Une poignée d’écrivains publiés aux éditions Grasset, désormais sous le contrôle du groupe de Vincent Bolloré, s’organise pour faire entendre leur voix. D’après Le Monde, ces auteurs, aux profils et sensibilités variés, se mobilisent pour préparer une éventuelle confrontation avec la nouvelle direction de la maison d’édition.
Ce qu'il faut retenir
- Des auteurs aux opinions politiques et visions du monde différentes ont trouvé un point de ralliement autour de leur éditeur, Grasset.
- Cette mobilisation fait suite à la prise de contrôle du groupe par Vincent Bolloré.
- Les échanges s’organisent via des boucles WhatsApp et des réunions régulières pour coordonner leur action.
- Ces écrivains, bien que dispersés idéologiquement, partagent une même inquiétude quant à l’avenir de leur maison d’édition.
D’après Le Monde, cette initiative rassemble des écrivains qui n’ont pas grand-chose en commun si ce n’est leur statut d’auteur chez Grasset. Leur point de convergence ? La crainte d’une perte d’autonomie face à la nouvelle stratégie éditoriale imposée par Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire du groupe. Une fronde qui s’organise en coulisses, loin des projecteurs médiatiques, mais avec une détermination affichée.
Les échanges entre ces auteurs passent désormais par des canaux discrets. Des boucles WhatsApp dédiées ont été créées pour échanger en temps réel sur l’évolution de la situation. À cela s’ajoutent des réunions régulières, parfois en visioconférence, où les écrivains affinent leurs positions et définissent les contours de leur opposition. Une mobilisation qui révèle une solidarité inattendue entre des personnalités aux idées parfois opposées.
Pour l’heure, aucun communiqué officiel n’a été publié par le groupe Grasset ou Vincent Bolloré. Contacté par Le Monde, aucun responsable du groupe n’a répondu aux sollicitations. Pourtant, les rumeurs d’un durcissement de la ligne éditoriale se multiplient au sein du secteur du livre. Certains craignent que les choix artistiques soient désormais dictés par des impératifs économiques, au détriment de la diversité des voix publiées.
Parmi les auteurs impliqués, on trouve des noms connus du paysage littéraire français. Certains, issus de la gauche ou de l’écologie, voient d’un mauvais œil l’arrivée d’un actionnaire dont les positions politiques sont perçues comme conservatrices. D’autres, sans affiliation politique marquée, s’inquiètent simplement de l’avenir de leur maison d’édition et de leur liberté créatrice. « Nous ne sommes pas unis par nos idées, mais par notre attachement à Grasset », a confié l’un d’eux au Monde sous couvert d’anonymat.
« Nous ne sommes pas unis par nos idées, mais par notre attachement à Grasset. »
Cette fronde intervient dans un contexte où le paysage éditorial français est déjà fragilisé par la concentration des groupes et la montée en puissance des géants du numérique. Les auteurs, souvent perçus comme des figures solitaires, pourraient-ils réussir à fédérer au-delà des clivages politiques ? La réponse à cette question pourrait redéfinir, à terme, l’équilibre des pouvoirs dans le monde du livre.
Elle est inédite car elle rassemble des auteurs aux sensibilités politiques opposées autour d’un même enjeu : la défense de leur maison d’édition face à un changement de gouvernance. Historiquement, les conflits éditoriaux impliquaient surtout des désaccords sur le contenu ou les choix artistiques, mais rarement une opposition frontale à la direction financière.