Alors que le Parti communiste chinois (PCC) célébrait, mercredi 1er juillet 2026, ses 105 ans d’existence, une loi controversée sur l’« unité ethnique » est entrée en vigueur dans le pays. Portée par Pékin, cette législation vise officiellement à renforcer « l’harmonie sociale » et à consolider « l’identité nationale partagée » parmi les 56 groupes ethniques reconnus par les autorités. Pourtant, des représentants de minorités, notamment ouïghoure et tibétaine, dénoncent un texte conçu pour marginaliser leurs cultures au profit de la majorité han. Comme le rapporte RFI, cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de contrôle et d’unification, déjà observée dans les régions autonomes du Xinjiang et du Tibet.

Ce qu'il faut retenir

  • La loi sur l’« unité ethnique », entrée en vigueur le 1er juillet 2026, coïncide avec le 105e anniversaire du Parti communiste chinois.
  • Le texte promettrait de renforcer « l’harmonie sociale » et « l’identité nationale partagée » parmi les 56 groupes ethniques reconnus.
  • Des représentants des minorités ouïghoure et tibétaine dénoncent une volonté d’effacer leurs cultures au profit de la majorité han.

Une loi critiquée pour son approche assimilationniste

Adoptée dans un contexte de tensions persistantes avec les régions autonomes, cette loi est perçue par de nombreux observateurs comme une nouvelle étape dans la politique d’assimilation forcée menée par Pékin. D’après RFI, les autorités chinoises justifient ce texte par la nécessité de lutter contre les divisions ethniques et de préserver la stabilité du pays. Pourtant, des militants ouïghours et tibétains, ainsi que des organisations internationales de défense des droits humains, y voient une tentative de renforcer le contrôle politique sur ces populations. Le Xinjiang, où vivent principalement les Ouïghours, et le Tibet, majoritairement habité par les Tibétains, font l’objet de mesures strictes depuis des années, avec des restrictions culturelles et religieuses bien documentées.

Les minorités ethniques face à une politique de plus en plus stricte

Les critiques ciblent notamment les mesures prévues par la loi, comme l’obligation de promouvoir l’usage du mandarin dans les écoles et les administrations, ou encore la limitation des pratiques religieuses considérées comme « extrémistes ». RFI souligne que ces dispositions s’ajoutent à un arsenal législatif déjà lourd, incluant la loi de sécurité nationale à Hong Kong ou les campagnes de « rééducation » au Xinjiang. « Cette loi est le reflet du régime chinois actuel, marqué par une obsession sécuritaire et une volonté d’uniformisation », a déclaré Emmanuel Lincot, spécialiste de l’histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, interrogé par RFI. Il rappelle que la Chine compte officiellement 56 groupes ethniques, mais que la majorité han représente près de 92 % de la population.

Un contexte politique tendu

L’adoption de cette loi intervient à un moment où les relations entre Pékin et les minorités ethniques restent particulièrement tendues. Au Xinjiang, les autorités font face à des accusations de génocide culturel et de travail forcé, tandis qu’au Tibet, les restrictions sur la pratique du bouddhisme tibétain et la langue locale se multiplient. Comme le précise RFI, la nouvelle législation pourrait encore durcir ces politiques, avec des conséquences directes sur les droits des populations concernées. Les représentants des minorités, souvent réduits au silence ou contraints à l’exil, appellent à une prise de conscience internationale. « On assiste à une instrumentalisation de la notion d’unité pour justifier des mesures discriminatoires », a affirmé un responsable ouïghour sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des contrôles dans les régions autonomes, notamment au Xinjiang et au Tibet, où les autorités locales sont chargées de mettre en œuvre la loi. Une première évaluation de son application est attendue d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources proches du dossier. Par ailleurs, la communauté internationale, déjà engagée dans des débats sur les droits humains en Chine, pourrait durcir le ton face à ces nouvelles mesures. Reste à voir si cette loi servira de base légale à de nouvelles restrictions ou si elle restera, pour l’essentiel, une déclaration de principe.

Dans l’immédiat, les associations de défense des droits humains appellent à une mobilisation accrue pour faire pression sur Pékin. Pour elles, cette loi n’est qu’un nouveau chapitre dans une stratégie plus vaste de domination culturelle et politique. « Le vrai défi, désormais, sera de documenter et de rendre visibles les abus qui découleront de cette législation », a indiqué un militant des droits de l’homme basé à l’étranger.

La loi s’applique à l’ensemble des 56 groupes ethniques reconnus par les autorités chinoises, mais c’est surtout les minorités ouïghoure et tibétaine qui sont directement visées par les critiques, en raison des restrictions accrues qu’elles subissent déjà.