un autre député.

Le député, qui a rapidement réagi à cette affaire, s’est montré confiant. « Je ne suis pas du tout en tort. Sur le fond de l’affaire, la loi est très précise. Ma collaboratrice parlementaire n’est ni ma conjointe, ni ma partenaire de PACS ni ma concubine », a-t-il déclaré à la presse. Il a également ajouté ne pas avoir connu personnellement sa collaboratrice avant de l’embaucher en janvier 2025.

Un contexte politique tendu et des accusations de filatures

Charles Alloncle, député des Alpes-Maritimes, s’est fait connaître du grand public grâce à son rôle de rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Ses auditions, souvent houleuses, ont opposé des figures comme l’animateur Nagui ou la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte. Ces tensions s’inscrivaient dans un contexte plus large de polémique autour de deux journalistes du service public, Thomas Legrand et Patrick Cohen, accusés de connivence avec les socialistes.

Alloncle a également évoqué des « filatures » en bas de chez lui, suggérant un lien entre ces attaques et ses travaux parlementaires. « Je suis assez convaincu qu’on ne m’attaquerait pas autant sinon », a-t-il affirmé, sans pour autant apporter de preuves à ses propos. Ces déclarations interviennent alors qu’il est pressenti pour prendre la tête du groupe UDR, après l’élection d’Éric Ciotti à la mairie de Nice. Une ascension politique qui pourrait être freinée par cette affaire.

Une proposition de loi pour renforcer l’éthique dans l’audiovisuel public

Malgré cette polémique, Charles Alloncle continue de promouvoir une proposition de loi visant à « prévenir les conflits d’intérêt » pour les dirigeants de l’audiovisuel public. Ce texte, qu’il compte défendre lors de la niche parlementaire de l’UDR en juin 2026, pourrait lui permettre de renforcer son image d’élu réformateur. Cependant, l’affaire actuelle risque de compliquer sa tâche, surtout si les vérifications du déontologue aboutissent à une conclusion défavorable.

Ses détracteurs, comme le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), l’ont déjà accusé de transformer les auditions en « tribunal médiatique ». Une critique que Alloncle a balayée d’un revers de main, malgré les tensions internes à la commission d’enquête.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour Charles Alloncle. Le déontologue de l’Assemblée nationale doit rendre ses conclusions d’ici la fin du mois de juin 2026. Si une relation privée est confirmée, Alloncle pourrait se voir contraint de licencier sa collaboratrice, sous peine de sanctions. Par ailleurs, sa proposition de loi sur l’éthique dans l’audiovisuel public, prévue pour juin, pourrait être éclipsée par cette affaire. Reste à voir si cette polémique affectera ses ambitions politiques ou si elle sera rapidement oubliée.

Cette situation rappelle les enjeux éthiques auxquels sont confrontés les parlementaires, surtout en période de forte médiatisation. La transparence et le respect des règles déontologiques restent des piliers essentiels pour préserver la confiance des citoyens dans leurs représentants.

Si le déontologue confirme une relation amoureuse entre Charles Alloncle et sa collaboratrice, il pourrait lui ordonner de mettre fin à cette situation. Concrètement, cela signifierait le licenciement de la collaboratrice, bien qu’elle puisse continuer à travailler pour un autre député sans lien privé avec Alloncle. Aucune sanction pénale n’est prévue, mais une atteinte à la réputation politique de l’élu pourrait en découler.